Il est indéniable que la position ambiguë de la France dans le conflit malien qui traduit d’ailleurs la règle bien commune et connue en matière : L’amitié n’existe que par intérêt. En réalité chacun cultive son jardin, dans une telle perspective, il est normal que le grand sauveur d’hier soit la cible des slogans hostiles. C’est pourquoi d’ailleurs, le Président Macron, au regard de la position ambivalente de son pays, devrait accepter la diversité des idées dans nos pays. Il est tout à fait normal que certaines opinons s’expriment et s’opposent comme d’ailleurs bien après l’indépendance par le Président Modibo Keita et ses amis, contre leur présence tout comme aujourd’ui.

 

Autant, les Français ont leurs mots à dire sur la politique de la France, autant les Maliens recouvrent le même droit sur les questions intéressant la nation. Cela s’appelle principe démocratique comme si souvent la France se fait protectrice. Ce qui vaut pour la France vaut pour toute la planète.

La convocation du Président Macron des chefs d’Etat du G5 Sahel est donc maladroite lui qui est si fin tacticien et donneur de leçon. Son appel  sonne comme un appel aux représailles à la manière du roi qui sanctionne son sujet pour ne pas avoir joué le jeu d’une pandya correcte, qui exprimera son mécontentement contre la politique du maitre. Que sa majesté veuille bien comprendre que la démocratie dont il se réclame et si chèrement défendue par Rousseau, Voltaire, Victor Hugo, exige aussi le respect de tout peuple et de son opinion tant à l’endroit de tout Etat, y compris cette France qui a du mal à couper le cordon ombilical avec ses ex-colonies  mais aussi à l’égard de ses propres citoyens pour leur demander parce que faire de la politique, c’est rendre des compte à ceux qui vous ont élus.

S’il n’existe l’once d’un doute à un propos, c’est bien le soutien de plus hauts responsables de l’Etat aux contingents étrangers en tête d’affiche, la force Barkhane. Nos autorités ont été d’un secours indéfectible à la présence des forces étrangères sur notre territoire. Ils l’ont affirmé, réaffirmé à chaque prise de parole de telle sorte qu’à chaque interpellation, la chanson était bien avancée. Par conséquent, quand le président des français demande aux responsables maliens de clarifier leurs positions, c’est un peu saugrenue d’autant plus qu’il existe déjà entre les deux pays, un accord de coopération militaire qui milite en faveur de la présence des troupes françaises sur notre territoire. On ne clarifie que ce n’est pas clair et le même mot peut légitimement être renvoyé à la France : A quoi joue-t-elle ?

Il est clair que les Maliens ne sont pas contre les Français. Notre peuple partage beaucoup d’amitié et de fraternité avec le peuple français. Il est simplement contre le double jeu que mène depuis des lustres en mettant au même rang : un Etat souverain et une rébellion. D’ailleurs, les Maliens sont reconnaissants envers la France pour son intervention du passé ayant permis de stopper l’avancée des jihadistes vers la capitale avec leur intention de faire du Mali, leur prochain califat. François Hollande reçu triomphalement comme Napoléon avait déclaré ce jour, je cite ; « c’était le plus grand jour de ma vie ». Les jours d’avant ce jour-là et les jours d’après, tout le Mali a célébré le décès du chef de bataillon Damien Boiteux. Le VIVE la France était pour cette France qui a permis au pays de récupérer ses grandes régions en l’espace de quelques jours. Mais quand le rêve vire au cauchemar, les slogans virent eux aussi dans l’autre sens.

Du « vive la France » on se retrouve avec le très populaire slogan « à bas la France » justement pour dénoncer l’équivoque consistant à entrer à Kidal sans celui qui est censé être notre ami, qui est sagement resté à la porte pour admirer les alentours. Le très populaire « à bas la France » c’est pour cette France qui peine à porter des coups fatals aux terroristes malgré un dispositif militaire impressionnant. Enfin, le « à bas la France », c’est surtout la volonté des maliens de camoufler leur grande responsabilité dans la tragédie présente en renvoyant tous sur la France. Selon un dicton de chez nous : «Avant de réclamer une aide pour abattre son lion, encore faut-il que tu tiennes sa tête ». Ayons aussi le courage de reconnaitre et d’assumer notre propre responsabilité qui semble si difficile pour le Malien.

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