L’année scolaire 2019-2020 s’annonce à grands pas dans la Région de Kayes, en dépit de certaines difficultés d’ordre technique que l’équipe de reportage de l’AMAP a constatées, la semaine dernière, dans quelques établissements.

Nonobstant, les préparatifs sont en cours pour que les élèves reprennent le chemin de l’école et pouvoir bénéficier d’un enseignement de qualité. Tous les partenaires de l’école sont invités à jouer leur partition. On assiste à une course contre la montre au niveau des écoles, services, institution et ONG évoluant dans le domaine de l’éducation.

Du côté de l’Académie d’enseignement (AE) de Kayes, l’heure était à l’attente des rapports sur la situation des écoles qui devaient être faits par les Centres d’animation pédagogique (CAP). Au niveau des deux CAP de Kayes (Rive gauche et Rive droite), le personnel est préoccupé par l’élaboration d’un calendrier de rencontres avec les Comité de gestion scolaire (CGS), les syndicats, les maires et les partenaires de l’école.

Chaque directeur d’école doit recevoir une feuille de route qui détaille le chronogramme des activités à mener au sein de son établissement. Quant aux syndicats, ils sont appelés à sensibiliser leurs membres enseignants sur la nécessité, pour eux, de respecter scrupuleusement l’application du Temps réel d’apprentissage (TRA).

Le directeur du CAP de Kayes (rive gauche), Balla Kéïta, et son collègue Mamadou Koné du CAP (Rive Droite), les maires doivent, aussi, jouer leur partition. Surtout que ces élus reçoivent des fonds d’Appui direct pour l’amélioration du rendement solaire (ADRS) pour faire face à certains problèmes (entretien, eau, électricité, clôture, équipements…) dans les écoles.

« Nous venons de tenir une réunion de la Commission locale de mutation, au niveau de la préfecture. Nous envisageons d’autres rencontres, notamment avec les Comités de gestion (CGS) qui attendent, très souvent, jusqu’à la rentrée pour faire l’inscription des nouveaux élèves et gérer les questions de transfert, provoquant des attroupements dans les écoles », a regretté le directeur Balla Kéïta.

L’heure n’est pas à l’optimisme aveugle. D’après le directeur de Plateau A et directeur coordinateur de Plateau Second-Cycle 1 et 2, Cheick Macalou, certaines questions pourraient perturber l’ouverture. Les enseignants réclament le paiement des primes pour l’encadrement des élèves-maîtres et les avantages liés à la nouvelle grille salariale de la Fonction publique.

A l’école de Soutoucoulé, dans la commune rurale de Khouloum, la situation est peu reluisante. Lorsque notre équipe de reportage s’est rendue, le 20 septembre 2019, dans cet établissement d’enseignement fondamental qui comprend deux cycles, nous avons aperçu de loin, précisément à l’Est, une partie du mur d’un bloc qui sert de tableau noir pour une classe en paillotte. La tornade a emporté la paillote et certaines feuilles de tôles du bâtiment, poussant les occupants à terminer le reste de l’année scolaire 2018-2019 dans un local situé en face des Logements sociaux de Kayes.

« Les enfants d’ATT Bougou fréquentent notre second cycle et l’arrivée des enfants de bénéficiaires des nouveaux logements sociaux va compliquer la situation. Nous avons déjà des effectifs pléthoriques de 90 à 120 élèves par classe. Nous attendons, aussi, un financement pour la clôture de notre école, une tâche qui incombe à la mairie. Il y a également la reconstitution de deux classes en paille », a expliqué le chef de village de Soutoucoulé, Mamadou Diallo.

Le directeur de l’école de ATT Bougou, Abdramane Dabo, a dit avoir tenu une réunion avec le CGS, le 17 septembre 2019, sur certaines questions de son école (réparation des tables bancs, assainissement de la cour, problème de suivi des élèves par les parents).

« Contrairement aux autres écoles de la ville, le problème d’effectif se pose, ici, avec acuité. Nous avons une salle à double vacation de 280 élèves soit 140 élèves par cohorte. Les élèves suivent des cours en groupe et par rotation (matin et soir). L’arrivée des enfants des nouveaux bénéficiaires des logements sociaux va faire gonfler le nombre de nos effectifs et poser, aussi, le problème de tables bancs. Nous avons un 1ercycle de 8 classes. Il n’y a pas de clôture », a-t-il souligné.

Au Collège privé Boubou Sow (1eret 2è cycles) et à l’Ecole privée Aminata Barry de Soutoucoulé, les préparatifs de la rentrée s’incline en opération de salubrité, en mise en ordre des salles, en travaux de réparation et l’élaboration des emplois du temps. « Pour le moment, nous sommes en train de procéder aux préinscriptions. Après, il y aura la sélection. Souvent, on fait des tests pour déterminer le niveau des nouveaux élèves. Nous réservons 30% aux cas sociaux et aux groupes cibles dans le cadre du Programme de renforcement de la famille (PRF) au niveau du jardin d’enfants et de l’école. Les parents ne payent rien pour ces enfants durant leur séjour dans notre établissement. Nous prenons, également, en charge les enfants provenant de nos villages partenaires (Khouloum, Doussoukane, Sabouiré N’Ding et Soutoucoulé) », a souligné Zoumana Kabaye Traoré, directeur du jardin d’enfants « SOS » et directeur coordinateur de l’école par intérim. Le parent paie 2 000 Fcfa pour l’inscription d’un enfant au jardin, 3 000 Fcfa pour la cotisation, 10 000 Fcfa pour le goutter et la propreté, 1 000 Fcfa pour la carte de sécurité et 3 000 F pour deux tenues. « Autrefois, le goutter était pris en charge par l’école. Mais, avec l’autonomisation des Villages d’Enfants qui, a débuté récemment, nous avons décidé que chaque parent ou tuteur s’occupe de ces frais », a-t-il expliqué.

Au 1erCycle, l’inscription coûte 3 000 Fcfa et la cotisation mensuelle est fixée à 7 500 Fcfa. Au second cycle, l’inscription est de 3 000 Fcfa, la cotisation mensuelle à 12 000 Fcfa et la tenue à 5 000 Fcfa.

A Soutoucoulé, nous avons rencontré Youssouf Kéïta qui nous a dit être père de trois enfants en  (5è, 4è et 1) à ATT Bougou. « J’ai dépensé plus de 25 000 Fcfa par personne pour la cotisation, les fournitures scolaires et les tenues de mes enfants. Nous ne souhaitons plus de grèves dans nos écoles », a-t-il affirmé.

De son côté, Paul Bamba Kéïta, président du CGS de Khasso II, à Dyabougou, a indiqué que les parents d’élèves «sont prêts à mettre les bouchées doubles pour que la nouvelle année débute bien, contrairement à l’année dernière. « On veut faire de notre mieux pour rehausser le niveau d’études de nos enfants. Je conseille également aux parents de suivre leurs enfants à la maison et à l’école », a-t-il souhaité.

BMS/MD

Source: AMAP