Le royaume bambara de Ségou naquit dans la deuxième moitié du 17ème siècle. Il se caractérisait par une structure militaire qui correspondait aux nécessités de son temps et constituée de »après le modèle communautaire d’une association villageoise.

 

Mamary Biton Coulibaly fut vraisemblablement le fondateur de ce royaume. Biton et ses successeurs dans leur lignée gardèrent le pouvoir jusqu’en 1730. Après une période courte de règne par différents chefs de la ton,, N’golo Diarra prenait le pouvoir vers 1750.

Le royaume bambara de Ségou gagna sa plus grande extension sous le règne de N’golo Diarra. Il s’étendait le long du cours moyen du fleuve Niger et renfermait Kangaba dans le Sud-Ouest jusqu’à à Tombouctou.

Le siège des rois bambara qui exercèrent leurs fonctions de chef guerrier, chef de ton, et chefs religieux fut Ségou-coura situé en amont de la ville de Ségou.

Avec l’ascension de N’golo Diarra, la résidence royale fut transférée à Ségou-sikoro d’où la ville actuelle de Ségou se développa.

On construisit le palais royal à l’endroit occupé actuellement par le quartier commercial.le palais, ainsi que les autres parties de la ville étaient fortifiées avec de grands murs en banco. Une protection supplémentaire était faite par l’existence des villages fortifiés dans les environs de la ville, parmi les quels figuraient les villages de pelengana, Sidi-Sonikoura et Ségou-coura.

Le caractère économique de la ville n’a pas changé après après sa conquête par les troupes de El Hadj Oumar Tall en 1862.

La population était essentiellement composée de bambara, de peuls, de somonos, et de bozos. les principaux quartiers étaient, alors les quartiers Somono et Ségou-coura.

La ville fut conquise en avril 1890 par les troupes par les troupes françaises. On assista alors à la naissance de nouveaux quartiers tels que : Sokalakono,, Bananissabakoro, Bougoufiè, Quartier Commercial, Alamissani et le Quartier Administratif.

Les quartiers comme Médine, Darsalam, Hamdallaye (ancien Magendie) ne virent le jour que vers les dernières années de la période coloniale.

Après l’indépendance en 1960 cette expansion urbaine se poursuivra.on assista alors à la création de quartiers et secteurs tels que : l’hippodrome, Darsalam-Sud, Pelengana,Bagadadji, Médine-Sud, Hamdallaye extension et Bougoufiè-Est et Ouest.

ÉVOLUTION ET OCCUPATION DE LA VILLE DE SÉGOU :

Ségou en tant que cité est une création de N’golo Diarra (1766-1787). Pour se soustraire du climat de complot qui hantait Sekoro depuis la disparition de Biton en 1755. N’golo Diarra,une fois au pouvoir décida de créer de toute pièce une nouvelle capitale. il fut aidé à cette tâche par deux hommes ; l’ancêtre des Djiré Soumana Djiré et un chasseur Kounloumba Dembélé, d’ethnie Minianka venant de Kentieri, village situé non loin de M’bessoba. Une fois le site identifié, N’golo se serait exprimé en ces termes : « nka se bè ku yan, sido ni balanzan de kônô » ( mon pouvoir peut tenir dans cette forêt de karité et d’accacia albida ).

La ville né sous N’golo Diarra, subira sur le plan architectural et urbanistique quatre influences : celle du royaume bambara ( 1710-1861), celle de la période des toucouleurs ( 1861-1899), celle de la colonisation française (1890-1960) et enfin celle des indépendances.

Au temps du royaume bamana, la ville était peuplée lors du passage de Mongo Park d’environ 30000 habitants et composée de trois quartiers séparés par des tatas ou muraille de protection. Ces quartiers sont:

-Bougoufiè à l’Ouest,
-la vieille ville au centre,
-le quartier Somono à l’Est.

Les habitations étaient en banco avec terrasse du même matériau et les ruelles tortueuses à l’intérieur du Tata, caractéristique des villes soudanaises.

En période Toucouleurs, la ville n’a pas fondamentalement changé. Les Toucouleurs cohabitaient avec les bamanas dans la vieille ville. On assista à l’apparition sur le plan architectural de maison à étages toujours en banco.

Les villages de Sebougou, Ségou-coura, Pelengana, Sidi-Sonikoura, Bada-Sonikoura existaient.

Durant la période coloniale, la ville a subi beaucoup de changements sur le plan urbanistique et architectural avec les premiers lotissements et le style architectural soudano-sahelien. En 1895, fut créé le premier quartier tramé qui est la mission aux alentours de l’église. En 1897, on assista à l’implantation du camp militaire et du quartier administratif avec la construction des douze pavillons de l’Office du Niger qui durera jusqu’en 1947. En 1929, eut lieu la restructuration des quartiers Somono, Alamissani, Bougoufiè, et le Quartier Commercial. En 1946, fut créé le quartier’Magendie’ du nom d’un colon, actuellement Hamdallaye. En 1953, on assista à l’implantation du lotissement du quartier « Béraud » du nom d’un colon, actuel Darsalam avec des rues très larges.

En résumé la période a vu naître les 1er, 2ème, 3ème et 4ème quartiers, la Mission, Magendie, Béraud et les quartiers administratif et commercial.

Les bâtiments construits dans les quartiers administratif et commercial sont en dur avec toitures en terrasse ou en tôle.
Pendant la période coloniale fut exécuté le lotissement de Médine et les autorités de la première République rebaptisent les quartiers coloniaux comme suit :

Le premier quartier devient Bananissabakoro
Le deuxième quartier devient Sokalakono
Le troisième quartier devient Bougoufiè
Le quatrième quartier devient Alamissani
Le quartier Magendie devient Hamdallaye
Le quartier Béraud devient Darsalam mais les rues larges seront réduites en 1974 par la délégation spéciale.
Le village de Ségou-coura fut loti et intégré à la ville de Ségou comme quartier.
En 1967, on assista à la création du complexe textile de la compagnie malienne de textile, COMATEX avec sa cité ouvrière.

De 1960 à 1986 ont eu lieu :

L’extension de Médine en 1974 qui prendra le nom de Missira sous la 3ème République.
Le lotissement de Bagadadji en 1974
Le lotissement de la zone de petites industries et de la zone des garages en 1979
Les lotissements d’extension de Darsalam et de Hamdallaye
Le lotissement des zones industrielles un et deux et du lazaret
Les lotissements d’enclavement du village de pelengana en 1979 et en 1984.

De 1987 à 2005, date d’approbation du schéma directeur et d’urbanisme ( 1986) ont lieu :

En 1987, le lotissement du site de l’aéroport qui fut baptisé Angoulême
En 1988, le lotissement de la zone industrielle
En 1994, le deuxième lotissement de l’ex aviation et les lotissements de Sidi-Sonikoura et de la zone de bienfaisance au bord du fleuve, du côté de Sebougou.
En 1995, le lotissement de Pelengana Nord-Est et Sud-Est et celui de Sebougou.
En 1996, le lotissement de la zone des bureaux
En 1999, l’extension Ouest de Sebougou
En 2000, l’extension Sud de Pelengana et bande de 100m de Pelengana
En 2001, la création des deux villages Can
En 2003 et 2004, l’extension Sud de Bagadadji
En 2005, la réalisation des logements sociaux.

Les extensions ainsi opérées ont consommé près de 900 hectares sur une prévision de 1148 hectares.

Douba Dembélé chargé de communication à la mairie urbaine de Ségou.

Malivox