Fait divers : L’avocat du diable

Il tenait tellement à assurer la défense d’une fautive qu’il a commis l’irréparable, au prix de sa liberté

Les hommes du commissaire divisionnaire Amara Doumbia en charge du commissariat de police de Kalaban-Coro Koulouba, viennent de mettre hors d’état de nuire SD, un jeune homme plus connu sous le sinistre sobriquet de « Serpent ». Ce trentenaire est suspecté d’avoir poignardé à mort KD à la suite d’une banale dispute dans laquelle il n’y était pourtant pour rien. Cette sordide histoire s’est passée le 10 mai dernier dans un coin de rue du quartier, dans la banlieue de Bamako.

Selon nos sources, cette sale histoire serait partie d’une jeune femme que nous désignons par Y. Peu de temps avant le malheureux incident qui a coûté la vie à KD, la jeune femme en question était en train de pourchasser une autre jeune femme dans la rue. Elle n’est pas parvenue à lui mettre la main dessus. Lasse de la poursuivre au pas de course, Y se baissa pour ramasser un gros caillou par terre. Puis, très furieuse, elle le lança en direction de celle qu’elle pourchassait. Mais le caillou qu’elle a jeté n’a pu atteindre sa cible. Par malheur, le projectile est allé malencontreusement cogner KD, la future victime de « Serpent ».

Surpris d’avoir été atteint par un caillou à un moment où il ne s’y attendait pas du tout, KD a immédiatement piqué une colère indescriptible. Le jeune homme extrêmement courroucé d’avoir été cogné par un objet blessant a voulu corriger la jeune femme auteure du jet de caillou. S’il faut croire nos sources, il aurait tout simplement fait une sévère mise en garde verbale à la fautive. Dans d’autres situations, les choses allaient s’arrêter là. Mais dans le cas présent, c’était tout le contraire. Au lieu de présenter ses excuses à sa victime, la jeune femme n’était pas contente des réprimandes qu’elle venait de recevoir de la part de sa victime.

Comme toute réponse, elle aurait proféré des injures graves à l’endroit du bonhomme. Cela en rajouta à la colère de celui-ci. Il a vu en cette attitude de la jeune femme comme de l’arrogance pure et simple. C’était suffisant pour que les choses dégénèrent et prennent une proportion à laquelle nul ne s’attendait sur place. Et c’était également suffisant pour que le surnommé « Serpent » se mêle de la danse. Pis, sans chercher à comprendre, il a pris la défense de la fautive. Une vive altercation éclata alors entre les deux hommes. La jeune femme qui a occasionné tout cela était là en spectatrice de la scène, comme si de rien n’était.

La suite est une scène classique. Les injures fusaient des deux côtés entre les deux protagonistes. Cela attira quelques curieux de passage. Certains de ceux -là tentèrent d’intervenir pour faire raisonner les deux hommes. Dans la cohue ambiante, « Serpent » a plongé sa main sous son vêtement. Il en ressortit un couteau. Le temps que son adversaire ne réalise ses intentions, d’un tour de bras, il l’a poignardé à la gorge. Le malheureux s’est écroulé alors que le sang jaillissait abondamment. Les événements ont pris une autre tournure dramatique à l’étonnement général. Dans la foulée, un témoin de cette macabre scène s’empressa pour informer les parents de la victime de ce qui venait de se passer dans la rue, non loin d’un bar-restaurant bien connu dans le quartier.

En quelques minutes, la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre dans le secteur. Les familles des deux protagonistes en seront informées.

Les policiers le seront également. Quelques éléments de l’unité de recherche du commissariat de police, conduits par son chef, le capitaine Aboubacar Traoré ont rapidement rallié les lieux. Histoire de constater et d’ouvrir leurs enquêtes. Entre-temps, le suspect est vite entré dans le bar-restaurant. Il s’arrangea à cacher l’arme du crime sous les fleurs. à l’arrivée des limiers, ces derniers ont mis les lieux sens dessous-dessus. Ils finiront par retrouver le couteau avec lequel le suspect s’est servi pour commettre son acte. Dans les minutes qui ont suivi, les agents de la protection civile ont été alertés pour évacuer le jeune homme presque agonisant aux urgences du CHU Gabriel Touré. Malheureusement KD avait perdu beaucoup de sang. Et son décès a été constaté à son arrivée à l’hôpital.

SD alias « Serpent » est interpellé par les policiers et conduit au commissariat. Interrogé, il a fondu en larmes avant d’avouer qu’il a agi sous l’effet de l’alcool sans le savoir. Puis, il s’est défendu mordicus qu’il n’avait aucune intention d’ôter la vie à son adversaire. Ce justificatif n’aura pas de chance auprès des officiers de police judicaire. Ces derniers ont diligenté son dossier pour l’envoyer chez le procureur du Tribunal de grande instance de la Commune V du District de Bamako. Très rapidement, il a été placé sous mandat de dépôt et conduit à la Maison centrale d’arrêt.

Yaya DIAKITÉ

 

LE LOUP SOLITAIRE

Avec le choix féminin de ses victimes, le quadragénaire voulait profiter au maximum de ces actes dans sa zone d’opération. La multiplication des plaintes l’a finalement fait perdre

Il a dépassé la quarantaine et est père de trois enfants. Nous le désignerons par son initiale M, alors que ses victimes préfèrent le désigner par le sobriquet « Bécétigui ». Traduisez par « l’homme à la machette ». C’est cet homme qui vient de tomber entre les mains des éléments de la commissaire principale Fanta Goïta en charge du commissariat de police du 16è arrondissement. à Sotuba, Moribabougou, Titibougou et autres quartiers du même type à la périphérie-Est de Bamako, où il opérait généralement, l’évocation de son seul surnom était source de panique chez les populations. La cause. Cet individu est connu pour être un méchant loup solitaire toujours armé de machette et de fusil de fabrication artisanale. Malheur à ceux qui se hasardaient à se retrouver seuls dans les environs de l’IER (Institut d’économie rurale) sis aux confins du quartier Sotuba. Un endroit qu’il avait choisi, en parallèle des autres, comme terrain de chasse préféré. Et où, à certaines heures de la nuit, il attaquait et violait ses victimes pour la plupart des femmes, sous la menace de ses armes.

Ce n’est pas un hasard lorsque « Bécétigui » a fait le choix de s’attaquer aux femmes. Cela avait deux avantages pour lui. Primo, sous la menace de ses armes, il pouvait les déposséder de leurs sacs à main et ou leurs portefeuilles contenant téléphones portables, argent liquide, bijoux et autres objets de valeur. Secundo, outre le vol de leurs biens, ce bandit de grand chemin n’hésitait point à abuser sexuellement de ses victimes. Un véritable prédateur qui a longtemps perturbé la quiétude des populations (la gente féminine surtout) des secteurs où il sévissait.

Cet homme a vécu ainsi durant plusieurs mois sans être inquiété outre mesure. Même s’il savait qu’il courait le risque d’être pris un jour par la police, il y pensait moins au moment précis où il a été coincé et interpellé. Cela a surtout été motivé par la multiplication des plaintes de ses victimes en son encontre. Selon nos sources, en peu de temps seulement, les plaintes ont fusé de partout. Et curieusement, comme par hasard, tous les plaignants faisaient la même description du même individu ainsi que sa façon de s’en prendre à ses victimes.

Il s’avèrera plus tard que les policiers avaient des preuves irréfutables que ce malfrat avait pris part à de nombreux cas de grand banditisme à travers certains secteurs des quartiers cités plus haut. C’est ainsi que les limiers ont jugé nécessaire d’en finir définitivement avec cette situation dans leur secteur.

Depuis, l’homme était discrètement traqué par la police. Celle-ci exploitait les moindres indices le concernant. Ainsi, il a été coincé et interpellé, fin mai dernier, avec un de ses complices. Conduit au commissariat et auditionné, il a jugé nécessaire de coopérer. Il reconnaîtra sa participation dans de nombreux cas d’agressions et de vol à main armée, voire de meurtre. Ce dernier cas se rapporte à une femme dont le corps inanimé a été retrouvé dans sa voiture en janvier 2019 quelque part dans le secteur où le bandit évoluait.

Par la suite, les enquêteurs ont prouvé que son complice, un recéleur, se chargeait d’écouler les téléphones portables volés hors de Bamako. à la suite de la perquisition de son domicile, les limiers ont mis la main sur un fusil de fabrication artisanale avec six cartouches, une moto Djakarta et trois téléphones portables. Ainsi les preuves semblaient suffisantes pour renvoyer le suspect et son complice chez les juges du tribunal dont le secteur relève.

Tamba CAMARA

Source : L’ESSOR

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