#AnkaHakεw : venir à bout des violences économiques et institutionnelles à l’égard des femmes

Les violences économiques et institutionnelles constituent le quotidien de plusieurs femmes. Elles consolident des normes sociales qui n’aident pas à la promotion des droits des femmes.

 

Les violences basées sur le genre (VBG) ne sont pas que physiques. Elles peuvent être économiques et institutionnelles. La violence institutionnelle s’inscrit dans une logique structurelle et reproduit des discriminations et stéréotypes ancrés dans nos sociétés. Quant à la violence économique, elle est un déni d’opportunités économiques.

Bien que la société malienne se modernise peu à peu, certaines pratiques y continuent de favoriser les violences économiques et institutionnelles à l’égard de la femme. Celles-ci commencent d’abord par l’éducation de base. L’éducation des filles est beaucoup plus orientée vers la gestion du ménage. Elles se voient confier toutes les tâches ménagères de la famille.

« C’est une réalité dans nombre de familles maliennes, les filles font la cuisine et même la lessive pour les grands et jeunes frères de la famille. Dès fois, si les revenus d’une famille ne sont pas élevés, elle préfère plutôt garder la fille à la maison pour les travaux ménagers que de l’envoyer à l’école », explique Diodo Diallo, conseillère en santé de la reproduction à l’ONG Association de soutien au développement des activités de populations (ASDAP).

Non-respect des lois

En plus d’une éducation servant dans une certaine mesure de terreau sur lequel prospèrent les violences économiques et institutionnelles sur les femmes, la volonté politique aussi fait défaut. Lors de la désignation des membres du gouvernement de la transition, la loi 052 portant sur la promotion du genre aux fonctions nominatives et électives n’a pas été respectée. « Dans un État de droit, les femmes ne doivent pas se mobiliser pour réclamer et obtenir quelque qui leur a été accordée par loi.», estime Sadya Touré, chargée de communication à ASDAP et active dans la lutte contre les VBG, dénonçant le non-respect de la loi 052.

Cette loi, qui remonte à 2015, a été saluée dans le cadre de la promotion de l’accès des femmes aux fonctions nominatives et électives. En plus, un plaidoyer est en cours depuis 2019 pour l’adoption d’une loi dans la lutte contre les VBG. Cela prouve que les femmes maliennes sont déterminées à mettre fin à ce fléau.

Cependant, il reste du chemin à faire pour les femmes dans la lutte contre les violences économiques et institutionnelles qu’elles subissent. D’abord, les femmes leaders doivent multiplier la sensibilisation en milieu rural pour une prise de conscience générale. Pour le moment, les luttes féminines sont beaucoup plus urbaines.

Source : Benbere

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