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Et si Zegué changeait de fusil d’épaule

Depuis un bon moment un jeune malien occupe la scène médiatique du pays. Il est sur tous les médias. Les réseaux sociaux s’abreuvent à partir des informations le concernant. Chacun y va de sa version, de sa compréhension, et surtout les gens agissent selon leur cœur, comme nous en avons l’habitude dans le pays de Amadou Hampathé Ba.

Ce jeune a fait ses études supérieures en Algérie. Il se présente comme une personne qui nourrit beaucoup d’ambition pour son pays, surtout pour quelqu’un qui veut rehausser l’image d’un pays qui ne brille plus. Il a voulu être candidat au poste de secrétaire général de l’organisation de la Francophonie pour succéder à la canadienne Mickaelle Jean. Il se propose de fournir à l’armée malienne des drones made in Mali.

Mais il affirme et dénonce un manque d’accompagnement des autorités maliennes. Pour Zegue dit Moussa Diarra nos gouvernants n’écoutent pas les voix de l’audace et du progrès. Il pense que l’Etat a refusé de le parrainer dans sa candidature pour le poste de secrétaire général de l’OIF. Surtout il croit que l’Etat ne le suit pas dans sa proposition de construction de drones pour servir l’armée malienne, qui en a pourtant fort besoin en cette période de troubles sécuritaires. Pourquoi ?

Cette question prend ici toute son amplitude. Seulement au Mali nous ne basons pas souvent nos réponses sur des constations, nous nous contentons juste de nous fâcher, et nous sortons des accusations n’importe comment.

Pour la candidature de Zegue, a-t-il réellement observé les enjeux géopolitiques de la période ? Avait-il préparé sérieusement sa candidature ? Avait-il des références concernant le secteur ? Et avait-il la notoriété nécessaire pour prétendre au poste ? Ou voulait-il seulement faire le buzz ?

Nous pensons que le poste de secrétaire général de l’OIF est stratégique, qu’il demande un vécu politique, diplomatique et surtout une certaine notoriété. Il ne suffit pas juste d’être jeune, ambitieux et doté d’un bon diplôme.

Aussi concernant la fabrication des drones pour les FAMA, le pourquoi va prendre encore plus d’ampleur. Des autorités qui ont fait voter des milliards pour renforcer leur armée, dans un pays en crise sécuritaire profonde refuserait pourquoi une telle offre ? Cela étonne. Ou le fournisseur n’a pas donné assez de garanties ou ces autorités ne sont pas pour la paix.

Nous avons toujours entendu la version du jeune fabricant, mais pas celle de nos gouvernants qui doivent, avec tous ces brouhahas médiatiques informer une fois pour toute.
Par ailleurs le jeune Zegue, s’il a réellement une telle technologie, se trouvant dans un pays qui a de grandes difficultés économiques, ne peut-il pas changer son fusil d’épaule ?

Qu’il se trouve des fonds, pour cela il sera vite doté, parce que les investisseurs fleurent vite une bonne opportunité. Une pareille unité de production au Mali sera moins chère que celles se trouvant en Chine, le pays ou les drones des européens sont fabriqués actuellement à cause de sa main d’œuvre moins cher. L’initiative de Zegue, peut même faire sous-traiter la Chine au Mali. L’atout va même croître sachant que tous les pays limitrophes de notre pays ont des besoins de ces engins qui peuvent être utiles pour beaucoup de secteur.

Alors que ce jeune cesse de faire du bruit tel un homme qui veut être juste reconnu, qu’il crée un Mali technologique, et un Mali espoir, il verra, s’il n’est pas un homme vide, que c’est l’Etat qui se plaindra de sa négligence surement.

Macké Diallo

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