Mali : Un bilan d’au moins sept morts dans des affrontements entre manifestants et forces de sécurité (sources hospitalières)

Au moins sept personnes ont été tuées, dans des affrontements, à Bamako, depuis vendredi, entre forces de sécurité et manifestants et sympathisants du Mouvement du 5 Juin 2020-Rassemblement des forces patriotiques (M5–RFP), qui demandent la démission du président malien, Ibrahim Boubacar Keita, selon des sources hospitalières.

 

Plusieurs quartiers de la capitale malienne étaient encore secoués par des rassemblements spontanés d’opposants, dimanche, quelques heures après l’appel au calme lancé par l’imam à la tête de la coalition demandant un changement de pouvoir au Mali. Le bras de fer entre le pouvoir malien et les partisans de la coalition d’opposition continuait encore dans les rues de Bamako, dimanche 12 juillet, malgré les appels au calme lancés dans l’après-midi par l’imam Dicko Ce dernier, figure centrale de la coalition d’opposition, avait appelé ses partisans à ne “pas tomber dans le piège de la violence” après deux jours de violence.

Dans le quartier de Badalabougou, un calme précaire est revenu. Des centaines de fidèles se sont pressés dans la mosquée où prêche l’imam Mahmoud Dicko, où les funérailles de quatre défunts que se sont déroulés, samedi soir, et à l’extérieur de l’édifice religieux et où les affrontements les plus sanglants ont eu lieu. Ses partisans en ont transformé les abords en camp retranché, inquiets que les forces de sécurité ne viennent l’arrêter comme d’autres leaders de la contestation depuis vendredi.

Vendredi, le mouvement est entré selon ses mots en “désobéissance civile”, frustré par les réponses successives du président à des exigences radicales : dissolution du Parlement, démission des juges de la Cour constitutionnelle, formation d’un gouvernement dont il nommerait le Premier ministre et, au bout du compte, départ du président.

Samedi soir, dans sa quatrième allocution en un mois, le chef de l’État a annoncé la dissolution de la Cour constitutionnelle. Il a aussi ouvert la voie à des législatives partielles là où la Cour a invalidé les résultats, suivant en cela les recommandations d’une mission de bons offices de la Commission économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

La décision de la Cour constitutionnelle d’invalider une trentaine de résultats des législatives de mars et avril a été un élément déclencheur de la contestation.

Au lendemain des violences qui ont suivi la manifestation organisée par le M5-RFP, le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, s’est rendu samedi au chevet des blessés. A l’hôpital Gabriel Touré, le chef du gouvernement a exprimé au nom du président de la République, le soutien des pouvoirs publics au corps médical mobilisé, souhaité prompt rétablissement aux blessés et présenté ses condoléances aux familles des victimes.

Le Premier ministre s’est également rendu à l’Office de radiodiffusion et télévision du Mali (ORTM} pour constater les dégâts causés par l’occupation des locaux par des manifestants. Selon la Primature, les dégâts matériels sont estimés à plusieurs centaines de millions de Fcfa. Le chef du gouvernement a constaté la destruction des équipements et l’incendie de véhicules de reportage et de plusieurs autres voitures appartenant au personnel.

Partout où il est passé, le Premier ministre a renouvelé son appel au dialogue pour une sortie honorable de crise. Il n’a pas manqué de promettre, par ailleurs, que l’État assumera toute sa responsabilité pour le rétablissement de son autorité, le respect des institutions et la protection des populations et de leurs biens.

« Je lance, une fois de plus, un appel aux responsables du M5-RFP pour qu’ils puissent encadrer les manifestations dans l’esprit et la lettre de la Constitution ainsi que des lois et textes relatifs à l’exercice des libertés. Mieux, je reprends à mon compte l’invitation adressée à tous les enfants du pays pour qu’ensemble nous nous donnions la main pour construire le Mali », a ajouté le chef du gouvernement. Il s’est dit conscient des «grands défis de sécurité, de santé et de développement que nous ne pouvons relever qu’ensemble ».

AC/MD

(AMAP)

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