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Centre du Mali : 3,9 millions de personnes dans le besoin humanitaire

Dans un communiqué de presse en date du 10 septembre 2019, le bureau des Nations Unies pour la Coordination des affaires humanitaires (OCHA) au Mali crie au déficit de financement du plan de réponse humanitaire.

 

Un déficit de 228 millions de dollars constaté dans le Plan de réponse humanitaire (PRH). Selon Ocha Mali, « L’assistance humanitaire au Mali est compromise par l’insuffisance des financements dans un contexte où les besoins et les fonds requis ont augmenté. » Cette organisation humanitaire des Nations Unies recommande un financement additionnel afin d’étendre la zone d’intervention et cibler plus de personnes. Cela, c’est en vue d’atténuer leur « vulnérabilité » et les accompagner « sur le chemin de la résilience ».

Malgré la tenue de plusieurs actions humanitaires au Mali, notamment dans la région de Mopti où il existe un conflit « intercommunautaire », le nombre de personnes dans le besoin au mois d’août 2019 a augmenté, déplore Ocha Mali dans ce communiqué rendu public le 10 septembre dernier. De 3,2 millions en janvier 2019, selon le plan de réponse humanitaire, il est passé à 3,9 millions de personnes en août de la même année, selon le plan de réponse révisé. Cette augmentation est la conséquence des « conflits » et des « aléas climatiques », précise l’organisation humanitaire des Nations Unies.

Comme une conséquence de cause à effet, cette augmentation du nombre de personnes vulnérables a ipso facto une incidence sur le besoin humanitaire. C’est ainsi qu’aujourd’hui, 3 millions de personnes se trouvent ciblées par les partenaires humanitaires d’Ocha Mali. Soit une augmentation de 700 000 personnes par rapport au début de l’année 2019. Ce qui modifie également le budget total et l’amène à 324 millions de dollars, soit une augmentation de 28 millions de dollars. Or, le budget initial n’était financé qu’à hauteur de 30%. En conséquence, le « déficit de financement s’élève à 228 millions de dollars », déplore-t-on.

Ce qu’il déplorable et plus craintif dans cette situation de déficit de financement est rapporté dans le présent communiqué à travers les propos de Mme Mbaranga Gasarabwe, Coordonnatrice humanitaire pour le Mali : « Si nous nous réjouissons de l’assistance déjà apportée à des centaines de milliers de personnes, nous déplorons le fait de devoir limiter notre assistance si les fonds ne sont pas reçus à temps ». Elle va plus loin en incitant les partenaires au financement afin que les objectifs fixés soient atteints et que personne ne soit laissé pour compte : « Il est impressionnant de voir comment les populations affectées par les catastrophes sont capables de se relever une fois que leurs besoins basiques comme la santé, l’eau, la protection, les vivres sont couverts. Pour arriver à ce résultat au Mali, tout doit être mis en œuvre afin que les moyens nécessaires soient mobilisés. »

Dans ce communiqué, le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des affaires humanitaires (OCHA) au Mali indique que le nombre de personnes touchées  par l’insécurité alimentaire a également augmenté.  De « 3,4 millions (415 000 personnes en insécurité alimentaire sévère et 3 millions de personnes sous pression) selon le Cadre harmonisé de novembre 2018 », il est passé  « à près 3,8 millions (548 600 personnes en insécurité alimentaire sévère et 3,2 millions de personnes sous pression) selon le Cadre harmonisé de mars 2019 ».

S’agissant des déplacés internes, le nombre n’a cessé de doubler depuis le début  de l’année. L’Ocha estime le nombre aujourd’hui à 168 500. Dans ce communiqué, cette organisation des Nations unies déplore plusieurs formes d’insécurité notamment les violences sur les enfants ou les filles. « L’insécurité a entraîné, pour certaines populations des localités affectées, la perte des moyens de subsistance et l’accès limité aux services sociaux de base », précise-t-on avant de déplorer le nombre de personnes touchées  par les inondations en cours. Ce nombre s’élève à plus de 68 000 personnes.

Mme Gasarabwe demande le renforcement de la résilience des communautés. « Aussi le renforcement des efforts pour répondre aux causes profondes des conflits est plus que jamais à promouvoir pour accélérer le redéploiement des services de l’État et créer un contexte favorable à la protection des populations et au développement durable. Les besoins multidimensionnels du Mali ne doivent pas être ignorés», indique-t-elle pour finir.

F. TOGOLA

Source : Le Pays

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