Dans deux mois Monsieur Zacharia Dembélé Directeur de l’académie d’Enseignement de Ségou, affectueusement appelé Zaki fera valoir ses droits à la retraite après une carrière professionnelle très expressive. Il faut rendre grâce à Dieu qui a voulu que ce moment tant envié soit. Le souhait de tout travailleur, c’est de pouvoir bénéficier de la retraite dans les meilleures conditions de santé, de sérénité sans dommage pour soi et pour les autres.

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C’est aussi l’expression du devoir accompli, la fierté que l’on éprouve pour avoir donné à l’Etat, à la nation malienne son dû. Quel plaisir l’on éprouve en regardant tous ses anciens collaborateurs dans les yeux et ce, sans complexe parce que l’on aurait tout partagé avec eux dans  les moments les plus difficiles, dans la fraternité et dans une sorte d’amour réciproque. Zacharia Dembélé, ce professeur de russe, chevronné à la tâche a réussi grâce à son professionnalisme et à sa pédagogie d’approche à avoir un impact fécond sur tous les élèves qu’il a eus à enseigner. L’autorité étant l’une des premières qualités de l’enseignant, il l’incarne : consigne aussi d’une éducation familiale exigeante. Puisque l’école est un tout, il a su tisser avec tous ses camarades professeurs les relations les meilleures de cordialité, de solidarité et d’assistance mutuelle. Ses supérieurs hiérarchiques ont toujours placé en lui leur confiance à cause de sa droiture et son dévouement. Altruiste, il l’est parce que dans sa longue carrière, voici un homme qui a su se dépenser pour les autres. Même avec la retraite, voici une qualité qui lui restera collée étant entendu que pour lui, cela est une vocation et un devoir. Agissant en homme averti, il a toujours mis le pied là où il fallait le mettre. C’est l’expérience, une expérience basée sur quatre assises : l’engagement du russe, l’intelligence du français, le franc parler du bamanan et la méfiance du minianka.

Animé toujours par le souci d’être au service de la nation, défenseur des causes justes, il est l’un des animateurs du mouvement démocratique et de l’Adema association dans la cité des balanzans. A l’Adema parti politique il est élu secrétaire général de la section de Ségou. Il s’acquitte de cette fonction avec honneur et dignité et fait de l’Adema un parti d’avant- garde. Grâce  à sa capacité d’analyse et à son self contrôle, il parvient avec certains de ses pairs à déjouer les pièges et les soubresauts de certains politiciens opposés au pouvoir d’Alpha Oumar Konaré et Ibrahim Boubacar Keita. La baraka aidant et avec la bénédiction des parents, il a échappé in extremis et sa voiture en a fait les frais. Ce qui lui a valu le qualificatif d’être un fonceur infatigable. Pour peu qu’il soit convaincu de la pertinence d’une action à mener, il ira tout droit jusqu’à l’atteinte de l’objectif. Politiquement encore, l’homme n’est pas prétentieux et il a su toujours attendre son heure sans fioriture ni courbette. C’est donc logiquement qu’il sera élu en 2007 en qualité de premier vice-président du haut conseil des collectivités.

Par deux fois, il est nommé DCAP de Ségou. La première fois c’était en remplacement de Monsieur Cheick Boukary Kanté en 2000. La deuxième fois, c’était pour succéder à El Hadji Maiga admis à la retraite en 2010. En ce temps, nombreux étaient ceux qui avaient pensé que ce politicien ne fera pas long feu dans la nouvelle fonction. Erreur d’appréciation parce qu’il aurait fallu se rappeler qu’il est d’abord enseignant. L’innovation qu’il y apportera, c’est l’informatisation, l’immatriculation de tous les élèves. Au fond, cela a permis de mettre fin à une certaine pratique qui ne faisait pas honneur à l’école. Cela a été si bénéfique que même ceux-là qui étaient les plus réticents se sont rendus à l’évidence.

Travailleur infatigable, rompu  à la tâche, apprécié par les plus hautes autorités en charge de l’éducation au Mali, il est nommé directeur de l’académie de Ségou en 2014, prenant ainsi le témoin de  Monsieur Mamadou Sokona muté à Kati. Cela au grand dam de certains qui pensaient que ce poste si stratégique devait être réservé à un des leurs. A l’académie de Ségou, Zaki a su avoir un regard scrutateur sur chacun des travailleurs qui y sont. Il a instauré une collégialité et un esprit d’équipe tel que chacun soit convaincu de la justesse de ce qu’il fait. Il a fait preuve d’autorité sans être arbitraire. L’un de ses mérites, c’est d’avoir mis fin à un certain tripatouillage qui faisait que certains promoteurs d’école percevaient indûment les frais scolaires d’élèves qui n’existaient pas. Le pot aux roses a été découvert et le masque est tombé. N’en déplaise à ceux-là qui pensaient être protégés en haut lieu. Malgré toutes les pressions venues de toutes parts, l’homme est resté égal à lui-même. Aussi, il est reconnu que le Directeur d’académie qu’il est, il ne roule pour aucun établissement et est resté égal pour tous. Contrairement à d’autres qui en ont fait un trafic de tous genres.

Il est clair que quel que soit le mérite d’un homme, il ne fera jamais l’unanimité mais referons nous à cette déclaration du fabuliste Jean De La Fontaine «  Est bien fou du cerveau qui prétend contenter son père et tout le monde ».

Comme chaque chose a son temps et qu’il y a un temps pour tout, voilà venue l’heure de la retraite. L’homme ne sera pas facile à remplacer mais la vie, c’est ça aussi.

Non lui souhaitons bon vent dans cette retraite bien mérité. Nous lui souhaitons davantage la santé, la longévité. La promptitude et la disponibilité dont il fait preuve seront toujours un levain  pour répondre à toutes les nombreuses sollicitations. Il y en aura toujours. La valeur et le mérite ne s’effritent pas, ne se fanent pas.

Religieusement parlant, que Dieu soit toujours à ses cotés et lui accorde la longévité.

Abdoulaye Yérélé

 

Source: Ségou Tuyè