» Chaque vieillard qui meurt est une bibliothèque qui brûle « , disait Hamadou Ampaté Ba. Le Mali vient d’en faire une mauvaise expérience avec la disparition de Moussa Balla Coulibaly, à l’âge de 85 ans. Homme politique, acteur économique de premier plan, Moussa Balla Coulibaly, qui n’est plus, a marqué de son empreinte histoire du Mali indépendant. Diplômé de l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE) de Paris et ancien auditeur du Centre d’études de programmes économiques de Paris et diplômé de l’Ecole des travaux publics de l’AOF, l’homme a laissé des traces indélébiles partout où il est passé.

 

Les funérailles de feu Moussa Mary Balla Coulibaly ont eu lieu sur l’esplanade du Palais de la Culture Amadou Hampaté Ba, en présence du Premier ministre Dr. Boubou Cissé, des Présidents des Institutions, de l’ancien Président de la Transition, Dioncounda Traoré, des membres du gouvernement et du Chef de file de l’Opposition politique, Soumaïla Cissé. Etaient également présents des membres du corps diplomatique accrédité au Mali, les membres de la famille du défunt, des voisins du quartier, des camarades politiques, des militants de l’UDD et une foule nombreuse.

Les temps forts ont été l’oraison funèbre, l’honneur aux morts de la Fanfare Nationale et la prière rituelle.

Le doyen Moussa Balla Coulibaly a d’abord fait ses preuves dans plusieurs structures publiques puis privées, de 1960 à 1990. Ainsi, de 1960 à 1973, il a été respectivement Directeur national de la statistique et du plan, Conseiller technique au ministère des Travaux publics, Secrétaire général à l’Industrie et aux Energies et Directeur général puis Président-Directeur Général de la SEMA.

De 1973 à 1990,  il fut, entre autres, Directeur général de Mali Industries, Président du conseil d’administration de la Société d’exploitation minière Bouré Sa et PDG de la compagnie aérienne Malitas.

Il était en outre le président du groupe Industries Kulibali IKSA, qui compte comme filiales: le groupe Stellis (Réseau d’agences de communication et de régies publicitaires au Mali, en Guinée et au Burkina Faso), Europe Handling Mali, Antarès Mali, Mandé Mine et les mines de Bouré.

Son expérience professionnelle et ses engagements au sein du secteur privé lui ont permis de conduire avec brio le Conseil national du Patronat Malien (CNPM).  En tant que patron des patrons d’entreprises du Mali,  il fut l’artisan de la construction de l’imposant siège de cette organisation, situé au cœur de l’ACI 2000 et inauguré en grande pompe par le président de la République, à l’époque, Amadou Toumani Touré.  Pour l’immortaliser, la grande salle de conférence du CNPM porte son nom.

Sa présidence à la tête de cette organisation a permis de donner une plus grande dimension au secteur privé et de le mettre au cœur des politiques et stratégies publiques.

Sur le plan politique, Moussa Balla Coulibaly est le fondateur de l’UDD (Union pour la Démocratie et le Développement),  dont il est resté  le leader pendant deux décennies. C’est à la faveur  de la coalition UDD -BARA  qu’il s’est porté candidat aux élections présidentielles de 2002.

En course avec 23 candidats, le porte-étendard de l’UDD était parmi les  » favoris « de ce scrutin qui sera finalement emporté par le candidat indépendant Amadou Toumani Touré.

Tout au long de son parcours politique, comme au sein du secteur privé, il s’est forgé la réputation d’un grand patriote, engagé pour la cause du pays. C’est pourquoi, il a toujours apporté sa contribution à la construction nationale quel que soit le régime en place. Certes, il était un homme politique pondéré et éclairé, mais il n’avait pas sa langue dans sa poche quand il s’agissait de l’intérêt de la nation.

Après de longues année à la tête de l’UDD, Moussa Balla céda le flambeau à son compagnon de lutte, Maître Hassan Barry qui, à son tour, le passa au fils du fondateur, Tiéman Hubert Coulibaly.

L’homme s’est retiré avec les honneurs, car ses idéaux politiques sont portés fièrement par une génération qui croit en sa force et qui agit dans ce sens.

En plus des nombreuses distinctions honorifiques nationales obtenues, Moussa Balla a été élevé à la dignité de la légion d’honneur de la France.  Reposes en paix, Doyen.

Y.C

Source: l’Indépendant