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M. Gaoussou Drabo, ancien ministre de la communication à propos de la liberté de la presse au Mali : Vivement cette Presse que nous aimons !

Participant au séminaire national sur le thème : « Journalistes et hommes de média : devoirs et Responsabilité en période de crise » (organisé du 2 au 6 mai dernier par la Maison de la presse), M. Gaoussou Drabo, ancien ministre de la communication a bien voulu nous donner son impression sur la liberté de la Presse au Mali.

Gaoussou Drabo ancien ministre communication journaliste

« On ne peut pas imaginer une liberté de presse telle que nous l’aimons nous les journalistes. Parce que, la liberté de la presse telle que nous l’aimons n’est pas celle que comprennent les acteurs politiques, économiques et autres. Chacun, lorsqu’il s’adresse aux médias, s’intéresse à lui voir restituer la meilleure facette de soi et ce n’est pas notre rôle.

Le journaliste, c’est celui qui cherche, qui fait des enquêtes et essaie toujours de comprendre les dessous des cas. Il est aussi celui qui analyse des situations gênantes et parfois, dérange par ses investigations.

Dans tout ce que je vous ai énuméré, on rencontre des difficultés. Parce que, même des gens qui disent qu’ils sont pour la liberté de la presse, une fois que vous allez vers quelque chose qui n’est pas forcement positif pour eux, ils essayent de mettre une barrière ou de limiter votre approche.

Donc, je crois qu’au Mali, on a déjà la chance de ne pas avoir de manœuvres d’intimidation ouvertes de la presse. On a aussi la chance de ne pas avoir des journalistes jetés en prison de manière arbitraire. Tous ceux-ci sont déjà un acquis. Cet acquis doit être constamment élargi, notamment par la dépénalisation de la liberté de la presse et par la professionnalisation. Parce que, plus on est professionnel, plus on arrive par son comportement à élargir, à faire reculer les frontières, de la liberté de la presse. Ainsi, la qualité du travail s’améliore et l’accompagnement du grand public devient plus fort.

Aussi, tout le monde parle d’entreprise de presse, alors que cette structure est construite de manière professionnelle, emploie des gens qu’elle peut payer, assure leur protection sociale dispose d’un plan de développement et a des sources pour cela. S’il n’y a pas ces conditions réunies, le journaliste qui rentre dans une rédaction est malheureusement un enfant perdu puisqu’il n’a ni une protection, ni sécurité sociale, ni financière. Il est alors dans la précarité la plus absolue.

Il faut aussi savoir que l’Etat ne peut pas tout faire. Par exemple, dans une entreprise de presse, ce que l’Etat peut faire, c’est de trouver un régime fiscal qui soit léger et de trouver comment on peut créer des centrales d’achats pour que la matière première achetée devienne moins chère à l’entreprise.

Il peut également aider à travers l’aide directe à la presse, c’est-à-dire, les subventions aux organes de presse qui fonctionnent. Mais, à partir de  là, si vous êtes sur la coupe entière de l’Etat, ce n’est pas bon pour l’entreprise de presse elle-même.’’

Propos recueillis par

Djibril Kayentao

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