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Lassana Igo Diarra : « La magie va opérer le Jour J »

La célébration de la photographie africaine ! Un moment de recueillement, d’émerveillement, de découverte, d’introspection et de perspective. Cet évènement riche en émotions va être vécu dans notre capitale, Bamako, du 30 novembre 2019 au 30 janvier 2020. Ce sera 12ème Biennale africaine de la photographie, les Rencontres de Bamako. Au programme de cette édition, des expositions, des spectacles, des débats… Au Mali, un homme a été honoré pour mener un travail de fourmi pour cette nouvelle édition. Il s’agit de l’homme de culture Igo Lassina Diarra, Délégué général de la Biennale. La rédaction du Journal du Mali est allée à sa rencontre pour en savoir plus sur les festivités qui vont écrire une nouvelle page de l’histoire  de la photographie africaine au Mali.

La 12ème Biennale de la photographie coïncide avec les 25 ans d’existence de ce projet. Un constat : le nombre de sites d’expositions est presque passé au double et 85 artistes sont annoncés. Quelles sont les principales innovations de cette édition ?

25 ans, c’est l’âge de l’audace, de la rêverie, de la responsabilité, de l’innovation, d’une nouvelle énergie. Pendant ces 25 années, les Rencontres de Bamako sont devenues une étape incontournable pour les artistes photographes. Comme innovation, il y a la mise en place d’un Village de la Biennale. Au niveau de la scénographie, Cheick Diallo en a proposé une complètement nouvelle et surprenante : c’est ce concept que nous avons « Renverser les tables ». Nous sommes aussi retournés sur les sites originels, comme le Palais de la culture, où la Biennale a pris naissance, au bord du fleuve Niger, puisque cette année « Les courants de conscience » font appel à cette étendue du fleuve. La femme étant également au cœur de la Biennale, pour cette édition nous revenons dans des lieux comme le Lycée de jeunes filles Ba Aminata Diallo, où nous travaillons sur la transformation de l’ancien internat en musée – galerie. Ce sont les legs de la tradition et le souffle de l’inventivité africaine que nous souhaitons mettre en valeur ensemble pour cette édition.

Quelle est l’approche des Journées professionnelles, prévues du 30 novembre au 3 décembre 2019 à Bamako?

Il est important que l’on sache qu’à côté de la célébration de l’art une cinquantaine d’artistes sont invités, en marge des 85 dans la sélection officielle. C’est le moment où les critiques d’art, les chercheurs, posent les problématiques du continent : c’est cela l’aspect forum et public – un programme avec des thématiques et des débats très passionnants. Il y aura des concerts, puisque que le thème découle du titre d’un album de jazz. Et la vidéo aussi prend de l’espace cette année, ainsi que la lecture.

Et l’organisation dans tout cela? Sommes-nous prêts ?

Une chose est sûre, la magie va opérer le Jour J. Les tirages sont faits à 90%, au Mali. Les scénographies sont abouties et nous avons déjà quatre à cinq Commissaires sur place. Oui, je pense que nous sommes plus ou moins fin prêts.

Qu’est ce qui a guidé le choix de cette thématique, qui voyage dans le réalisme tout en côtoyant le surréalisme ?

C’est une thématique inclusive. Le thème « Courant de conscience », c’est le Commissaire Bonaventure Soh Bejeng Ndikung qui l’a choisi. En tant que Délégué général de la Biennale, j’ai introduit la notion du fleuve Niger, qui est un flux de pensées, de mémoire, de perspectives qui traversent notre continent. L’art étant cérébral, le thème est un aussi clin d’œil aux photographes sur l’importance de la lecture, de la recherche effrénée du savoir, qui se matérialise sur une photo.

Que retenir de ce 25ème anniversaire ?

C’est une invitation à plusieurs générations de la photographie africaine. C’est pourquoi, pendant les débats, il y aura ce que l’on appelle des « Perspectives et rétrospectives ».

Il y a eu une grande évolution dans l’histoire de la photographie et la Biennale a grandi avec. La photographie est passée de l’analogique au numérique. Peut-on dire que c’est un secteur en plein essor au Mali et en Afrique ?

Il y a une dynamique qui se met en place, au Mali et en Afrique, avec des centres de formation qui se développent, ainsi que des laboratoires, avec une nouvelle génération de photographes femmes et de jeunes photographes.

Quel encadrement juridique y a-t-il pour la photographie au Mali ?

Au Mali, c’est un peu difficile, dans le sens où il n’y a pas réellement de marché structurant pour les arts plastiques. C’est pourquoi l’idée de mettre sur pied une bourse pour la créativité photo va sans doute nous permettre de mieux positionner le Mali.

Quand on parle photographie et avenir en Afrique, que veut-on dire ?

Je vois une jeunesse décomplexée. Une jeunesse d’artistes qui ose, avec une nouvelle génération d’appareils professionnels et des téléphones. C’est un regard frais, coloré, un regard profond, qui est en train de se mettre en place. À côté de la mondialisation, il y a une forme d’identité africaine nouvelle.

Propos recueillis par Idelette Bissuu

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