L’imam Mahmoud Dicko : Qui est réellement cet Homme sage et éclairé ?

À travers des investigations, et en écoutant les vocaux de plusieurs vidéos dans lesquelles l’iman racontait son histoire, nous avons pu retracer son parcours de vie qui après analyse, laisse deviner facilement la logique de son aplomb. Depuis 1991, date de l’avènement de la démocratie au Mali, cet homme actif, cultivé et intelligent a toujours porté le Mali dans son cœur. Il a été parmi les premiers leaders religieux à soutenir le président Ibrahim Boubacar Keita. Mais au fil de temps, il devient la bête noire de son pouvoir. S’il y a une qualité qu’on doit accorder à l’iman Dicko, c’est son franc parlé qui d’ailleurs dérange plus d’un. Iman atypique que l’on appelle Iman sage et éclairé mérite d’être connu.

 

Parcours de vie

Né vers 1954 à Tonka, localité de Goundam, Mahmoud Dicko, ancien professeur d’arabe, est l’iman de la mosquée de Badalabougou et se dit originaire de Kabara dans la région de Tombouctou. Il fut secrétaire aux Affaires sociales de l’association malienne pour l’Unité et le Progrès de l’Islam (AMUPI), puis secrétaire général avant de devenir vice-président. Également, il a présidé le Haut Conseil islamique du Mali (HCIM) de janvier 2008 à avril 2019. Il parle plusieurs langues, dont le français, l’anglais, le bambara, le Sarakolé, le peul.

Dicko a embrassé l’islam en bas âge au côté de son grand-père, Iman du village de Tounka qui lui a inculqué les bonnes mœurs. Ce qui a permis de surcroit à l’homme Dicko durant tout son parcours a adopté une certaine morale religieuse. À l’âge de 15 ans, il avait déjà accumulé des savoirs. Mais pour approfondir ses connaissances en islam, son père l’envoie à Douanza chez Ali Lord, un grand maitre coranique. C’était en 1968. Deux ans plus tard, il décida de retourner auprès de son grand-père pour l’assister dans ses devoirs d’Imam.

Soif d’apprendre, le jeune Mamoud ne s’arrête pas à mi-chemin, il décida alors de prendre la route pour la Mauritanie afin de renforcer ses acquis en islam. À l’époque le Sahel, c’est-à-dire sur la terre mauritanienne, l’apprentissage du coran était réputé le meilleur.

Quitter sa ville natale pour la destination d’études coraniques en Mauritanie était une aventure risquée pour ce jeune Peul de Tombouctou. Mais vite, la détermination a pris le dessus. Partir sans rien dire à personne, même pas à sa mère, sûrement pour ne pas l’inquiéter, Dicko prend le chemin pour l’inconnu. Personne de sa famille ne savait où il était.

Arrivé à Mopti, il décide de se rendre à Ségou où il passa deux jours chez un grand guide religieux notoire. Là, il rencontra des personnes de bonnes intentions qui vont l’aider à rejoindre Niono. Et, à Niono, il embarque dans un camion en direction Guiré. À partir de cet instant, la vraie péripétie commença puisqu’il n’y avait aucun moyen de transport pour continuer la route. Lui et ses compagnons de route sont obligés de marcher en parcourant une distance de plus de 400 km pour rejoindre Nema, la ville où il devrait s’y rendre en Mauritanie.

Il dira : « Nous avons marché à pied jusqu’à Nara passant par Adel Begrou pour enfin arriver à destination dans la ville de Nema. On suivait les usagers à dos de chameaux ou d’âne qui fréquentaient ce trajet. De temps en temps, nous prenons une pause. J’étais mince et pris de fatigue parfois je trébuchais et tombais. Mes compagnons de route me disaient si tu ne fais pas vite, on va partir sans toi. Je me relevais sitôt et je courrai pour les rejoindre. Souvent à force de trop marcher j’avais les pieds enflés. »

Arrivé à bon port, Dicko reprend des cours coraniques, mais de façon différente, selon lui. C’était une autre méthode pédagogique. Lorsqu’il termina ses études, il retourne au Mali avec un diplôme équivalent au baccalauréat. Il retrouva sa famille. Ensuite rejoignit son grand-père dans son village natal. Mais ce désir de s’instruire est toujours plus grand. Dicko voulait poursuivre ses études en Arabie Saoudite. Finalement il a réussi et s’est retrouvé à Médine où il est resté deux ans. « J’ai été déçu de certaines pratiques. Mais ce qui a vraiment motivé mon départ de l’Arabie Saoudite, c’est le fait que je pensais beaucoup à mes parents qui étaient loin de moi, précisément ma mère. Je n’ai eu qu’une envie, c’est de revenir à la maison », raconta-t-il.

De retour de l’Arabie Saoudite, il devient enseignant de Medersa et son premier poste fut Oueléssébougou. Puis, après un concours organisé par le gouvernement, il a été recruté comme professeur d’arabe et muté à Tombouctou. Mais cela n’a été que de courte durée. L’homme de Dieu ne pouvait pas concevoir d’enseigner sans évoquer la religion dans ses cours. Désireux d’apprendre aux enfants les pratiques de l’islam, l’inspection de l’enseignement n’en voulait pas et ses méthodes ont été critiqués par la hiérarchie. Par conséquent, il abandonne son poste d’enseignant et regagne Bamako où désormais il va y vivre.

Il dira à cet effet : « J’apprenais à mes élèves par exemple qui était le prophète PSL, la date de sa naissance entre autres jusqu’à ce que les autres enfants me demandaient de leur apprendre le « Tarkou. Je ne pouvais pas continuer à enseigner sans parler de ma religion, du prophète et de Dieu. Donc j’ai préféré abandonner pour venir m’installer à Bamako ».

Par la suite, il fait un stage dans le domaine de l’éducation à Bamako, dont le projet intitulé « télévision scolaire » a été initié par le ministère de l’Éducation. « Le but était de nous apprendre comment donner des cours et la pédagogie », expliquera-t-il.

Domicilié à Niarela, Mamoud Dicko raconte : « j’avais pour une première fois fréquenté une petite mosquée près de son domicile, pour après rejoindre les fidèles de la mosquée de Quinzabougou. Donc tous les jours je me rends à mosquée pour la prière commune. Et c’est de là que tout est parti. J’ai pris pour la première fois la parole. Ce jour, personne n’écoutait l’iman qui pourtant prêchait de bonnes paroles. Le brouhaha dans ce lieu de culte m’a tellement agacé que je me suis approché pour demander l’autorisation de parler. Ç’a été fait! Plus tard, mes paroles ont plu à l’iman de la Mosquée qui a cherché à me rencontrer. Et tout a commencé de là. De fil en aiguille, je prenais la parole dans la mosquée et après à travers un petit groupe de fidèles, nous prêchons de quartier en quartier dans la capitale de Bamako, ensuite de village en village, puis dans plusieurs villes à l’intérieur du Mali. On allait jusqu’à Kita ».

Il enchaîne : « Un jour, je prêchais au rail Da, un homme arrive et me serre dans les bras en pleurant. Il m’avoue qu’il me tient en grande estime. À partir de là, nous sommes devenus inséparables. Une vraie amitié naitra de cette relation. Un jour, il me demanda de venir dans leur mosquée à Badalabougou pour faire prier les fidèles un vendredi. J’ai accepté l’invitation. Depuis, pourtant dubitatif au début, j’ai finalement capitulé, après plusieurs tentatives de mes amis pour être Iman de Badalabougou. »

Ironie du sort pourrons-nous ainsi dire vu que l’iman Dicko lui-même affirmait avoir fui son village pour esquiver à ce rôle d’Iman, « c’était à moi de prendre la place de mon Grand-père, mais je ne voulais pas. », nous confie-t-il

Il continue son récit « J’ai plus de trente ans de service en tant qu’Iman. En 1987, l’AMIP m’a fait appel, et me nomma Secrétaire aux Affaires sociales. À l’époque j’étais le plus jeune de cette association. Moussa Traoré était le président de la République. Ce jour il m’a taquiné en disant « Le peul tu ne dis rien ? » J’étais d’abord secrétaire aux affaires social, puis secrétaire général et aujourd’hui vice-président de ce groupement. Je suis resté jusqu’au moment où le Haut Conseil Islamique du Mali a été créé. Là aussi, c’est un autre épisode. À la toute première assise, on avait demandé que je sois président, mais Dieu en a décidé autrement. Et c’est jusqu’en 2008 que j’ai pris la tête du HCIM. Nous avons pu par la suite mettre en place une radio islamique dont j’ai été tout d’abord le directeur de programmation pour finir Directeur général jusqu’au jour d’aujourd’hui. »

Quelques actions fortes menées par l’Iman au cours de ces dernières années

En 2011, l’Assemblée a voté une loi sur le code de la famille. Il s’est fustigé contre cette loi qu’il trouve contraire aux valeurs islamiques et aux traditions maliennes. C’est ainsi que lui et le Cherif de Nioro se sont associés à l’égard d’autres leaders religieux pour montrer leur muscle au gouvernement en organisant un grand meeting le 22 août 2011. Ce jour le stade 26 MARS était comble avec 50.000 personnes, diront certaines personnes.
À l’époque Amadou Toumani Touré se trouvait en Lybie chez son ami Kadhafi. Dans la foulée, il a écourté son voyage pour revenir à Bamako. Après s’être entretenu avec les leaders religieux, le président a reculé et le nouveau Code a été modifié.

Cet homme a toujours privilégié le dialogue et n’a jamais caché son intention de communiquer avec les terroristes pour la paix. De ce fait, en 2012, lors de l’occupation du Nord par les islamistes, avec ses contacts, Dicko est parvenu à décrocher un accord avec Iyad Ag Ghaly afin de libérer plusieurs soldats maliens détenus. Pour ce faire, il a participé à un convoi humanitaire qui a pu pénétrer dans le fief des terroristes au nord du Mali.

En 2013, lors des élections présidentielles, Dicko a soutenu IBK et vite le constat était décevant. l’Imam de Badalabougou, estime que le Mali n’a jamais atteint un niveau record de corruption et d’insécurité. Quant au Nord, avoue-t-il, rien non plus n’a bougé, et les attaques terroristes se multiplient.

Le 12 décembre 2015 à la grande mosquée de Bamako, Dicko soulignera devant l’assemblée que le Mali a été trahi par certains Maliens et que la France est à la base de notre problème d’insécurité. « La guerre au Mali nous a été imposée par la France. Il y a un processus de recolonisation de ce pays », dira-t-il haut et fort. Selon lui, c’est une méthode pour pouvoir faire la main mise sur le Mali afin que nous revenions à l’esclavage et à la servitude.

2018, dans un projet de distribuer un manuel scolaire d’éducation sexuelle abordant la question de l’homosexualité financée par un pays européen, plusieurs personnes à son côté sont montées au créneau pour demander l’annulation dudit projet. Finalement, Dicko a encore obtenu gain de cause. Le plan a été déjoué.

2019 , Une grande rencontre a été initié par les deux hommes, Dicko et Bouyé pour lire le coran et prier pour la paix au Mali. 50.000.000 CFA a été envoyé par le gouvernement à travers son Premier ministre de l’époque, Boubeye Maïga. L’iman a fait retourner l’argent en leur rappelant qu’il y a des nécessiteux qui en ont plus besoin.

Cette même année 2019, les attaques et les massacres se multiplient et deviennent de plus en plus violents et incontrôlables. Là aussi, l’homme sort de son silence pour dire ses quatre vérités à la France. Il s’étonne qu’un pays comme le nôtre avec les forces françaises appuyées par d’autres forces étrangères, la MUNISMA notamment, ne puisse pas mettre fin à ces massacres. Il dit ne pas comprendre que ces forces qui sont là pour nous aider restent passives à ne rien faire. « Comment comprendre que des étrangers se baladent comme ils veulent dans le nord de notre pays et que nous, nous ne pouvons pas fouler le pied là-bas. Et que même pour que notre président se rende à Gao il faut qu’il demande la permission à la MUNISMA », s’indigna-t-il. Et le 5 avril 2019, le duo Bouyé-Dicko organise une autre grande manifestation pour dénoncer les massacres interminables dans le Centre et réclamer la tête du Premier ministre Soumaïlou Boubeye Maïga. Les Maliens sont sortis massivement. Une nouvelle victoire pour Dicko puisque finalement le 18 avril 2019, le Premier ministre présente sa démission au président.

Le 27 septembre 2019, Mamoud Dicko a lancé son propre mouvement au Palais de la Culture baptisé « Coordination des Mouvements Association des Sympathisants de l’iman Dicko (CMAS). Lors de son discours adressé aux membres du CMAS, il révèlera que sa lutte est dirigée contre tous ceux qui ont trahi le pays. Il se battrait désormais contre la mal gouvernance, la corruption. Cependant, la polémique autour de la création de ce mouvement a été perçue pour certains observateurs comme une hypothétique candidature de l’iman à briguer la présidence de la république. Pour toute réponse il dira en ces termes, « je reconnais que je suis religieux, mais avant tout malien. Et tout Malien a droit de participer à la construction de son pays ».

Le 3 mars 2020, l’Iman Dicko a été convoqué par la section d’investigation judiciaire du camp I saisi par le procureur de la République du Tribunal de grande instance de la commune V de Bamako pour ce qu’il qualifie de « menace d’ordre public ». Immédiatement, la nouvelle de sa convocation s’est répandue comme une trainée de poudre particulièrement sur les réseaux sociaux. Et, dans la foulée, hommes et femmes se sont rués vers le tribunal de grande instance de la Commune V de Bamako pour témoigner de leur soutien à leur imam.
« Vous appelez Dicko au tribunal pourtant IBK même a dit que les avions sont cloués par terre. Pourquoi ne pas appeler ceux qui sont responsables de cela ? », s’interrogea l’un des manifestants devant le tribunal. Un autre s’exprimera ainsi : « Si vous pensez être des hommes, faites venir Dicko et vous verrez. Au lieu de s’attaquer à notre Imam, si vous êtes des vrais hommes allez au Nord. »
Et à Aïcha Dembélé de lancer :« Si IBK veut la quiétude qu’il n’a qu’à appeler Dicko et se mettre d’accord avec lui. Aujourd’hui nous sommes dernière Dicko et pas lui. S’il nous dit de sortir même la nuit on l’obéira et s’il y a mort, nous les femmes serons les premières à tomber. Nous sommes prêtes ».
Le seul refrain qui sortait de la bouche des manifestants très remontés était ; « DICKO, DICKO, DICKO ». Tous, hors d’eux, prêts à en découdre avec les juges.
Pour éviter que ce rassemblement ne tourne au vinaigre, le gouvernement a vite pris la situation en main en présentant ses excuses à l’Iman et du coup, la convocation a été placée dans la poubelle.

Des propos forts tenus par l’Iman Dicko lors de ses différents meetings ou manifestations.

Aux Maliens il dira :

« Le peuple du Mali n’est pas un peuple de soumission ou de résignation, non, nous sommes un peuple résistant, un peuple digne. Les jeunes doivent savoir que notre pays n’est pas un pays peureux, faible…. Il faut lutter pour acquérir la liberté, mais lutter aussi pour la préserver. Si nous ne faisons pas attention, tout ce que nos ancêtres nous ont légué comme dignité risque de nous échapper. Si nous ne faisons pas attention, nous serons des hommes qui ne feront que suivre les autres…Ce pays a besoin de changement, mais ce n’est pas de slogan creux, pas des promesses non tenues, cela ne peut pas construire un pays. Il nous faut simplement la volonté sinon on a la capacité intellectuelle de la faire ».

À la communauté internationale

« Nous avons un islam choisi, mais pas imposé. De même qu’on refuse que l’islam nous soit imposé, on refuse qu’on nous dicte ce que l’on doit faire pour nous. Aujourd’hui, nous sommes tous interpellés de Kidal à Kidira. »

Concernant les élections législatives de 2020

Il estime que les politiciens ne pensent qu’à leurs intérêts personnels . « Quand j’ai entendu les préparatifs pour les législatives, j’ai eu une idée qui est de se mettre tous, ensemble dans ces moments difficiles pour sauver le Mali. Mais ils (politiciens) n’ont pas voulu. Et du coup ces mêmes personnes afin d’aller aux législatives se sont retrouvés par des alliances contre nature à l’insu du peuple pour leurs propres intérêts».

Aux dirigeants de notre pays

Il s’assume.

« J’assume toujours ce que je dis. Boubou Cissé est mon fils et IBK mon frère, mais si je dois choisir ça sera le peuple. Mais nous n’avons pas été achetés au marché. Donc on n’est pas la propriété de personne», soutient-il. On a tellement parlé de la corruption de la mal gouvernance, de détournements, mais force est de voir que ça ne dérange personne. D’après lui, la corruption à ciel ouvert est devenue un système de gouvernance et c’est malheureux. « Un constat amer ! Nous sommes arrivé à un certain point où tous les maliens sont démotivés même nos soldats au front ont compris et se demandent pourquoi se tuer. », déplore-t-il

Le 29/02/ 2020, il sort pour parler de la malversation autour de l’achat de véhicules blindés qu’il qualifie de « blindé en carton » destinés à l’armée que le Mali vient d’acquérir.

Vendredi prochain s’il n’y a pas de changement, je demande à tous les Maliens de se mettre debout pour sauver le pays. S’il n’accepte pas nos doléances, que chacun s’arme de la façon dont il pourra, un bâton, une hache, des pierres, n’importe…nous ne sommes pas des esclaves. Personne ne peut faire de ce pays son vouloir sans notre accord. Il faut que ça change. Il ne faut pas qu’on nous retire notre dignité pour après nous réduire en esclavage, NON ! » C’est ce qui était à la base de sa convocation. Aussi, il
invite toute personne soucieuse de l’avenir du Mali de sortir le vendredi prochain, 6 mars 2020. Une invitation qui sera par après annulée sur la demande du Cherif de Nioro.

Aux enseignants grévistes

J’ai un appel pour les syndicats des enseignants. C’est de les supplier pour qu’ils puissent ouvrir les classes enfin que nos enfants partent à l’école. De l’autre côté, le gouvernement de la République du Mali, quant à eux, ne sera pas supplié. C’est la loi qui donne ça aux enseignants, c’est leurs dus. Le dû ne se négocie pas. Ma modeste personne va être garant et le peuple malien va se porter garant pour que vous rentriez dans vos droits, ce n’est pas de la mendicité. Mais il ne faut pas que nos enfants soient pénalisés pour ça. .. qu’on supprime les nombreuses institutions qui n’ont rien apporté à ce pays et on laisse pour compte les endroits qui sont vitaux pour le pays. Le Conseil économique et social sert à quoi ? Collectivité territoriale, médiateur, vérificateur, haute cour de justice, tous servent à quoi ? Il faut les supprimer et remettre cet argent qui les entretient à la Santé à la Défense et à l’Éducation. Des institutions de trop POUR RIEN qui deviennent des fardeaux pour l’État. Et partager en deux le budget de l’Assemblée nationale, celui de la présidence en trois parties et remettre les 2/3 dans la caisse de l’État…

Aux deux terroristes du Nord et du Centre, il lança un appel d’indulgence

« Iyad et Amadou Kouffa, pour leur dire que le pays est fatigué. Trop de sang coulé, trop de souffrances. Si réellement c’est vrai qu’ils sont derrière le prophète Mohamed PS, c’est eux qui l’ont dit, Dieu lui a dit que même si un non croyant demande la paix, la quiétude, accepte et tu te remets à Dieu. Les Maliens ne peuvent se réunir tant que le sang continue à couler dans le pays. Je leur demande d’arrêter ces actes terroristes et de donner une trêve et de dialoguer ».

À Dan Na Ambassagou au Centre

Les Dogons ne sont pas des séparatistes, ce sont des groupes d’autodéfense avec comme chef Youssouf Togola à qui je m’adresse.

Après avoir compris qu’IBK ne craint que la démonstration de force, le 5 juin 2020, Bamako a tremblé, Koulouba avait la trouille et Sébinikoro effaré. C’est le premier ring d’une série de sorties avec toujours plus de monde.
Depuis le mouvement du M5, CMAS, EMK et du FSD avec la bénédiction du Cherif de Nioro et à la tête, Mamoud Dicko, s’est transformé après élargissement en M5- FPR et le 19 juin une foule inédite a regagné le boulevard de l’indépendance pour demander la démission pure et simple du président IBK. L’atmosphère était électrique et il suffisait d’un brin d’étincelle pour que Bamako soit à feu. Même la communauté internationale a retenu son souffle. Mais il n’en est rien. Avec un simple geste de la main, l’influent Iman a demandé aux manifestants de rentrer chez eux. Il en a été ainsi !
Encore une fois, l’Iman vient de démontrer sa (force morale), une maitrise inouïe sur la situation, c’était incroyable. Pas de casses, pas d’incidents, aucune.

Donc, après cette sortie fracassante du 19 juin, plusieurs personnalités et par la communauté internationale l’ont sollicité pour des pourparlers afin d’éviter le chaos. Conjugué à son équilibre et à sa maturité, son sens élevé des responsabilités lui avait coûté des griffes au sein même du mouvement. Mais il a pu convaincre la majorité de ses partenaires à aller vers l’apaisement en élaborant un mémorandum dans lequel le mouvement donne une aubaine au président, celle de rester Président honorifique pour le reste de son mandat tout en s’éloignant de la gestion du pouvoir. Une note qui a été rejetée par la majorité présidentielle et sans aucun doute par le président lui-même.
Le 11 juillet, c’était le troisième rassemblement qui a vu l’entrée en vigueur de la désobéissance civile. Ce jour la manifestation a pris une tout autre tournure. Du vandalisme, à la destruction des édifices publics et privés. Des véhicules brûlés et des barrages sur les routes ont miné le reste de la journée. Pire, il y a eu mort d’hommes. Le lendemain samedi 11 juillet, le domicile de l’Iman Dicko et sa mosquée sont devenus les cibles d’une attaque des forces Forsat, une unité d’élite pour combattre les terroristes. Une vingtaine de personnes tuées et plus d’une centaine de blessés. C’était horrible et impensable.

Plus déterminé que jamais à mener le combat contre la mal gouvernance, Mamoud Dicko n’en décolère pas. Lui et le M5-FPR sont prêts à en découdre avec le régime IBK.
Cet évènement dramatique du 12 juillet a cimenté sa conviction qui est de faire sortir le Mali de l’abîme.
Hier, mardi 11 août, un nouveau rassemblement du M5-FPR, le quatrième du genre. Les manifestants plus nombreux sont descendus dans les rues de la capitale, à l’intérieur et l’extérieur du Mali pour réclamer la démission pure et simple de celui qu’ils considèrent déjà comme ancien président. Une foule impressionnante était présente pour manifester leur mécontentement malgré qu’il pleuvait. Comme d’habitude, l’Iman était là. Son discours de 18 minutes, sachant que peu sont les Maliens qui peuvent aller sur les réseaux sociaux, a comptabilisé 12504 vues.

À l’heure où nous mettions sous presse, des manifestants ont décidé d’attendre la démission de Ibrahim Boubacar Keita sur place au Monument de l’indépendance.

En tout état de cause, on peut ne pas aimer cet Homme (H), mais l’Imam Mahmoud Dicko est devenu une figure symbolique ou même historique de la lutte contre l’injustice au Mali – c’est indéniable. Son charisme et son discernement le rendent fascinant.
Neimatou Naillé Coulibaly

LE COMBAT

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