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Un enfant coûte que coûte

La jeune dame se rend au domicile d’une tradithérapeute pour une prétendue consultation. Elle a saisi l’occasion pour disparaître avec le nourrisson d’autrui. La suite est malheureuse pour elle.

 

Celle que nous désignerons par ses initiales B.T a allègrement franchi le pas qui séparait une consultation médicale d’un vol d’enfant. Ce qui confirme le dicton, selon lequel « l’occasion fait le larron ».

Cette jeune femme d’une vingtaine d’années n’a pas hésité une seconde à s’emparer du nourrisson d’une mère qui venait d’accoucher peu de temps avant. Malheureusement, la maraudeuse n’aura pas la chance de garder cet enfant d’autrui aussi longtemps qu’elle le souhaitait. S’il faut croire nos sources, elle préparait un gros mensonge, « pour faire plaisir à ses beaux parents ». Et en même temps, pour plaire à ceux-ci. Mais la chance n’était pas de son côté ce jour là. Les faits viennent de se passer, il y a quelques jours dans un des secteurs de Kalabancoura en Commune V du district de Bamako. Même si elle le savait, la jeune voleuse d’enfant avait certainement minimisé les conséquences de son acte. Un acte prévu et puni par le code pénal malien avec la prison pour l’auteur, une fois la culpabilité établie.

Nous sommes le 6 janvier dans le secteur de Kalabancoura, où cette histoire rocambolesque s’est passée. KC, la future victime de la voleuse est sortie, son nourrisson sous les bras. Accompagnée de son aide ménagère, elle se rend chez une tradithérapeute du quartier sus-cité, pour une consultation médicale de son nouveau-né. Chez la praticienne, elle a trouvé une longue file d’attente, majoritairement composée de mères de nouveau-nés. Ce qui obligea, selon nos sources, KC, la mère de l’enfant de sexe masculin, a confié son bébé à sa domestique, parce qu’elle aurait des difficultés à attendre dans le rang, le temps d’être reçue par la guérisseuse.

Donc, c’est son aide ménagère qui faisait le rang à sa place. Après avoir remis son bébé à sa bonne, la patronne s’est éloignée. C’est alors que BT, la voleuse (apparemment enceinte) s’est approchée de l’aide ménagère pour mettre son plan de vol en marche. Difficilement, quelqu’un pouvait soupçonner BT de vouloir voler l’enfant. Tout le monde pensait qu’elle était venue aussi pour bénéficier des services de la traditionaliste comme toutes les autres femmes. Erreur. Son plan machiavélique en tête, elle s’est approchée de la bonne qui portait le nourrisson dans ses bras pour mettre son plan à exécution.

Imagination très fertile . Ainsi, elle engagea une conversation avec l’aide ménagère par des mots d’encouragement. Elle en profite pour toucher à l’enfant par des gestes de tendresse comme si elle dorlotait le garçonnet. Lorsque la voleuse a su que la domestique était sur le point d’être conquise, elle passa à la vitesse supérieure en lui tendant un billet de 1000 Fcfa et lui demandant d’aller faire la monnaie. La jeune fille était désormais sous l’emprise de la voleuse. Elle saisit le billet tout en précisant qu’elle était obligée de se déplacer pour chercher la monnaie.

Lorsque l’aide ménagère est partie avec l’argent, elle s’est dirigée vers sa patronne assise non loin. Apparemment, cette dernière suivait la scène sans suspecter rien d’anormal dans le comportement de celle qui sera identifiée plus tard, comme la voleuse de son enfant.

Mais avant de s’éloigner avec le billet d’argent en main, l’aide ménagère avait expliqué à la bienfaitrice inconnue qu’elle allait acheter du beurre de Karité pour avoir facilement la monnaie. La voleuse qui ne cherchait que ce moment inespéré, prit le bébé d’entre les mains de la « Bonne ».BT habillée en « Hidjab » de couleur noire disparaît avec le nourrisson dans le brouhaha ambiant des lieux.

Comme par intuition, la mère de l’enfant a jeté un coup d’œil à l’endroit où la femme en « Hidjab noire » apparemment en état de grossesse, était arrêtée avec son enfant. Surprise désagréable. La mère du garçonnet constate qu’elle n’y était plus. En moins d’une dizaine de minutes, la bouche à oreille a parfaitement bien fonctionné. La nouvelle se répandit dans la foule comme une traînée de

poudre.

Aussitôt, des témoins présents sur place ont engagé des recherches dans les environs immédiats. La promptitude avec laquelle cette recherche a été engagée a porté fruit. Les recherches ont permis de tomber sur la femme en « Hidjab noire » au bord de la route. Elle s’apprêtait à s’engouffrer dans un taxi avec le bébé volé.

C’est en ce moment que BT a commencé à regretter son acte. Le véhicule a été assailli par une foule en colère voulant en découdre avec cette voleuse d’enfant en plein jour. Sur place, des curieux sont parvenus à déceler en elle une fausse grossesse. La suite de cette histoire était facile à comprendre pour les plus alertes des témoins présents.

C’est comme cela que les policiers du 11è arrondissement sont intervenus pour interpeller l’indélicate BT. Peu de temps avant, ils avaient été avisés par la salle de commandement d’un attroupement peu ordinaire à l’endroit cité. Interpellée avec sa fausse grossesse et conduite dans les locaux du commissariat de police, la suspecte a avancé, avec tout le sérieux possible, qu’elle tenait en main un enfant qu’elle a accouché au centre de santé du même secteur. Les policiers entrepris des vérifications qui les ont conduits jusqu’au centre de santé de Banankabougou en Commune VI. Partout où ils se sont transportés, les limiers ont découvert que la jeune fille avait menti. Ils sont allés jusqu’à procéder à un test sanguin. Mais toujours rien. Teigneuse au départ, la suspecte est finalement restée bouche bée sans pouvoir donner la moindre réponse aux questions des policiers qui semblaient beaucoup plus teigneux qu’elle. Leurs enquêtes ont même établi qu’elle donnait l’impression à sa belle famille qu’elle était enceinte, alors qu’il n’en était rien.

Même si certains témoins tentent d’expliquer son geste par le fait qu’elle voulait juste faire plaisir à ses beaux parents. Les policiers, eux, sont restés dans leur logique. Ce n’est pas en s’appropriant d’un enfant d’autrui que l’on doit coûte que coûte faire plaisir à sa belle famille, ont-t-ils rappelé à la voleuse avant d’envoyer son dossier chez le procureur du tribunal de grande instance de la Commune V pour qu’elle réponde de son acte.

Tamba CAMARA

Source: L’Essor

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