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Mali : Que fera la Conférence d’entente nationale de la poudrière du Centre ?

La tactique de la terre brûlée : voici le pire qui est en train de se mettre en place dans le centre du Mali, particulièrement dans la localité de Djenné. Même si les djihadistes ne sont pas partie prenante à l’accord d’Alger, il est aujourd’hui impossible de travailler à la paix et à la stabilité sans poser la question du clivage ethnico-religieuses prévalant au Centre du Mali. « Cette situation au Centre n’est pas sans danger », selon Adam Thiam, journaliste malien et promoteur de l’Institut du Macina qui vient de publier, en collaboration avec le Centre pour le dialogue humanitaire, une étude intitulée : « Enjeux et dangers d’une crise négligée ».

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Les écoles qui étaient jusqu’ici épargnées commencent à être dans le viseur des groupuscules terroristes. La semaine dernière, l’attaque d’une école du cercle de Djenné par des terroristes rappelle la poussée de Boko Haram au Nigeria, un mouvement djihadiste qui a fini par étendre ses attaques aux marchés puis aux villageois sans défense.

Alors que cette école villageoise se faisait raser, les préparatifs de la conférence d’entente nationale allaient bon train. Le problème est que les Maliens restent profondément divisés sur plusieurs aspects de cette grand-messe de la République, en plus du pourrissement de la situation sécuritaire.

Face à l’insécurité, la réponse de l’Etat malien semble être inefficace jusqu’ici, les djihadistes étant de mieux en mieux implantés au Centre. Des expéditions sont organisées pour désamorcer la bombe. Dans le lot: des ministres et des personnalités religieuses, tous chargés de sensibiliser les populations afin que les terroristes n’exploitent pas les dissensions locales.

La question peule ?

Mais de mai 2016 à mars 2017, rien ne fit entrepris pour renforcer la présence de l’Etat sur le terrain, dans les arrondissements. Le vide créé par l’absence des administrateurs a accentué le recours à la vendetta par les éleveurs et agriculteurs. A présent, la moindre attaque non élucidée est suivie de représailles par les « congénères » de la victime sur le voisin.

L’étude de l’Institut du Macina : « Enjeux et Dangers d’une crise négligée », menée par le journaliste malien Adam Thiam, met en exergue « les amalgames et l’appui des forces armées sur des milices qui est en train d’accroitre une certaine stigmatisation de la communauté peulh ». Selon Adam Thiam, le recrutement massif du terroriste Amadou Kouffa au sein de la communauté peulh est en train d’accentuer cet amalgame. « La découverte d’une dizaine de peulhs morts dans un puits en 2012 à Douentza, les différentes opérations de ratissage de l’armée accompagnées d’arrestations arbitraires entre 2013 et 2015 ou encore l’opération Seno en 2016 entachent l’attitude des forces armées maliennes dans le centre. »

Reste à savoir si la conférence d’entente nationale arrivera à trouver une solution à la poudrière que constitue le centre du pays. L’on doute que ladite conférence puisse changer beaucoup dans la situation des populations du centre. D’abord, le président Keïta n’a pas voulu que ce soit une conférence souveraine, ce qui veut dire que le peuple peut parler de gouvernance mais ne pourra pas décider de ce qui sera fait en la matière.

Quelle recette miracle possède donc le chef de l’Etat pour installer la paix ?

Difficile de répondre ! Et l’on craint que le piège prédit par ses détracteurs ne finisse par se fermer sur lui. Soumana Sacko a promis de déchirer l’accord d’Alger s’il est élu président, mais il avait aussi fait des propositions qui n’ont pas été retenues. Il y a plus d’une année, d’autres opposants au régime avaient préconisé, à cor et à cri, la tenue d’une concertation nationale et le déploiement approfondi des forces internationales et des FAMA au centre. Rien n’y fit !

Soumaila T. Diarra

 

Source: Le Républicain

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