Alexis de Tocqueville ou incarnation de Mahatma Gandhi ? Populisme mal inspiré ou boulette non avenue ? La décision prêtée au Garde des sceaux, Me Malick COULIBALY de retirer ses enfants de l’école privée jusqu’à ce que les ‘’enfants des pauvres’’ reprennent le chemin des classes a mis hier en branle les réseaux sociaux.

 

Si la nébuleuse enseignante et les patriotes vengeurs, sans vérifier qu’il s’agissait d’un infox, ont vite fait d’ériger en rang vertu suprême l’acte insensé de soustraire les enfants de l’école et l’auteur lui-même au rang de divinité de la justice sociale incarnée, beaucoup de Facebookeurs se sont posé des questions quand d’autres n’y voyaient que charivari de populisme et de manque de courage. Mais que nenni ! Renseignements pris, les enfants du Ministre COULIBALY étaient bien à l’école ce mercredi 19 février. Il s’est passé qu’avant-hier mardi, pour un cas de force majeure, les gosses n’ont pas pu se rendre à l’école. L’administration scolaire qui s’en est inquiétée a été informée des raisons de leur absence.

Mais voilà, quelqu’un quelque part a pensé qu’il fallait raconter l’histoire autrement en faisant passer le Ministre COULIBALY comme le porte-voix de tous les frustrés du Mali. Et, c’est parti pour une belle saga d’un héros imaginaire…

Toutefois, si la décision prêtée à Me Malick COULIBALY de garder ses enfants à domicile jusqu’à ce que ceux des pauvres retrouvent le chemin des classes pouvait être indicateur de grandeur d’âme, dans la position qui est la sienne (ministre) ce serait plutôt un coup de Jarnac que l’auteur assumerait mal dans le Gouvernement. Parce que ce dont certains l’affublent aurait dû conduire le ministre téméraire, selon certains, jusqu’au bout de la désapprobation de la politique du Gouvernement dans lequel il continue de jouir de rang et de privilèges : faire inscrire ses enfants dans une école publique comme certains autres ministres de la République et démissionner du Gouvernement.

L’honneur ne pouvant souffrir d’équivoque, l’acte du ministre de la Justice, notent d’autres, ne pouvait point être un désaveu du Gouvernement, mais une duplicité et une couardise d’un homme qui aurait eu du mal à assumer sa dénonciation et la fronde qu’il engage contre la collégialité et la solidarité gouvernementale. En clair, s’il avait pris la décision qu’on lui a prêtée, Me Malick COULIBALY n’aurait pas été seulement pas dans la situation d’une honorable et vertueuse résistance pacifique contre l’injustice qui frappe les ‘’enfants des pauvres’’, mais plutôt de dans un dilemme : rester ou ne pas rester dans un Gouvernement dont on ne partage pas la politique. Un dilemme qu’il aurait été le seul à pouvoir trancher.

Mais tel n’est pas le cas. Les enfants de Malick COULIBALY sont bien à l’école, une école privée comme beaucoup d’entre vous, les enfants des pauvres sont toujours dans la rue. Ainsi va la République des rumeurs, des intox et des infox.

PAR BERTIN DAKOUO

INFO-MATIN