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LA MENDICITE : Entre culture et business !

La mendicité peut être définie comme l’action de mendier, c’est-à-dire une situation de dépendance qui oblige l’individu à demander l’aumône à ses prochains. Cette pratique, si l’on se place dans une perspective historique, alors on peut avouer sans ambigüité qu’elle ne date pas d’aujourd’hui, même si les mutations auxquelles elle fait l’objet sont multiples. Nulle ne peut ignorer la solidarité mécanique dans le poids du respect de la tradition au Mali, une société qui ne laisse aucune place à l’individu dans la plupart des cas. L’hospitalité, l’entre aide, l’esprit de communauté sont entre autres quelques valeurs sociétales. Les raisons avancées à partir de cette mendicité sont diverses et variées. C’est pourquoi elle est considérée comme un fait culturel par certains et un business par d’autres.

 

D’une part, la mendicité a des raisons socioculturelles. Le Mali est un pays ancré dans la culture et dans les traditions. Il est considéré par beaucoup comme une terre d’accueil et de solidarité. Cette solidarité transmise depuis le bas âge pousse les Maliens et Maliennes à tendre la main à ceux qui sont dans le besoin. C’est à cause de cette tradition laissée par nos grands-parents que les mendiants en toutes circonstances, qu’ils soient vulnérables ou non sont aidés. Il y a aussi dans cette mendicité le poids de la religion. Nos religions monothéistes (Islam et Christianisme) poussent les fidèles à donner l’aumône à ceux qui sont dans le besoin pour avoir plus tard une récompense divine. Dans la société malienne, on a besoin de ces mendiants pour les sacrifices que nous faisons en longueur de journées pour  divers buts. D’autre part, la mendicité devient de plus en plus un véritable business.

C’est une pratique qui existe dans la société malienne depuis le temps des empires en Afrique de l’Ouest. Elle y était pratiquée par des esclaves, les personnes démunies pour pouvoir subvenir à leurs besoins les plus fondamentaux (manger, se vêtir, se loger). Avec l’intronisation de l’Islam dans la société malienne, les parents envoyaient leurs enfants chez les maîtres coraniques pour l’apprentissage du coran. Ces maîtres coraniques n’ayant pas d’autres sources de revenus envoyaient les enfants talibés quémander l’aumône pour qu’ils puissent subvenir économiquement à leurs besoins.

La pratique a malheureusement évolué au fil de l’histoire. Elle s’accentue de plus en plus au vu de tout le monde. La mendicité est considérée de plus en plus comme un métier, un gagne-pain. La situation de pauvreté grandissante dans la société malienne pousse bon nombre de personnes à mendier pour subvenir à leurs besoins de tous les jours. Elle a tendance à être un des métiers qui rapporte le plus au Mali. Elle rapporte énormément à ceux qui s’y adonnent. Ce côté lucratif de la mendicité incite, de nos jours, hommes, femmes, jeunes, enfants, vulnérables ou non à faire de cette pratique leur source de revenus : ce qui est dommageable pour la société malienne. Si des mesures sérieuses ne sont pas prises dans les jours à venir, le Mali risque de voir le nombre de mendiants doublés dans les prochaines années. Ces mesures doivent tenir en compte le droit à l’éducation des enfants innocents délaissés dans les rues.

Hamidou Traoré, contributeur  

Le Pays

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