Rapport de la GCPEA sur les attaques contre des écoles: le Mali parmi les pays ayant enregistré le fort taux d’incidences

La Coalition mondiale pour la protection de l’éducation (GCPEA), antenne du Mali, a rendu public son rapport le vendredi 17 juin sur les attaques contre les écoles. Dans ce document, l’organisation alerte sur les effets néfastes de ces actes contre le système éducatif surtout qu’en 2020 et 2021, le Mali figure parmi les quatre pays qui ont enregistré les incidences les plus élevées d’attaques contre des écoles.

 

La représentation de ce rapport d’enquêtes a eu lieu en présence des acteurs et des partenaires du système éducatif malien et de la protection des droits des enfants dont Save The Children, le Parlement des enfants, World Vision…

Présidant la cérémonie, le directeur de développement du programme de Save The Children, Souleymane TOURE, dans ses mots de bienvenue, a indiqué que la présentation de ce rapport consiste à exhorter les décideurs et tous les autres acteurs de l’éducation au Mali pour œuvrer ensemble contre les attaques des écoles et universités à travers une mise en œuvre efficiente de la déclaration sur la sécurité dans les écoles maliennes.

La Coalition mondiale pour la protection de l’éducation (GCPEA) créée en 2010 par des organisations appartenant aux domaines de l’éducation dans les situations d’urgence et dans les contextes affectés par des conflits étaient préoccupées par les attaques persistantes contre les établissements d’enseignement, leurs élèves et leur personnel dans les pays affectés par les conflits et l’insécurité.

A cet effet, elle documente les attaques contre les écoles. Le rapport présenté ce jour rapporte des constats alarmants contre les établissements d’enseignement, les élèves et le personnel scolaire.

Le document précise, en général, que les attaques contre l’éducation et l’utilisation militaire des écoles avaient augmenté d’un tiers en 2020 par rapport à 2019, et sont restées au même rythme en 2021.

« En 2020 et 2021, les incidences les plus élevées d’attaques contre des écoles ont été enregistrées au Mali, en République démocratique du Congo (RDC), au Myanmar et en Palestine », relève le rapport du GCPA-Mali soulignant que lors de ces attaques des filles et des femmes auraient été ciblées en raison de leur genre dans au moins 11 pays.

Le conflit au Mali a entraîné l’augmentation des besoins humanitaires, en plus de la situation de l’école qu’il a contribué à dégrader. Si le pays compte de plus 7 millions d’individus qui ont besoin de l’assistance humanitaire, il y a plus de 1 664 écoles fermées en raison de l’insécurité, affectant 499 200 enfants.

« Les régions les plus touchées par les fermetures d’écoles étaient la région de Mopti, où 44% des écoles n’étaient pas opérationnelles en août 2021, Ménaka, Kidal, Gao et Tombouctou », affirme le rapport.

Au-delà des élèves, des enseignants et le personnel scolaire ne sont pas restés en marge des conséquences de ces attaques.

Ainsi, entre 2020 et 2021, le GCPEA a identifié au moins 18 incidents contre ceux-ci, à travers les médias et des organisations internationales.

Les taux de signalements d’incidents sur cette violation ont légèrement augmenté par rapport aux années précédentes : GCPEA a identifié au moins trois de ces attaques en 2019 et quatre en 2018. Toujours en 2018, l’ONU a vérifié qu’au moins 40 écoles ont fermé après que des groupes armés ont directement menacé les enseignants.

La GCPEA indique aussi dans son rapport avoir recueilli 04 cas d’utilisation militaire vérifiés par l’ONU entre 2020-2021. Souvent, les écoles sont utilisées par les groupes armés et des chasseurs Dozo à d’autres fins.

« La GCPEA a recueilli des preuves anecdotiques selon lesquelles le recrutement réel ou menace d’enfants dans les écoles, ou en route vers ou depuis l’école, s’est produit au Mali », affirme le rapport.

Des recommandations fortes ont été formulées par le rapport. Il s’agit d’adopter l’avant-proposition de loi portant protection des écoles pendant les conflits armés en République du Mali initiée par le comité national SSD depuis 2021; disséminer la déclaration sur la sécurité dans les écoles; surveiller et signaler les attaques contre l’éducation à travers le renforcement des capacités des acteurs institutionnels et communautaires sur le MRM ; renforcer les offres d’éducation alternatives pour garantir l’accès au plus grand nombre d’enfants affectés par les conflits.

PAR SIKOU BAH

Source : Info-Matin

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