Lettre à grand-père

Cher grand-père…

Après mon manifeste qui n’est que rassemblement, concertations, lois, respect et application de ces lois sans aucun bon office, devrais-je aussi décliner mon plan d’action ? Ma 86e lettre ? Un plan d’action, ou les choses ont des dates comme indices, des rassemblements pour la paix, des concertations pour la refondation et du consensus pour les élections ?

Un plan d’action ou la Constitution passe avant l’Accord d’Alger car si avec la crise, c’est une partie du Mali qui échappe aux autorités, avec la faillite constitutionnelle c’est tout le pays qui est en voie de s’effondrer ? Pis, cher grand-père, un plan d’action où l’éducation vient en première position, où la future génération préoccupe plus que les prochaines élections, où on demandera un moratoire avec les Djihadistes sur les écoles et l’éducation. Un Plan d’action où l’école ira à la recherche des enfants du Centre et les amènera vers la lumière dans les zones sécurisées. Un plan où les premières actions iront vers les enfants, la santé et l’éducation ?

Oui, cher grand-père, un plan d’action où le dialogue, la réconciliation et la justice seront privilégiés aux actions militaires. Un plan d’action qui impliquera la population dans la lutte contre le terrorisme et les militaires au strict respect des droits humains. Un plan d’action où les militaires auront des valeurs à défendre et non des blessures à panser. Où la population est plus importante que le territoire et le sous-sol. Un plan d’action où les Maliens seront réunis autour des grandes assises, des grands rassemblements et des grandes concertations. Un plan d’actions inclusives où tous les Maliens sont acteurs et non un seul gouvernement mis en scène sur des bases népotistes et ségrégationnistes.

Ah oui ! Cher grand-père, un plan d’action d’assises et de thèmes où des conclusions nationales traceront le Malikoura. Le Mali des grandes institutions et des grands chantiers de développement. Un plan d’action, de rassemblement d’experts et d’acteurs pour une 4e République sans complexe. Un plan d’action souverain et national. Une véritable refondation passant par le bilan de nos 30 ans démocratiques et 23 ans d’anarchie. Une refondation dont les piliers seront le pardon, la tolérance et la confiance. Où le passé n’aurait aucun tribunal mais un miroir et un guide afin de donner des vraies pistes nationales, juridiques, politiques économiques et socioculturelles.

Un forum de pardon Dogon/Peulh sans tribunal du passé où la paix du futur est plus importante que la raison et le tort du passé. Un forum Nord/Sud, où les populations sont plus valeureuses que l’or, le pétrole et l’uranium de Kidal, Ménaka et Taoudéni. Des journées culturelles où l’on effacera à jamais les ethnicités politiques et militaires pour faire vivre et revaloriser le ‘’Malien’’. Le Privilège d’être Malien. Les droits reconnus aux Maliens ici au Mali, le Droit de se tromper, d’être jugé et pardonné pour un Mali où toutes les filles et fils sont égaux. Des foras de ‘’l’identité nationale’’ et des ‘’Droits et devoirs maliens’’. Du pardon et de la réconciliation.

Cher grand-père, sans un réel pardon, une vraie réconciliation entre Maliens, devrons-nous tester de nouveau notre maturité démocratique par des élections ? Avec ces armes dispersées entre les ethnies, les territoires à idéologies politico-militaires différentes, pourrions-nous contenir la crise qui en découlerait ? Un pays où les violences ont l’habitude d’annuler un arrêt constitutionnel en matière électoral. Un pays sans grande culture légalitaire où même des avocats font l’amalgame entre désobéissance civile et insurrection civile ? Où l’opinion publique juge les acteurs et non les actions, où tout dépend de quel côté tu te trouves et de qui tu es. Non cher grand-père. Il faut des vraies réconciliations et des vrais consensus pour voir le bout du tunnel. A mardi prochain. Inch’Allah !

Lettre de Koureichy

 

Source: Journal Mali Tribune

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