La MINUSMA au Mali, c’est la MONUSCO en République Démocratique du Congo, la MINUSCA en République centrafricaine, la MINUK au KOSOVO entre autres opérations de maintien de paix. Donc des forces armées maliennes également dans d’autres pays comme, en ce moment, nous accueillons, côtoyons, et même enterrons des frères africains, des frères en humanité, venus combattre le mal, soutenir nos FAMAs, intercéder entre le mal et nous, chez nous au Mali.

Ils viennent du Tchad, du Burkina Faso, du Sénégal, du Niger, de la Chine ou encore d’Allemagne. Au même moment, des Maliens, nos concitoyens interviennent dans ces autres « opérations de maintien de la paix dirigées par le Département des opérations de paix (DPO). »
La MINUSMA au Mali, c’est l’ONU, une institution et sa bureaucratie mais c’est d’abord et surtout des femmes et des hommes qui s’engagent pour et au nom de la paix. Ils tiennent des armes mais ils construisent également des puits, des écoles, des centres de santé, des marchés pour donner la vie là où la guerre sème la mort.

Après ce choc, ces femmes et hommes s’interrogent. Les Maliens également s’interrogent. Et il faut se poser des questions. D’abord condamner, rejeter cette forme d’expression de la colère pour ensuite comprendre sans chercher à justifier le malaise qui se trouve derrière tout ça.

La MINUSMA est devenue malgré elle-même le souffre-douleur des gens du bien. S’attaquer à la MINUSMA est en passe de devenir un mode d’action pour avertir, mettre en garde. Le camp du mal l’attaque parce que sa présence dérange et empêche de semer la terreur partout et tout le temps. De l’autre côté, elle est devenue la cible à atteindre pour exprimer les colères, les frustrations, un message dont il n’est pas le destinataire.

Il est compréhensible de s’interroger sur l’efficacité de la MINUSMA mais sa présence est nécessaire. Et elle ne peut donner que ce qu’elle a. Notre humanité nous oblige à réserver un autre traitement à la MINUSMA que l’attaquer comme le fait déjà le camp du mal.

Ce qui ne nous empêche pas de critiquer la MINUSMA, d’exiger l’efficacité dans sa mission, des résultats dans ses opérations. Le Mali ne vit pas en dehors du monde. Le Mali a donné au monde. Et le Mali doit recevoir du monde. Et cette œuvre de pédagogie est désormais nécessaire dans ce environnement instable. Entendre les Maliens, les écouter et apporter les réponses. Comprendre la MINUSMA, l’accompagner dans ses missions.

Affaiblir davantage la MINUSMA n’est en aucun cas renforcer le Mali dans cette crise.

Dr Étienne Fakaba Sissoko

Source: Page Facebook le Figaro du Mali