Le Projet de Renforcement des Capacités des Organisations Féminines du Mali (RECOFEM) a mené une étude en 2012 sur la problématique du divorce au Mali. L’étude a eu lieu dans les régions de Kayes, Sikasso, Mopti, Gao et dans certaines communes de Bamako. Les enquêteurs ont essayé de déchiffrer les raisons de ce fléau de plus en plus croissant au Mali.

L’étude du Projet de Renforcement des Capacités des Organisations Féminines du Mali (RECOFEM) a été faite entre autres: pour dégager des solutions afin de préserver l’institution du mariage tout en tenant compte des progrès réalisés par la femme malienne; déterminer les facteurs susceptibles d’affecter le mariage au Mali;  analyser la procédure de divorce au regard des textes législatifs et règlementaires; analyser la problématique du divorce en tenant compte de l’influence de l’environnement socioculturel de l’intérieur et de l’extérieur du pays; déterminer les statistiques du divorce dans les différentes zones d’enquête…

Il ressort de l’étude que l’augmentation du divorce n’est pas l’apanage du seul Mali. En Tunisie, par exemple, le journal Assabah cite une étude du Ministère tunisien de la Femme et de la Famille selon laquelle «le nombre de divorces enregistrés en 2008 a atteint 9 127 contre 16 000 mariages conclus la même année». Au Mali, le cadre de vie des époux compte beaucoup dans l’augmentation du nombre de divorce. Cet environnement «favorise les conflits dont la gestion patriarcale se fait au détriment des intérêts de la femme», révèle l’étude sur la problématique du divorce. Le témoignage d’A T rapporté dans l’étude est une illustration parfaite de cette situation. Divorcée après 10 mois de mariage, la jeune femme de 22 ans, en Commune 6, explique comment un repas pour le jeun de ramadan, lui a valu d’être battu à sang et renvoyé chez ses parents. Tout simplement parce que sa belle-mère voulait un repas préparé tôt le matin et non la veille.

 

«Entre 2009 et 2010, le nombre de personnes divorcées est passé de 852 à 1128, soit une augmentation de 24,46%», indique l’étude. Les causes de ces divorces sont nombreuses et diversifiées d’une localité à une autre. Dans toute les zones d’enquête, des injures graves sont présentes dans 100% des cas de divorces. Dans les communes de Bamako, les coups et blessures et l’adultère sont présents dans 80% des cas de divorce. Aussi, l’alcoolisme, la drogue, l’insuffisance ou refus de contribution aux dépenses, le non-paiement de la dot à la date prévue, l’impossibilité du conjoint de satisfaire les obligations conjugales, la polygamie sont des causes de divorces non moins importantes au Mali.

«Le divorce ne se limite pas qu’aux conjoints», assure l’étude. Il anéantit les efforts entrepris au plan personnel et familial. Le phénomène a des répercussions graves sur la société du fait qu’il déstabilise les relations nouées à travers le mariage. De nos jours le taux du divorce ne cesse d’augmenter à Bamako. En 2017, le Tribunal de grande instance de la Commune a enregistré 422 divorces. Dans un tel contexte, indique l’étude, il revient à chaque individu, quel que soit la place qu’il occupe et la responsabilité qu’il assume, de s’investir pour l’émergence de vraies valeurs qui transcendent les stéréotypes et garantissent plus de justice sociale.

Source: JSTM