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Utilisation des langues nationales à l’école: le projet SIRA fait le bilan à mi-parcours

Les acteurs du projet Mali SIRA ont organisé une journée porte ouverte à la presse. L’objectif était de présenter aux hommes de média les résultats du projet à mi-parcours. La journée porte ouverte a eu lieu, ce mardi, dans les locaux du projet à l’Hamdallaye ACI. C’était en présence de Dr Amidou Issoufi Maïga, Conseiller Technique du ministre de l’Education, chargé de l’enseignement fondamental.

 – Lancé en 2016 pour cinq ans, le projet USAID/Mali SIRA vient en appui à l’amélioration de l’enseignement-apprentissage de la lecture, de la lecture-apprentissage en Bamanankan. Il est destiné aux élèves de 1ère et 2ème années des écoles publiques, communautaires et medersas. Actuellement, le projet est mis en œuvre dans trois régions, à savoir: Koulikoro, Sikasso  et Ségou et dans le district de Bamako. A en croire, les responsables du projet, des résultats réels ont été observés chez les 300 000 élèves qui ont bénéficié de cet enseignement bilingue. Chiffres à l’appui, ils ont exposé les résultats acquis aux journalistes.

Selon Youssouf Mohamed Haïdara, coordinateur de formation, apprendre en langue nationale dès la 1ère année a des impacts sur l’enfant. Ainsi, explique l’expert, l’enfant comprend ce qui lui est expliqué; il s’exprime librement et participe plus activement; il  se sent à l’aise pour la culture et dans son environnement; il acquiert des compétences qui facilitent l’apprentissage du français; il est plus motivé et a moins de chance de décrocher de l’école. Pour montrer l’amélioration du niveau des élèves, les acteurs du projet SIRA, ont comparé des données recueillies avant et après le projet. Il ressort d’une évaluation en 2009 qu’à la fin de la 2e année, entre 83% et 95% de 2 820 élèves n’ont pu lire un seul mot d’un texte approprié. En 2017, une nouvelle évaluation révèle que seulement 8,1% des élèves n’ont pu lire un seul mot du texte. Mieux, il s’agissait cette fois des élèves de la 1ère année.

La préoccupation des journalistes était sur la question du transfert de connaissance. Comment des élèves qui débutent en langues nationales s’adaptent au français. Et surtout peuvent-ils réussir au Diplôme d’Etude en Fondamentale (DEF) qui est en français?

Selon Sylvaine Von Mende, la spécialiste en pédagogie du projet Mali SIRA, la question du transfert est un « faux problème». A supposer que vous avez 1 million FCFA sur votre compte BMS que vous voulez transférer dans votre compte BDM. Il n’aura pas de problème. Mais si vous n’avez rien sur votre compte, vous ne pouvez rien transférer. C’est le même mécanisme que dans l’enseignement bilingue pratiqué par Mali SIRA, schématise-t-elle.

Mamadou TOGOLA

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