Tombouctou : du simple sexting au revenge porn viral

L’usage à intérêt sexuel des nouvelles technologies a fait naitre une nouvelle forme de pratiques sexuelles à distance : sexting, revenge porn. Mais ces pratiques ne sont pas sans conséquences.

Avec le boom des smartphones et l’accessibilité à l’Internet, une nouvelle façon de faire l’amour expose l’intimité. « Sexting » ou encore « revenge porn », ces expressions vous disent-elles quelque chose ?

Dans son mémoire de Master Le sexting chez les jeunes. Quelles réalités ? (Liège, 2020), Justine Bastin, psychologue clinicienne, définit le sexting comme suit : «  L’envoi de messages textes, photos ou vidéos à caractère sexuellement explicite et suggestif envoyés ou reçus par le biais des nouvelles technologies ».

Cette définition se rapproche de celle de la sextape définie comme « une vidéo érotique ou pornographique amateur destinée à un visionnage privé, et souvent faite par des célébrités qui en sont les protagonistes »..

Ces cinq dernières années, plusieurs célébrités et personnalités maliennes (Etienne Fakaba Sissoko, Mémo All Star, Ras Bath) ont vu leur sextape partagée et dévoilée au grand jour sur les réseaux sociaux, souvent avec des conséquences tragiques pour les femmes qui y apparaissent.

Des histoires populaires de revenge porn

Avant que la Covid-19 ne prenne récemment le dessus dans l’actualité, à Tombouctou, l’un des sujets qui étaient les plus abordés dans les « grins » était  des histoires de sextape, ou encore de revenge porn, c’est-à-dire de vengeance en exposant les images sexuelles d’autrui.

Dans les deux premières vidéos, on peut apercevoir des adultes complètement nus, en plein ébats sexuels. Dans une autre, on peut entendre « Ay bonè » qui signifie « je suis foutue » dans un dialecte « tombouctien » de la langue sonrhaï.

La dernière vidéo, assez choquante, montre des enfants qui ont approximativement 15 et 16 ans, faisant l’amour dans une position que l’on ne prêterait pas à des novices. Par coup de chance, ou alors de manière délibérée, le visage de la jeune fille n’apparait pas. Le visage du jeune garçon, lui, apparaissait bien, souriant.

Selon moi, la fuite de ces vidéos est liée à un esprit de vengeance, ou tout simplement pour faire du mal aux personnes qui y figurent. Malheureusement, dans certains cas, les vidéos sont partagées par un proche ou même par l’un des acteurs.

Pourquoi faire du sexting ? 

En regardant ces vidéos, plusieurs questions nous taraudent. Pourquoi filmer son intimité ? De quel plaisir jouit-on en regardant la nudité de son ou sa partenaire sur un téléphone ? Connaissons-nous les inconvénients de l’envoi d’images à caractère sexuel à sa ou son partenaire ?

Essayons de répondre à ces questions à travers nos interlocuteurs. Lors d’une discussion sur le sujet, devant la boutique d’un ami, j’ai posé des questions furtives à Mimy. D’un ton comique, elle m’a répondu : « D’habitude, ce sont les hommes qui demandent toujours à leurs copines d’envoyer des vidéos ou des photos érotiques qui pourront donner l’impression de faire l’amour ensemble. Oui, je sais qu’il y a un risque avec ces images, mais c’est quelque chose que beaucoup de personnes font. Heureusement pour certaines, ces images n’apparaîtront jamais en public ».

Khalil, un adepte du sexting, confirme les propos de Mimy. Pour lui, la meilleure manière d’être avec sa « go », notamment durant cette période de sémi-confinement pour certains, est de s’envoyer des images sexuelles. « Chaque soir, avant de me coucher, je demande à ma copine de me faire des vidéos d’elle. Ce qu’elle fait sans me poser de question. En retour, moi aussi, j’envoie des images de moi. Ces vidéos, je les conserve dans le coffre-fort de mon phone, sans que personne n’y ait accès ».

« Tout est récupérable »

Alima, quant à elle, m’avoue que c’est elle-même qui envoie ce genre d’images à son homme, sans qu’il ne le lui demande. « Quand je lui envoie des images sexy de moi via WhatsApp, il ne me dit jamais d’arrêter. Donc, je me dis que cela lui plait, et pendant cette période de semi-confinement, ça va l’aider à ne plus se sentir seul. Je sais le danger que je cours en faisant cela. Mais je me dis que c’est mon petit ami, et qu’il ne va jamais oser partager ces images avec d’autres personnes. »

Il est vraiment important de souligner que la pratique du sexting ne concerne pas que les jeunes non-mariés, car il y a aussi des couples mariés accros à cette pratique, surtout si l’un des deux est en voyage.

C’est vrai que la pandémie du coronavirus oblige des gens à vivre séparément, mais cela ne doit pas nous pousser à des pratiques qui pourront nous nuire après. Donc, si le sexting est devenu une drogue pendant cette période de semi-confinement, consommez cette drogue avec modération et faites de telle sorte que vous ne laisserez pas de traces. Car à l’ère de la révolution numérique, tout est récupérable.

 

Source: benbere

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