A Bamako, l’ampleur inquiétante des sans domicile fixe

Au Mali, surtout à Bamako, de nombreuses personnes vivent sans domicile fixe. Elles font face aux difficultés de la grande ville.

La plupart de ces personnes, sans abri, sont venues des zones en proie à la violence, comme les régions du centre du Mali. Elles se dirigent très souvent vers la capitale où les réalités deviennent tout autre.

Beaucoup d’entre elles se rendent compte des difficultés de la grande ville. N’ayant pas de proches, ces personnes sont obligées de s’installer dans les maisons en chantier, d’autres errent dans les rues et dorment sur des trottoirs, sous les ponts, sous les échangeurs, dans les marchés…

Maisons inachevées

Depuis les évènements de 2012, le phénomène des sans domicile fixe (SDF) au Mali ne cesse de prendre de l’ampleur. On les voit partout à travers la ville de Bamako.

Dans la vingtaine, Oumar Guindo et ses voisins sont venus de différentes localités du centre du Mali. Ils ont trouvé refuge dans une maison inachevée à Faladié, quartier populaire de Bamako : « Nous avons fui la guerre pour nous réfugier ici dans ce bâtiment. Le propriétaire nous a dit qu’on pouvait y rester en attendant », explique-t-il. « Nos villages et nos provisions ont été brulés par des bandits. Ici aussi, nous rencontrons beaucoup de difficultés comme le manque de nourriture, d’abri. Des fois, nous recevons des dons (nourriture, argents et même des habits) des personnes de bonne foi », ajoute Oumar.

Cette mère, qui a requis l’anonymat, vit avec son mari et ses enfants dans une maison où son époux travaille comme « gardien ». Ils sont originaires de Mondoro, dans la région de Mopti. « Depuis 2014, mon mari est venu à Bamako. En 2017, je suis venue le rejoindre avec mes cinq enfants et nous vivons tous dans une maison inachevée. Nous n’avons pas les moyens d’envoyer nos enfants à l’école. Les deux premiers passent la journée sur les artères pour quémander », confie-elle.

Ne pas croiser les bras

Si ces « sans-abri » sont des déplacés, d’autres personnes qui connaissent le même sort sont devenues « SDF » par volonté. Elles abandonnent leurs familles pour dormir dans les rues. Il y en a qui quittent volontairement leurs villes pour Bamako espérant avoir une meilleure vie.

Parmi elles, il y a des personnes mal intentionnées. On retrouve certaines au bord des routes ou sous les ponts. Elles peuvent souvent demander de l’argent à chaque personne qu’elles rencontrent et pour le même motif avec toujours le même slogan : « Je meurs de faim, peux-tu me donner de quoi me payer à manger ? »

L’État a failli à ses responsabilités face à ce phénomène qui prend de l’ampleur dans la capitale malienne. Il revient aux organisations non gouvernementales de trouver des solutions pour mieux encadrer cette situation.

Malgré leur situation, les SDF ne devraient pas aussi rester les bras croisés. Ils doivent apprendre des métiers ou s’investir dans des activités qui pourront leur permettre de subvenir à leurs besoins.

Source : Benbere

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