L’amphi 500 de l’université de Kabala, quartier périphérique de Bamako, a servi de cadre ce mardi 26 novembre 2019 au lancement des activités de Wildaf Mali. Il s’agit de la campagne des 16 jours d’activisme pour l’élimination des violences faites aux femmes et aux jeunes filles. La cérémonie a été couronnée par la tenue de plusieurs panels sur des formes de violence à l’égard des femmes.

Conscientiser pour éliminer les violences faites aux femmes et aux jeunes filles, tel est le but de cette campagne internationale des 16 jours d’activisme qui a débuté le lundi 25 novembre et devra s’étendre jusqu’au 10 décembre 2019. Selon Mme Traoré Fatoumata Dicko, chargée du programme VBG à Wildaf Mali, « les violences faites aux femmes et aux filles sont un phénomène universel qui persiste dans tous les pays du monde et se perpétuent dans tous les milieux (famille, école, service, etc). »

Une femme sur trois dans le monde se trouve être victime de violences physiques, sexuelles ou psychologiques, précise la chargée de programme VBG.

Les formes de violences les plus répandues au Mali et qui attirent moins d’attentions constituent les viols, les violences domestiques, physiques, psychologiques, le rejet et la stigmatisation, l’assassinat, etc. Ces violences commencent dès l’âge de 15 ans, a-t-elle souligné. « Près de quatre femmes sur dix (38%) ont subi des violences physiques », indique-t-elle.

Parlant des violences sexuelles, Mme Traoré explique que plus d’une femme de 15 à 49 ans sur dix indique avoir été victime de violence sexuelle. « Un quart de femmes ont été physiquement blessées à la suite de violences conjugales au cours des 12 derniers mois », a-t-elle mentionné.

La crise de 2012, indique-t-elle, a servi de point de départ à l’exacerbation de la situation de violation et de protection des femmes et des filles au Mali. À ses dires, le FNUAP et le sous-cluster VBG ont enregistré 1 462 cas de VBG en 2015 contre 2 164 cas en 2016 et 2 882 en 2017. « Ces chiffres ne sont que les cas déclarés et ne représentent qu’une infirme partie des violences exercées sur les femmes et les filles », précise-t-elle.

De 2009 à nos jours, à travers son centre d’écoute, d’orientation et d’accompagnement des personnes survivantes, le Wildaf Mali a enregistré 1 412 cas de violence.

Ces dizaines de jours de campagne devront susciter, espère-t-elle, une plus grande prise de conscience de l’opinion nationale sur les moyens de prévention de toutes les formes de violence faites aux femmes et aux filles dans le monde.

Cette cérémonie de lancement a enregistré la présence de l’Ambassadrice de la Grande-Bretagne au Mali, d’une représentante de la MINUSMA au Mali, du doyen de la Faculté des Sciences humaines et des Sciences de l’éducation de Bamako, etc.

Plusieurs panels sur des thématiques différentes ont été tenus autour des violences faites aux femmes et aux jeunes filles notamment les violences sexuelles en zone de conflit.

Rappelons que c’est en 1999 que l’Assemblée générale des Nations unies a institué le 25 novembre comme étant la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Son origine remonte à 1960 où en République dominicaine, les sœurs Mirabel ont été assassinées pour avoir milité pour leurs droits. Depuis l’institution de cette Journée, chaque année les gouvernements, les organismes internationaux et les ONG organisent des activités de sensibilisation publique au problème.

Notons que le Wildaf est un réseau d’associations et d’ONG de promotion et de protection des droits des femmes. Cette organisation a vu le jour en 1995 et elle intervient sur toute l’étendue du territoire malien.

TOGOLA

 

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