Les femmes paysannes ont massivement investi le terrain du développement à la base dans la ville de Banamba. Elles exercent diverses activités génératrices de revenus. Ces femmes actives travaillent en groupe ou individuellement. Leur gain influe positivement sur les indicateurs du développement local. Les entreprises féminines collectives ou individuelles reçoivent l’appui des projets de développement intervenant dans le domaine de l’agro-élevage et de la foresterie.

 

Dans le chef lieu du cercle, toutes les femmes n’évoluent pas dans les secteurs de l’agro-élevage et de la foresterie, mais arrivent à se tirer d’affaire, sans appui extérieur. Nous avons rencontré Mme Koné Doussou Kéïta spécialisée dans la fabrication de plusieurs boissons locales. Elle travaille à domicile au quartier de Mamarila.

Elle est grand-mère. Ses cinq enfants adultes, trois garçons et deux filles lui ont offert le bonheur de cajoler plusieurs petits enfants. Elle est arrivée à Banamba avec son mari, il y a 30 ans. Mme Koné Doussou fabrique des boissons en utilisant des poudres importées de gingimbre, de tamarin, de kapokier, de pois sucré et de bissap . Elle propose la crème glacée à base de kapokier, la crème de lait et de pot de crème à base de lait et de noix de coco. Le prix de ces produits varie entre 25 et 500 Fcfa, selon le pouvoir d’achat du client.

Les adultes et les enfants dans les quartiers et les travailleurs de certains projets de développement ont fait la réputation des boissons délicieuses de Mme Koné. Au départ, elle utilisait des réfrigérateurs à pétrole et à gaz. A l’époque, ces appareils n’étaient pas nombreux dans la ville de Banamba. Et Mme Koné Doussou Kéïta pouvait gagner 15 000 Fcfa par jour.

Aujourd’hui, la prolifération des réfrigérateurs et des congélateurs, la floraison des panneaux solaires via l’EDM.SA ont fortement diminué la recette journalière. De nos jours, la recette journalière dépasse difficilement 5.000 Fcfa. Ces rentrées d’argent ont permis à Mme Koné Doussou Kéïta de renforcer ses équipements de travail. Elle contribue à hauteur de souhait aux dépenses familiales et finance ses propres besoins. Grâce à ce métier, elle a pu acheter un lopin de terre qu’elle a fini de construire.

Tout au long de sa carrière de vendeuse de boissons douces, Mme Koné a su déployer un art consommé de bien accueillir ses clients. Même si le prix des matières premières augmente, elle trouve toujours le moyen de satisfaire sa clientèle. Elle déplore le fait que souvent la demande est supérieure à l’offre. Les consommateurs s’en plaignent en ces termes : « madame, vos produits sont de qualité, mais le stock est insuffisant ». Mme Koné accepte cette critique, puisqu’elle est seule et manque de personnel qualifié. Plusieurs assistants travaillaient avec elle. Aujourd’huiI, ils sont tous partis s’installer à leur compte après avoir maîtrisé la fabrication de la boisson locale.

Mme Koné Doussou Kéïta ambitionne d’élargir son chiffre d’affaires en acquérant des matériels modernes et en embauchant du personnel qualifié. Elle remercie son mari pour son accompagnement. Elle invite les femmes désœuvrées de Banamba à se rendre utiles au foyer en sortant du rôle étroit de ménagère, et de contribuer au développement local. Elle est convaincue que la lutte pour l’émancipation féminine est gagnée sur l’ensemble du territoire malien.

Abdoulaye M. TRAORé

Amap-Banamba

Source : L’ESSOR