Déguerpies de leur maison, les familles victimes de la spéculation foncière à Kabala Sud, extension Nord ne savent plus à quel saint se vouer. Ils dorment désormais devant leur maison comme pour décrier l’injustice dont ils ont été victime. L’Etat doit sévir…

 

Avoir des parcelles peu importe la manière, tel est le crédo des spéculateurs fonciers. Oui des spéculateurs qui sont prêts à dérober les habitants de leur maison. La parcelle N°37 du lotissement de Kabala sud, extension Nord ne fait pas exception à cette règle. En effet, les habitants de la parcelle N°37 du lotissement de Kabala sud, extension Nord viennent d’être expulsés de leur maison.

Rappelons que cette histoire date du 6 août 2019 lorsque, les nommés Mamadou Doucouré (commerçant), Didi Touré (conseil fiscal) et Dahi Abdallahi Chleuh (commerçant), disent avoir disposé d’une parcelle de cinq (05) hectares dans le même voisinage. C’est alors qu’une procédure judiciaire contre Bakary Traoré et sa sœur Aissata Traoré revendiquant la propriété de la parcelle No. 37 vient d’être enclenchée.

Auparavant, le nommé Mamadou Doucouré, commerçant à Bamako, se rendait, depuis 2014, dans les familles environnantes en se faisant passer pour un habitant du secteur. Ce dernier a exprimé son souhait de démarcher l’EDM sa en vue d’électrifier la zone. C’est ainsi qu’il a rassemblé les copies des permis d’occuper et les cartes d’identité de plusieurs propriétaires de maisons.

Une autre manière de créer la confusion

Ces trois hommes expriment avoir des titres fonciers N°. 14556, 14557 et 29785 sur la parcelle No. 37 et qu’ils l’ont acheté avec le fils de Feue Mme Sow Aissata Coulibaly, communément appelée ‘’Madame Propre’’ qui résidait à Badalabougou. Mais en réalité, après plusieurs investigations que les victimes ont menées, il se trouve que les titres fonciers N° 14556, 14557 et 29785 se trouvent sur la parcelle No. 39, qui sont effectivement au nom de Feue Madame Sow Aissata Coulibaly, bien connue dans la zone.

Selon les dires des victimes, plusieurs personnes, dont des notables de Kabala et Kouralé, la chefferie traditionnelle et le gardien engagé par la défunte il y a plusieurs années, ont tous confirmé l’information selon laquelle M. Mamadou Doucouré, Didi Touré et Dahi Abdallahi Chleuh se sont trompés de parcelle ou bien ils font semblant de s’être trompés car la parcelle No.39, dont ils disposent des copies de titres foncier, est aussi habité par plusieurs familles et a fait l’objet de conflit judiciaire qui opposait l’ASECNA et feu Baba Sow, fils de feue Madame Sow Aissata Coulibaly. Les questions qui taraudent les esprits sont relatives au comment les sieurs Mamadou Doucouré, Didi Touré et Dahi Abdallahi Chleuh ont pu déplacer les titres fonciers sur la parcelle No. 37 au lieu de la parcelle N° 39. Est-ce le travail d’un gang organisé de prédateurs fonciers prêts à tout pour déposséder de pauvres citoyens de leurs titres de propriétés délivrés par le préfet de Kati depuis 2007 ? Ont-ils eu le soutien de personnes extérieures au niveau du cercle de Kati ? Comment ont-ils pu avoir le jugement N°. 118 du 1 er mars 2019 du tribunal administratif qui a annulé les permis d’occuper des habitants de la parcelle No. 37, sachant bien que les titres fonciers N° 14556, 14557 et 29785 sont bien sur la parcelle No. 39 et vérifiable sur le plan de la zone au niveau de l’institut géographique du Mali ?

Complicité judiciaire ?

Les habitants de Kabala Sud, Extension Nord dénoncent un vice de procédure, car ils n’ont pas tous été assignés au tribunal pour se défendre et se demandent toujours comment le tribunal de Kati a pu trancher l’affaire avec l’avocat d’un illettré, Bakary Traoré, présenté comme « le représentant » des habitants de la zone, alors que la quasi-totalité des 119 propriétaires de maisons sur la parcelle No. 37 ont déclaré ne même pas connaître le nommé Bakary Traoré.

Selon des sources concordantes, le nommé Mamadou Doucouré n’est pas à son premier essai dans la spéculation foncière. Il aurait récemment séjourné pendant plusieurs mois en prison pour des cas similaires. Il aurait tenté de vendre la maison de son feu père après son décès sans l’avis des autres héritiers pendant que sa mère et sa coépouse observaient la période de veuvage traditionnel dans la même maison familiale.

Pour se défendre, les 119 familles victimes d’expulsion se sont constituées en regroupement et ont engagé un cabinet d’avocats pour défendre leur cause. Ces avocats sont aujourd’hui boutés à plusieurs défis dont la lenteur administrative au niveau de la juridiction, l’influence de certaines mains cachées impliquées dans l’affaire et les actes d’intimidation du commerçant, le nommé Mamadou Doucouré, qui menace les habitants de démolir leurs maisons s’ils ne viennent pas négocier le prix de leurs parcelles qu’il a fixé entre 4.000.000 FCFA et 6.000.000 FCFA.

Cette histoire risque de tourner au drame si les autorités de la région de Koulikoro ne prennent pas vite leurs responsabilités. D’ores et déjà cette affaire a connu une autre tournure. Une autre dame vient de se lancer dans la danse. Elle exprime avoir acheté 3 hectares à Mme Sow Aissata Coulibaly ‘’Mme propre’’ qui serait dans la même zone. Dans les jours à venir celle-ci dira qu’elle viendra faire la délimitation de ces 3 hectares.

Affaire à suivre !

La Sirène