Candidat à la députation en Commune III : Ainéa Ibrahim Camara a été mis sous mandat de dépôt vendredi

En pleine campagne électorale au compte de son parti (Mouvement Républicain) en Commune III du district de Bamako, le destin du candidat Ainéa Ibrahim Camara, lui a joué un mauvais tour vendredi. Le différend commercial portant sur une enveloppe de 500 millions, l‘opposant à Mme Rokia Sangaré, devant le pôle économique, a fini par précipiter son sort, plutôt son incarcération à la maison d’arrêt de Bamako, le vendredi 20 mars.

Pourtant, un organe de la place ‘’Aujourd’hui le Mali’’ dans sa livraison du 21 février avait sonné l’alerte. L’avertissement de nos confrères a sonné comme dans l’oreille d’un sourd chez le candidat Camara. Qui continuait tambour battant sa campagne à travers les quartiers de la commune III. Comme disait, Jean Pierre Raffarin : « Les élections n’effacent pas les problèmes ». 

Après Bakary Togola de Bougouni, la Maison Centrale d’arrêt de Bamako a accueilli vendredi son 2ème candidat à la députation, des législatives du 29 mars prochain. Il s’agit du président du Mouvement Républicain, Ainéa Ibrahim Camara, non moins Pdg d’Investia-Fonds d’Investissements.

 

Pourtant nos confrères d’’’Aujourd’hui le Mali’’ avait révélé dans sa livraison du 21 février cette affaire opposant le candidat Camara à une dame, du nom de Rokia Sangaré, gérante de la ‘’Société Rokia Sangaré’’ qui lui réclamait la somme de près de 500 millions Fcfa. Cela, avec l’information relative au fait que « le Pdg d’Investia aurait émis deux chèques sans provision d’un montant total de 484 250 000 Fcfa au nom de Rokia Sangaré au niveau de la Bank Of Africa ».

D’où le motif de la plainte de Rokia Sangaré  contre Ainéa Ibrahim Camara, pour « escroquerie et abus de confiance ».

 

Selon le même journal, tout est parti de deux contrats de fourniture de ciment, de carreaux et de fer signés par la Société Rokia Sangaré, courant 2014, avec l’entreprise Investia-Fonds d’Investissement-sa dont le Président directeur général (Pdg) est Ainéa Ibrahim Camara. D’ailleurs que cette entreprise à vocation immobilière n’existe plus à cause d’énormes difficultés financières.

L’hebdomadaire ‘’Aujourd’hui le Mali dans son numéro 204, de sa livraison du 21 février écrivait ceci :

« Il faut comprendre que dans le cadre du développement de ses activités, Investia-Fonds d’Investissement a donc sollicité et obtenu de la Société Rokia Sangaré la fourniture de matériels et biens d’équipements. Selon l’article 2 du contrat, la Société Rokia Sangaré s’engage à fournir à Investia-Fonds d’Investissement, suite à un bon de commande et une garantie de paiement, pour un marché de fourniture de 4 000 tonnes de ciment 42.5 à raison de 130 000 Fcfa par tonne. Ce qui fait un montant de 520 millions de Fcfa.  Et dans le second contrat, il s’agit de la fourniture de fer à béton, carrelage et autres.

Ainsi, le Pdg d’Investia-Fonds d’Investissement, Ainéa Ibrahim Camara, s’est engagé à procéder au payement des factures de la Société Rokia Sangaré, 45 jours après la livraison de la marchandise. C’est là que le calvaire de la bonne dame a commencé puisque, selon nos informations, le Pdg d’Investia-Fonds d’Investissement n’a pas respecté ses engagements vis-à-vis de la Société Rokia Sangaré.

« Vous savez, personnellement, je n’avais pas de relation avec Ainéa. J’ai fait sa connaissance à travers un ami, qui m’a dit qu’Ainéa est entrepreneur et que nous pouvons travailler. Au départ, j’étais réticente parce que je ne connais rien dans le domaine des marchés. C’est dans le commerce que j’évolue. Je faisais des voyages sur la Chine où j’amenais des conteneurs de carreaux et des pièces de motos Djakarta. C’est là que j’ai gagné mon argent puisque cela marchait beaucoup.

Pour le cas de Ainéa, il m’a proposé des marchés à hauteur de plusieurs millions de Fcfa. Pour me convaincre, il m’a dit qu’il a eu des marchés de construction des logements pour la Police et la Garde nationale. Pour ce faire, il a urgemment besoin de mon concours en ciment, carreaux et fer.

Pour le ciment, il m’a demandé de livrer d’abord 1 000 tonnes pour un montant de 136 millions de Fcfa et les autres matériels pour un montant de 348 250 000 Fcfa. Dieu merci, j’ai tout respecté. C’est au moment de me payer que j’ai eu de sérieux ennuis avec lui puisqu’il m’a remis deux chèques sans provision.

Pour être clair avec vous, je me suis présentée à la Bank Of Africa, on m’a fait savoir qu’il n’y a rien dans les comptes. Ce jour-là, j’ai failli mourir, tellement cela m’a touché. C’est là que j’ai compris qu’Ainéa venait de m’escroquer.

Pendant des mois, j’ai tout fait pour qu’il puisse payer mon argent. Finalement, il n’a payé que 10 millions de Fcfa », nous a confié Rokia Sangaré. Avant de préciser : « Je suis convaincue qu’Ainéa a revendu les tonnes de ciments et les autres matériels. Parce que nous nous sommes rendus au lieu de dépôt derrière les Halles de Bamako, il n’y avait rien dans le magasin. C’est vraiment dommage ».

Aujourd’hui, Rokia Sangaré réclame tout simplement son argent. Et elle est prête à tout pour qu’Ainéa Ibrahim Camara puisse lui remettre ses sous. A défaut, elle va le traduire devant la justice.

Comme stipulé dans l’article 7 du contrat, « les litiges sont résolus à l’amiable, par la tierce conciliation, par l’arbitrage de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada), et en dernier recours par les Tribunaux compétents ». Et c’est cette voie que la bonne dame a suivi pour réclamer son argent.

Le hic est que le Pdg d’Investia-Fonds d’Investissements, Ainéa Ibrahim Camara, aurait émis, pour la gérante de la Société Rokia Sangaré, deux chèques restés sans provision à la Bank Of Africa (BOA).

Les deux chèques portant respectivement les numéros N°4670601 d’un montant de 348 250 000 Fcfa et N°4670603 d’un montant de 136 000 000 Fcfa, ont tous été émis au nom de Rokia Sangaré.

Joint par nos soins depuis Paris afin de recouper l’information, Ainéa Ibrahim Camara s’est contenté de nous dire : « Je ne peux me prononcer sur une affaire dont je n’ai pas connaissance. Il faudra que j’aie tous les documents que vous détenez pour que je puisse me prononcer ».

Ironie du sort ou pur hasard du calendrier, de nos jours le candidat Ainéa Ibrahim Camara a pris ses quartiers à la Maison Centrale de Bamako, laissant le quartier général de sa campagne entre les mains d’autres personnes. Ce ne sont pas ses affiches qui manquent en tous cas au niveau des différents carrefours de la Commune III.

La Rédaction

Source: Le Sursaut

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