L’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB) et l’Université des lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB) en co-diplomation avec l’entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes Mali) et le Projet de renforcement des capacités des organisations féminines du Mali (RECOFEM) ont procédé hier au lancement officiel d’un master genre et développement. C’était au nouveau bloc du rectorat de l’USJPB sur la colline de Badalabougou. « Genre et développement, les Universités s’engagent », était le slogan de l’évènement. Logé à la Faculté des sciences administratives et politiques (FSAP) de l’USJPB à Sogoniko, le nouveau master genre et développement est le fruit d’un partenariat tripartite réunissant l’USJPB, l’ULSHB et ONU-Femmes.


La nouvelle filière se propose d’apporter une analyse approfondie des modes d’intervention de l’état et des collectivités ainsi que les institutions supranationales (Uemoa, Cedeao, UA, EU et ONU) sur les inégalités entre femmes et hommes.

Le master accompagne l’étudiant dans la maîtrise du contexte institutionnel de l’action publique. Il le forme aux outils d’intervention en faveur de l’égalité et de la lutte contre les discriminations dans tous les domaines des politiques sociales (éducation, emploi, santé, économie et sexualité). La formation entend aussi renforcer les compétences de l’étudiant dans la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques du point de vue de la promotion du genre, du développement et des droits de l’Homme. Si le genre figure dans l’offre de formation des institutions publiques d’enseignement supérieur sous forme de chapitre, sa prise en compte constitue une innovation pédagogique. La formation dans le master vise à doter notre pays et d’autres de la sous-région de ressources humaines compétentes en matière de genre. Les titulaires d’une maîtrise ou d’une licence en LMD sont visés par le master genre et développement.
Outre le genre, les droits de l’Homme, le droit international humanitaire (DIH), le droit international du développement (DID), le droit de la famille, les droits matrimoniaux, de succession, les libéralités, la santé de la reproduction sont les principales disciplines enseignées pour obtenir ce master. à ces disciplines s’ajoutent la gestion des ressources humaines, la communication, la méthodologie de recherche en sciences sociales, la gestion des conflits, de projets, d’entreprise, l’informatique et la comptabilité générale.

Les frais de dossiers sont fixés à 10.000 Fcfa, tandis que le coût de la formation est arrêté à 500.000 Fcfa. Le recteur de l’Université des sciences juridiques et politiques, Pr Moussa Djiré, a précisé que la création du master fait partie des initiatives novatrices des Universités publiques résolument tournées vers l’avenir. Ces Universités continuent d’investir dans l’amélioration de leurs offres de formation afin de les maintenir à l’avant-garde de la satisfaction des besoins du pays en cadres.
La représentante de ONU-Femmes Mme Karin Grimm a rappelé que son organisation a pour mandat d’œuvrer à la prise en compte du genre à tous les niveaux et d’assurer l’autonomisation des femmes. Cette mission demande une implication et un engagement sans faille de nos institutions et de notre société afin d’y parvenir. Quant au secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Drissa Diallo, il a rappelé que le gouvernement a entrepris depuis quelques années le chantier de reforme de l’enseignement supérieur. Cette réforme a abouti à l’adoption d’une politique nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. La reforme met l’accent sur la nécessité d’une adéquation formation-emploi pour une meilleure insertion des diplômés. Pour répondre à cet impératif, a expliqué le secrétaire général, l’USJPB a inscrit dans l’axe premier de son plan stratégique de développement, la diversification, la professionnalisation et la modernisation de ses offres de formation.
Sidi Y. WAGUÉ

Source: Journal l’Essor-Mali