Dans sa tournée qui l’a conduit à Gao et Tombouctou la semaine dernière, le Premier Ministre Dr Boubou Cissé, Premier ministre, est revenu de long en large sur la crise scolaire, à Tombouctou le 29 janvier 2020. Car on parle de redressement de notre pays, ce redressement ne peut se faire sans notre système éducatif. « Je ne peux pas avoir de mépris pour les enseignants », a-t-il déclaré à cœur ouvert. Avant de rassurer les uns et les autres : «Nous ferons tout ce que nous pouvons, pour que l’école puisse reprendre le plus rapidement que possible ». In extenso son intervention.

L’école malienne est un bien qui nous est commun à tous. C’est même le bien le plus précieux qu’un État, ou bien une nation peut avoir. Donc, aucun gouvernement responsable et sérieux ne peut badiner avec la question de l’école.

Ce matin, en arrivant ici, à Tombouctou, j’ai été très-très heureux, très touché de voir que parmi la population qui m’accueillait, puis que chacun se présentait, il y avait des enseignants, des directeurs d’école, des directeurs d’académie. Il y avait beaucoup d’élèves qui étaient là, des enfants. Et des enfants qui ont exprimé leur désir ardent de retrouver le chemin de l’école, de retrouver les bancs, de reprendre les cours.

C’est ce même désire, je vous le dit ici aujourd’hui, qui anime le Gouvernement. Nous ferons tout ce que nous pouvons, pour pouvoir faire en sorte que l’école puisse reprendre le plus rapidement que possible et que les enfants puissent aller à l’école. C’est une priorité que je ne peux même pas vous décrire ici aujourd’hui, tellement c’est important pour moi.

Je suis à la tête d’une équipe qui n’est pas un Gouvernement va-t-en-guerre, qui n’est pas un Gouvernement qui cherche à croiser le fer avec qui conque, encore moins les enseignants sur la question de l’école. Nous sommes un gouvernement qui est un gouvernement de mission, dans laquelle mission, la place de l’école est prioritaire et importante. Nous sommes un gouvernement responsable.

Je voudrais, du haut de cette tribune, appeler aussi les syndicats des enseignants, en particulier la Synergie, je voudrais en appeler à leur sens de responsabilité, à la mission qui leur a été donnée, pour revenir à la raison. Ce qui est en train de se passer, il n’y a pas de raison que ça se passe.

Je voudrais, tout en appelant à leur sens de responsabilité, je voudrais aussi les inviter à se remémorer, un peu, les moments que nous avons eu à passer ensemble et qui a fait que leurs conditions de travail et leurs conditions de vie s’est fortement améliorer.

Je voudrais qu’ils se rappellent encore qu’il y a quelques mois, nous avons passé des moments ensemble, des négociations ensemble qui ont conduit à ce qu’ils aient un nouveau statut du personnel. Nouveau statut du personnel auquel était attachée une nouvelle grille de leur salaire. Laquelle grille qui a vu le salaire de certains enseignants augmenter, parfois, de plus de 100 000 F CFA (bruits de fond dans la salle)… C’est la réalité.

Puisque, quand vous prenez la catégorie A, de ce monde des enseignants, l’indice est passé de 920 à 1060. Une augmentation de 140 points. Cette augmentation de 140 points correspond exactement à une incidence financière de 114. 175 F CFA. Donc, certains ont vu leur salaire augmenter de plus de 114.150 F CFA.

Je voudrais qu’ils se rappellent, pendant ces négociations, que c’est parce que, on a été à leur écoute, parce qu’on a accordé de l’importance à l’école malienne et c’est parce qu’on accordait de l’importance à leur fonction que nous aussi accepter, en plus de cette nouvelle grille salariale, nous avons accepté que leurs indemnité d’équipements puisse voir le jour (60 000 F CFA).

Nous avons accepté que les primes de zone et les primes de logements puissent augmenter avec une amplitude de pratiquement 20.000 F CFA.

Donc, il y a aucun sacrifice de trop pour le Mali (Applaudissements dans la salle). Le gouvernement a fait des efforts pour le monde des enseignants. Aujourd’hui, nous avons une catégorie d’enseignants dont le salaire est supérieur à 600 000 FCFA.

Je voudrais simplement qu’ils se rappellent qu’il y a quelques années. Je suis sûr que dans cette même salle, il y a des enseignants à la retraire, il y a quelques années dont le salaire était 10 à 15 fois moins cher. Aussi, ils pouvaient faire 4 voire 5 mois sans recevoir leur salaire, mais ils ont été toujours présents en salle. Ils sont toujours dispensés leur cours parce que c’est le transfert de la connaissance qui reste important.

C’est à ce sentiment aujourd’hui que je souhaite voir inclure dans l’esprit de nos enseignants pendant que le gouvernement continue à faire des efforts.

Je voudrais rappeler en fin que sur les 10 points de revendication que la synergie avait, il y a 9 points qui ont été totalement honoré par le gouvernement. Le 10e point a été retiré par les syndicats. Donc, on peut dire aujourd’hui qu’il n’y a pas un point de revendication qui n’a pas eu de réponse dans la part du gouvernement. C’est ça la réalité.

La nouvelle revendication dont il est question, même là compte tenu du rôle important que le président de la République accorde au monde de l’éducation et à l’enseignement. Cette revendication qui est une nouvelle revendication, je les ai personnellement dit que c’est une revendication légitime.

Elle consiste en une augmentation qui est de leur grille qui est déjà augmentée. Mais l’augmentation qu’ils obtiennent, parce que ce qui était sur le statut général de la fonction publique pour lequel, l’UNTM avait négocié une augmentation de la grille salariale, les enseignants ont souhaité en bénéficier.

On aurait dit, votre nouveau statut, l’article 39 qui le permettait effectivement, votre revendication est légitime, nous allons la mettre en œuvre et nous souhaitons la mettre en œuvre à partir du 1er janvier 2020 mais sur les mêmes modalités que celles appliquées à l’UNTM. C’est ça le refus. C’est ça qui explique la situation dans laquelle nous sommes.

Donc, je souhaiterais encore une fois, en appeler à la raison de chacun pour que, ce qui est le plus important, c’est l’enseignement et la transmission de la connaissance à nos enfants pour que nous enfants puissent retourner à l’école dans les meilleurs délais.

Et je compte sur chacun et sur chacune pour nous aider à y parvenir. C’est ça, vraiment, le plus important. Je dis tout cela aujourd’hui sans aucun complexe.

J’ai dit déjà aux enseignants, la personne que vous voyez devant vous, je suis aussi un fils d’un professeur d’enseignement supérieur et d’une institutrice. C’est dans le respect, dans l’amour de l’éducation qu’on m’a élevé moi-même. Donc, je ne peux vouloir que du bien vis-à-vis des enseignants. Non seulement, mon père était enseignant, la mère l’a été, moi-même. J’ai enseigné à l’Université, quand je faisais ma thèse en France pendant trois ans. Vous pouvez vérifier, J’ai enseigné la statistique, la macro-économique. Je ne rêve que de ça. J’ai retourné dans un amphithéâtre pour transmettre à certains, à la jeune génération, les connaissances que moi-même, j’ai apprises.

Donc, je ne peux pas avoir de mépris pour les enseignants. Ce n’est pas possible. Je n’ai pas été éduqué comme ça. Au contraire, on m’a transmis l’amour de l’enseignement et l’amour de l’enseignant. Donc, je souhaiterais prendre un peu de temps sur cette question aujourd’hui et surtout en appeler à ceux qui ont bien voulu m’accueillir ici, ce matin avec beaucoup de respect et de bienveillance.

Les enseignants, les directeurs d’écoles et les directeurs d’académie, que j’ai vus et la sincérité avec laquelle j’ai été accueilli, je souhaite qu’en retour, ils acceptent d’ouvrir les écoles pour que les enfants puissent reprendre le chemin de l’école. Donc, il était important que je fasse cette précision aujourd’hui.