Cour d’assises : L’ex-maire de Baguinéda à la barre pour atteinte aux biens publics

Au deuxième jour des travaux de la présente session spéciale de la Cour d’assises sur les infractions économiques, les jurés avaient sous la main un dossier d’atteinte aux biens publics incriminant l’ex-maire de Baguinéda, Salia Diarra et ses complices Daouda Cissé, régisseur des dépenses, Yaya Traoré, régisseur des recettes, le 3è adjoint au maire Mahamadou Samaké et le conseiller municipal Mamadou Synayogo.

 

Ils étaient au total cinq accusés à comparaître à la barre en présence d’une trentaine de témoins. Il leur était reproché d’atteinte aux biens publics par le détournement de plus de 233 millions de Fcfa et de plus 221,6 millions de Fcfa représentant respectivement les montants perçus au titre de la taxe d’abattage pour les années 2015, 2016 et 2017 et au titre des certificats sanitaires pour la même période au préjudice de la Commune rurale de Baguinéda-Camp.

Courant 2018 et suite à une saisine d’un citoyen de la municipalité, le Vérificateur général a initié une mission de vérification des opérations de recettes et de dépenses effectuées par la Commune rurale de Baguinéda-Camp portant sur les exercices 2015, 2016 et 2017.

À la suite de cette mission, il a adressé le 23 janvier 2019 au procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la Commune III du District de Bamako, chargé du Pôle économique et financier, un acte de dénonciation à travers lequel il a soumis au procureur de la République dudit tribunal des faits susceptibles de constituer des infractions à la loi pénale pour faux, usage de faux et atteinte aux biens publics.

Ainsi par le soit transmis n°032/PRB-CIII-PEF-BKO du 6 février 2019, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de la Commune III du District de Bamako a saisi la brigade économique et financière compétente pour mener des enquêtes à l’issue desquelles une information a été ouverte contre l’ancien maire Salia Diarra et ses complices.

À l’audience d’hier, la lecture de l’arrêt de renvoi d’une quinzaine de pages a pris une vingtaine de minutes par la greffière chargée de cet exercice. D’entrée de jeu, le président de la Cour a rappelé les faits de détournement d’argent et de complicité reprochés aux mis en cause.

L’ex maire Salia Diarra a été le premier à passer à la barre assisté de deux avocats. Tout de bleu vêtu en boubou, l’édile a nié en bloc les faits qui lui sont reprochés. Pour se justifier, Salia Diarra a déclaré n’avoir pas été au courant des malversations dont il est question au moment des faits.

À l’en croire, il se limitait juste à signer les documents qu’on lui apportait. Concernant les frais d’autorisations de construire, il a affirmé n’avoir été aucunement au courant d’une situation se rapportant à ce fait.

Quant à la somme décaissée pour l’achat fictif, comme cela ressort du dossier d’accusation, le maire a justifié par l’achat de pièces de véhicules de la mairie, sans donner plus de détails. Pour les 300 millions disparus des caisses de la mairie, il dira que cet argent avait été utilisé pour mettre des populations déguerpies dans leurs droits.

Pour ce qui concerne les fameux frais d’édilité dont le montant a été estimée à plus de 197 millions de Fcfa,le mis en cause a déclaré n’avoir pas la situation. Il a préféré se décharger sur le régisseur des dépenses qui, selon lui, pouvait donner des explications claires à la cour. à une question du président, l’ancien maire a juré n’avoir perçu la moindre somme des populations.

En somme, l’accusé n’a pu clairement expliquer pour convaincre la Cour de sa non culpabilité dans la disparation de ces sommes au moment où lui et ses complices étaient aux affaires. Tantôt il rejette la faute à son régisseur, tantôt il dit tout ignorer.

La Cour, à travers son président, a fait part de son étonnement quant au fait que l’ex-maire Salia Diarra donnait l’impression qu’il ne contrôlait pas ses subordonnés. Pis, il donnait l’impression qu’il ne leur demandait le moindre compte dans leur gestion des affaires de la mairie.Le préfet de Kati et un ancien sous préfet de la ville garnison sont tous passés à la barre pour charger l’ancien maire de Baguinéda. Après trois heures de débats houleux, le président a suspendu l’audience qui reprendra aujourd’hui.

Tamba CAMARA

Source : L’ESSOR

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