CMSS : Diéminatou Cissé déjà essoufflée

La Caisse malienne de sécurité sociale (Cmss) est sur le point de connaître la plus grave crise de son existence. Depuis quelque temps, la nouvelle Directrice générale et le syndicat sont dans une guerre à fleur mouchetée autour de l’Accord d’établissement de la structure. A seulement six mois de gestion, Diéminatou Cissé semble être à bout de souffle.

Boîte hautement stratégique dans le dispositif des services sociaux du Mali, le climat, depuis quelque temps, est très tendu entre la direction de la Cmss et  les travailleurs. Face à la dégradation de la situation, le syndicat affilié à l’Union nationale des travailleurs du Mali (Untm) a décidé de saisir le ministre de tutelle. Objectif : dénoncer la tentative, par la directrice générale, de vouloir modifier l’Accord d’établissement. Ce, à travers une démarche que les syndicalistes qualifient de solitaire, d’unilatéral et de chevaleresque.

En effet, dans la correspondance adressée à la Directrice générale avec ampliation au département de tutelle, en date du 3 janvier 2020, le syndicat affirme rejeter le projet d’Accord d’Etablissement proposé par la direction.

« …Les stigmates d’un passé que nous croyions révolu sont toujours vivaces à la CMSS », dénonce la lettre. Selon le syndicat, le document proposé par la direction ne devait même pas être un projet, mais plutôt une simple proposition de l’administration au syndicat.

Le syndicat, dans sa lettre, affirme : « Nous n’avons jamais été associés à l’élaboration de ce document. » Et de faire une remarque : « Si des collaborateurs à vous avaient la franchise, en connaissance de cause, de vous dire que sans le syndicat, ce produit de vos efforts commun est de nul effet, vous auriez certainement procédé conformément aux textes. »

A ce document proposé par la direction, le syndicat reproche beaucoup de choses. Pour lui, de nombreuses dispositions et points sont à réviser et ne sauraient promouvoir un effort de performance. Aussi, que son résultat serait impossible à évaluer en termes de volume, de proportions réalisées par les uns, justifiant le bénéfice de plus de pourcentage de montant dépassant tout entendement, contre une majorité réduite à des miettes.

Partant, le syndicat s’alarme et informe que la ruée des hauts responsables vers plus de confort, d’enrichissement, aurait été à l’origine de l’écroulement de bon nombre de sociétés et d’entreprises.

En conséquence, le syndicat menace : « Le syndicalisme, de nos jours, ne saurait cautionner ces mêmes erreurs. Epris de transparence, et convaincus de notre bon droit pour la justice et l’équité sociale, pour la santé de notre outil de travail qui nous fait vivre, nous responsables syndicaux, soutenus en cela par l’écrasante majorité des travailleurs et des travailleuses, rejetons ce document, appelons à de véritables négociations sur la base de notre cahier de doléances, de toutes les propositions tendant à améliorer nos conditions de vie et de travail et sous les auspices des administrateurs du travail, pour l’émergence d’un véritable accord d’établissement. »

Il invite Mme Diéminatou Cissé à se conformer aux décisions et délibérations du Conseil d’administration.

Le secrétaire général du Syndicat, Thierno Madani Thiam, confie que la Directrice générale les accuse et s’offusque du fait qu’ils aient saisi le département de tutelle à propos du sujet. Selon lui, le ministère a été saisi car, il s’agit d’une question administrative et non syndicale. Le secrétaire général pense que la démarche de la direction est une violation des conventions 98 et 135 de l’Organisation internationale du travail (OIT).

Il rassure que son syndicat ne se laissera pas faire. Et que si les manœuvres dilatoires et unilatérales de la directrice Cissé ne sont pas retirées, le syndicat se réserve le droit d’user de toutes les voies possibles pour la faire plier.

Contactée par nos soins, l’adjointe du responsable de la communication de la CMSS, Karidia Traoré, avait promis de nous mettre en contact avec un certain Dalla Coulibaly, à même, selon elle, de pouvoir répondre à des questions sur l’accord d’établissement. Elle informe que son chef de département est en mission. A ce jour, ni elle ni le nommé Dalla Coulibaly n’a fait signe de vie.

Aussi, apprend-on, dans la nuit du mercredi au jeudi, que la Direction générale aurait sortie le grand jeu avec les syndicalistes pour qu’ils ne parlent pas à la presse.

La fuite en avant de la DG

Ayant eu vent que son forcing a été dévoilé, des sources introduites rapportent qu’elle veut organiser une activité, ce matin lundi, pour vanter sa gestion des six mois et des primes et avantages accordés au personnel. Une façon pour elle de noyer le poisson dans les toilettes de son bureau ?

Pour sûr, le problème est réel. Cette affaire d’accord d’établissement, qui ne manquera pas de la faire perdre son goût immodéré pour le voile ou la faire oublier le confort de son bureau feutré à l’air conditionné, n’est pas la seule qui oppose le syndicat et dame Diéminatou Cissé. Il y aurait des débauchages d’agents de la CMSS au profit de Canam. Selon les termes d’une lettre adressée à la Directrice générale, le syndicat l’accuse d’avoir un deal avec la Canam (l’ex-boîte de Diéminatou Cissé). Il y aurait aussi un scandale autour de la formation des agents sur le logiciel Acti Premium ; les ristournes de 2% du recouvrement au profit de la Canam ; l’instauration de la prime dite ‘’Prime Diéminatou’’. Bonjour donc le culte de la personne !

Alors questions : Diéminatou Cissé, dont les compétences de bonne informaticienne ne sont pas remises en cause, a-t-elle les compétences managériales pour gérer cette structure stratégique ? Est-elle à la hauteur de la tâche ? Pourra-elle survivre au tsunami qui est sur le point de se déclencher ?

Les jours à venir édifieront.

A suivre…

Dieu veille !

Harber MAIGA 

 

Source: Azalaï Express.         

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