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Conférence d’entente nationale / La rencontre aura lieu du 27 mars au 2 avril 2017 à Bamako / Les réserves de l’opposition malienne

Prévue par l’article 5 de l’Accord pour la Paix et le Réconciliation au Mali, la Conférence d’entente nationale aura lieu du 27 mars au 2 avril 2017 à Bamako. La décision a été prise lors du Conseil des ministres extraordinaire le samedi 18 mars dernier. Selon le communiqué du Conseil des ministres, 300 participants venant des régions, du District de Bamako et de la diaspora, prendront part à la rencontre. Lors des rencontres préparatoires, en février, l’opposition a émis des réserves « quant à la pertinence et à l’opportunité de l’organisation d’une telle conférence ». « La seule solution pacifique viable et inclusive de résolution de la crise multiforme que connaît notre pays passe par la tenue d’une concertation nationale inclusive regroupant l’ensemble des forces vives de la nation autour des problèmes institutionnels, de défense, de sécurité, de gouvernance et de développement », a expliqué, à l’époque, dans une déclaration, l’opposition.

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Le Conseil des ministres extraordinaire tenu le samedi dernier a fixé un calendrier du grand rendez vous annoncé par Ibrahim Boubacar Kéïta, le président de la République du Mali, en fin décembre dernier. La rencontre aura donc lieu du 27 mars au 02 avril 2017 à Bamako. 300 participants venant des régions, du District de Bamako et de la diaspora, selon le communiqué du Conseil des ministres, prendront part à l’événement organisé autour de trois grands thèmes : la paix, l’unité et la réconciliation nationale. Le communiqué du Conseil précise qu’au préalable, Baba Akib, le président de la Commission préparatoire a « rencontré les signataires de l’Accord de Paix, les Présidents des Institutions de la République et des Autorités administratives indépendantes, les anciens Premiers ministres, les organisations et associations confessionnelles, les partis politiques, les organisations syndicales, les notabilités, les groupements de femmes et de jeunes, la diaspora, la MINUSMA et le Comité de Suivi de l’Accord. »

Quid des réserves formulées par l’opposition ?

En mi février, conviée à une rencontre préparatoire par le président de la commission d’Organisation de la Conférence d’Entente Nationale, l’opposition conduite par Soumaïla Cissé, a réaffirmé «  que la seule solution pacifique viable et inclusive de résolution de la crise multiforme que connaît notre pays passe par la tenue d’une concertation nationale inclusive regroupant l’ensemble des forces vives de la nation autour des problèmes institutionnels, de défense, de sécurité, de gouvernance et de développement» Dans sa déclaration, l’opposition politique indique : « L’accord de paix issu du processus d’Alger n’est pas un bon accord car il comporte les germes d’une partition du pays ; l’existence de l’accord de paix ne doit nullement occulter la situation sécuritaire inquiétante dans le nord et le centre du pays ; la résolution de la crise requiert le nécessaire dialogue entre les différentes composantes de la nation ». L’opposition s’interrogeait, aussi, dans sa déclaration, de la capacité de la conférence à atteindre ses objectifs si des dispositifs essentiels de l’accord ne sont pas effectifs et respectés à savoir : la sincérité des parties Première garantie de l’aboutissement de l’accord (article 50) ; la promotion d’une véritable réconciliation nationale (article 46)…

« Une manœuvre pour faire entériner de facto l’AZAWAD comme une réalité socio- culturelle »

 Autre interrogation de l’opposition malienne : « Cette conférence, peut-elle atteindre ses objectifs si ses termes de référence se référant à l’article 5 de l’accord d’Alger relatif à l’Azawad, en occulte cette affirmation essentielle : Je cite : ” L’appellation AZAWAD RECOUVRE une réalité socio- culturelle, mémorielle et symbolique partagée par différentes populations du NORD MALI (et non le NORD DU MALI) constituant des composantes de la communauté nationale. Une compréhension commune de cette appellation qui reflète également une réalité humaine, devra constituer la base du consensus nécessaire, dans le respect du caractère unitaire de l’Etat malien et de son intégrité territoriale.” Fin de citation. ». Selon Soumaïla Cissé et ses compagnons, « la conférence apparaît comme une manœuvre pour faire entériner de facto l’AZAWAD comme une réalité socio- culturelle. »

Dans sa déclaration, l’opposition pointait, aussi, du doigt l’absence de rapports d’observateurs indépendants sur l’exécution des engagements. « Cette conférence, émanation de l’accord de paix d ´Alger peut-elle atteindre ses objectifs si aucun rapport d’aucun observateur Indépendant n’a jamais été rendu public conformément à l’article 63 qui stipule entre autres qu’un rapport exhaustif faisant le point de l’exécution des engagements sera rendu public tous les quatre mois. » L’opposition a ainsi émis « de sérieuses réserves quant à la pertinence et à l’opportunité de l’organisation d’une telle conférence…au moment où la crise sécuritaire s’aggrave de jour en jour, où les engagements n’ont pas été tenus et où aucun délai n’est respecté. »

Le niet de l’ancien Premier ministre Soumana Sako

Soumana Sako, l’ancien Premier ministre et président d’honneur de la CNAS-Faso Hèrè, lors des rencontres préparatoires de la Conférence d’entente nationale a purement décliné l’invitation de Baba Akib Haïdara de venir s’entretenir avec lui. A cet effet, dans une correspondance adressée au Médiateur de la République, Soumana Sako motive son refus pour les raisons suivantes : « La CNAS-Faso Hèrè et l’ADPS n’ont été associées à aucune des étapes ayant débouché sur l’Accord d’Alger. Or, elles ont, dès le prime-abord, fortement insisté sur la nécessité d’observer scrupuleusement le principe d’appropriation nationale du processus de sortie de crise… ». L’ancien PM réitère, dans sa lettre, son appel à « la convocation d’un Congrès Extraordinaire du Peuple malien, lequel Congrès Extraordinaire n’a rien à voir avec la Conférence d’Entente Nationale, d’autant moins que cette dernière est destinée, entre autre, à légitimer la fantasmagorique notion « d’Azawad » que l’Accord antinational d’Alger définit déjà comme étant une « nation ».

Madiassa Kaba Diakité

Source: Le Républicain

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