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vie de couple : Les vrais hommes partagent les tâches ménagères avec leurs épouses

La vertu fondamentalement caractéristique de tout esprit de mariage, c’est bien celle du partage. Mais cette notion ne semble toujours pas comprise par de nombreuses personnes, notamment, les hommes qui, le plus souvent, pensent que tout leur est permis dans le couple au mépris du bien-être moral du leurs conjointes. Cet esprit de partage, lorsqu’on l’applique à la répartition des tâches domestiques entre l’homme et la femme, il n’y a rien de plus merveilleux quand il s’agit de bâtir une franche harmonie au sein du foyer conjugal.

« Paatissankana, jamais je ne ferai ça ! Dans ce cas, quel sera le rôle de la femme si je me mettais à faire la lessive, le nettoyage de la maison ou même la cuisine ? », s’est nerveusement écrié Ibrahim, au marché de légume à Nafadji, arguant qu’il serait taxé « d’homme lâche » s’il partageait les occupations ménagères avec sa femme. Juste à côté, Fousseny, réparateur de moto, s’indigne : «Astakfurilah (Que Dieu m’en garde) ! C’est une vraie malédiction ! Qu’est-ce que les membres de ma famille penseront de moi en me voyant faire le ménage ?», nous a-t-il interrogés, tout furieux.

Ce tableau, combien machiste, est suffisamment représentatif de l’indécrottable réticence des hommes à partager les tâches domestiques avec leurs épouses sous-prétexte que celles-ci « prendraient des ailes et oseraient se mesurer à eux ». Pourtant, loin s’en faut ! Si, techniquement, le mariage repose sur l’assistance mutuelle, il n’a cependant été dit nulle part que ce principe se limitait au seul aspect financier, mais plutôt, la capacité des deux conjoints à consentir tous sacrifices utiles pour la bonne marche du couple. Par ailleurs, le fait que l’homme soit le principal pourvoyeur économique du foyer conjugal, ne l’exonère pas des tâches domestiques pour épauler la femme.

« Le jour où je proposerai à mon mari de cuisiner pour la famille, il me tuerait sur-le-champ ! », s’est soudainement lâchée Bibata, une ménagère d’une quarantaine d’années. « Même pour nettoyer une petite saleté juste à côté de lui, il faudra forcément qu’il m’appelle pour le faire », poursuit-elle. Ce type de machisme rétrograde, en effet, n’aide en rien, le bon fonctionnement d’un couple théoriquement destiné à vivre jusqu’aux derniers soupirs des deux conjoints. C’est pourquoi, l’effort physique de l’homme, fourni dans les travaux de la maison, est souvent nécessaire pour renforcer les liens affectifs entre lui et sa conjointe en vue d’une meilleure harmonie dans le foyer.

Selon de nombreuses études sociologiques, les vas-et-viens effectués par une femme au foyer, entre la maison et la cuisine en une journée, peut souvent équivaloir à de nombreux kilomètres de marche si l’on les comptabilisait arithmétiquement. Cela montre, à suffisance, les charges domestiques énormes qui pèsent sur la femme dans le foyer. A cela, s’ajoute la fréquence du devoir conjugal nocturne à laquelle la femme devra assidûment s’atteler afin de mieux sauvegarder son foyer.

Au Mali, le poids arc-boutant des pesanteurs socioculturelles conditionnent, le plus souvent, les hommes à penser que la femme soit « bonne à tout faire ». Confinée aux seuls travaux domestiques, la femme finit généralement par projeter sur elle-même, l’image d’un être chosifié par les exigences archaïques de la société. Son époux qui, en théorie, devrait s’employer à calmer cette affreuse douleur socialement infligée à la femme, enfonce le clou en la l’assujettissant à d’autres épreuves morales encore plus rudes, notamment, la polygamie, une des plus humiliantes brimades contre la femme.

Ils sont juste quelques rares hommes qui regardent la femme comme une valeur ajoutée, et non, à partir du bas-ventre. Ils sont aussi en nombre restreint, ceux-là qui se conduisent en de vrais hommes en s’attribuant volontairement les mêmes tâches domestiques que leurs épouses.

Modibo Kane DIALLO                    

Source: La Sirène

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