Face à la propagation de la pandémie du Coronavirus, toutes les écoles et universités du Mali ont été fermées sur ordre des autorités de la République. Une décision prise alors que les étudiants n’avaient bénéficié d’aucune mesure d’accompagnement pour assurer leur déplacement en famille.


« Nous avons pris nos responsabilités », dixit le chef de la cellule de communication du Centre national des œuvres universitaires (CENOU), Amadou Traoré. Face à la propagation de la pandémie du Coronavirus au Mali et la décision des autorités maliennes de fermer toutes les écoles pendant trois semaines, la fermeture des campus universitaires était d’effet immédiat. « La fermeture des campus était une obligation », précise M. Traoré qui indique qu’elle entre dans le cadre de la prévention de la pandémie du Coronavirus.

Dans des campus où cohabitent des milliers d’étudiants, le CENOU n’a pas les moyens nécessaires pour veiller au respect de tous les gestes-barrières servant à la protection de ces étudiants, indique M. Traoré. « Qu’un seul étudiant soit infecté dans une telle situation, c’est la catastrophe », suppose-t-il tout en laissant comprendre que dans les campus les étudiants partagent tout ensemble. Un comportement en déphasage avec la distanciation sociale qu’exige le Covid-19.

Certes, les circonstances l’exigent, mais est-ce dire que cette fermeture n’est pas sans effet sur les étudiants sachant surtout que nombreux sont-ils n’avoir pas de parents proches à Bamako ? Or les bourses n’étaient pas encore disponibles au moment où cette décision tombait.

Selon Karim Kouyaté, étudiant à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEC) de Bamako, cette fermeture n’a été d’aucune difficulté pour lui. Au contraire, elle lui a permis d’anticiper un voyage qu’il préparait. Toutefois, il souligne que beaucoup de ses amis étudiants ont souffert de cette fermeture des campus universitaires. Car ils n’avaient ni argent ni de parents avec qui emprunter de l’argent pour rejoindre leur famille. « La situation les a vraiment secoués », martèle-t-il.

Pourtant, cette version surprend Moussa Niangaly, le coordinateur national de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM). D’après celui-ci, lorsque le CENOU a donné un délai de 48 h aux étudiants pour déguerpir les campus, le comité AEEM a été clair : « On ne peut pas les forcer et ceux qui sont confrontés à des difficultés financières pour leur déplacement, il faut leur trouver des moyens pour leur permettre de rejoindre leur famille ». À l’en croire, le CENOU était disponible à cette proposition.

Aux dires de M. Niangaly, aucun groupe d’étudiants ne s’est présenté à son bureau ou à ses membres pour une quelconque difficulté de déplacement liée à cette fermeture des campus.

« Bien vrai que la bourse ne soit pas un droit, mais une aide sociale », précise Amadou Traoré, le CENOU s’active déjà à mettre à la disposition des étudiants leurs bourses. Cela, même si les universités restent fermées pour le reste de l’année.

Rappelons qu’à ce jour, au Mali, une trentaine de cas de Coronavirus sont confirmés avec quelques cas de décès.

Fousseni Togola

Source : LE PAYS