Au Mali, la difficile lutte contre le mariage précoce des garçons

De la même manière que la société apprend aux femmes à se taire et à subir, elle enseigne  aux hommes, le courage, la ténacité. Certaines difficultés vécues, comme le mariage précoce, sont mises sous silence.

 

Le mariage précoce est ancré dans la culture et très répandu dans de nombreuses communautés au Mali. Pour les adeptes de la pratique, plusieurs explications sont avancées. Dans beaucoup de milieux, être l’aîné de la famille, c’est aider non seulement les parents à éduquer ses petits frères, mais aussi à vite être un soutien. Cela passe souvent par le mariage pour que la mère ait une femme pour l’aider dans les corvées ménagères.

Dans certaines communautés où l’on rencontre souvent le phénomène, notamment les Soninkés et les Peulsle choix de la conjointe et les ressources nécessaires au mariage sont, très souvent, entièrement pris en charge par les parents. C’est une fois marié que le garçon doit faire face à ses responsabilités d’homme ayant désormais un foyer à sa charge.

Une femme responsabilise un homme

Certains parents, adeptes de la pratique, l’expliquent par la crainte d’avoir à répondre des péchés de leur progéniture, « comme la fornication », précise le vieux Minamba Keïta. « Une fois que mon enfant est adulte, c’est mon devoir en tant que musulman de lui trouver une femme ou un homme », explique Cheick Tidiane Sylla, employé de commerce. Certains parents soutiennent « qu’aider son enfant à se marier le plus tôt possible, qu’il soit homme ou femme, est recommandé en islam. » «  C’est pour le préserver du péché », renchérit Alpha Yida Cissé, imam à Senou.

Quand un homme se marie, il devient responsable. Ce postulat de base, quoi que discutable, est avancé pour justifier le mariage précoce des garçons. Pour inciter le jeune garçon à s’intéresser de près aux charges de la famille, une femme lui est confiée. Tout se passe comme si le devoir des parents s’arrêtait à trouver la conjointe.

Une autre explication mise en avant : se marier tôt permet de tisser un lien fort entre les deux époux qui, dans la plupart des cas, ne découvrent le sexe que dans leur chambre nuptiale.

Une pratique aux conséquences multiples

Il faut dire que certains parents poussent le bouchon trop loin quant à l’âge. A mon avis, marier un garçon d’à peine 18 ans à une femme plus jeune ou moins jeune peut être traumatisant. Il peut ne pas être psychologiquement prêt.

Nouhoum Maïga, aujourd’hui âgé de 45 ans, explique qu’il s’est marié à 17 ans. C’était un mariage arrangé. « C’était difficile », se souvient-il. Il continue en disant qu’il n’en veut pas à ses parents qui, selon lui, avaient sans doute leurs raisons. « J’ai un garçon, mais je ne lui ferai pas subir la même chose, car les réalités ont changé », conclut-il.

Source : benbere

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