Mali : une fête de l’Aïd el Kebir en demi-teinte

A quelques heures de l’Aïd el Kebir au Mali, l’ambiance n’est pas vraiment à la fête dans les parcs à bétail, dans les ateliers de couture et les marchés. La faute, selon certains, à la crise socio-politique et sécuritaire que traverse le pays.

Il y a quelques jours, le quotidien à Bamako était rythmé par les manifestations dans le cadre de la « désobéissance civile », lancée par le Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) le 10 juillet dernier. Elle a consisté à bloquer les routes, les ponts ainsi que les bâtiments publics.

Mais le calme est de retour après la trêve décidée par le mouvement de contestation, le mardi 21 juillet, en raison de la fête de l’Aïd el Kebir. Depuis, Bamako a renoué avec ses habitudes. Les embouteillages, les agents de la police qui régulent la circulation routière sont de retour. Sur les réseaux, depuis le début de la semaine, les embouteillages monstres sur les artères principales rythment les conversations. Nombreux sont ceux qui font le lien avec la fête de Tabaski.

Peur de la mévente

La capitale malienne est à quelques heures de la fête de l’Aïd el Kebir. Mais l’ambiance n’est pas celle de la fête. « Nous avons peur de la mévente », confie Bakary Sylla, vendeur de moutons devant le Stade du 26 mars à Yirimadio, en commune VI du district de Bamako.

Certains vendeurs de moutons sont venus de loin. C’est le cas de Siaka Traoré, originaire de Niono, dans la région de Ségou. Il a l’habitude de venir avec ses moutons dans la capitale. Il avoue avoir vraiment peur lui aussi : « Lors de la dernière manifestation du samedi 11 juillet, j’ai coïncidé avec une altercation entre policiers et manifestants vers Badalabougou. J’ai non seulement eu ma dose de gaz lacrymogène, mes moutons aussi se sont dispersés. J’ai mis du temps à les retrouver. J’ai d’autres moutons qui attendent à Niono, si le marché est bon je les ferai venir à Bamako », confie-t-il pendant qu’il marchandait un bélier avec Oumarou, un client.

À cause de l’instabilité dans le centre du pays (Mopti et Ségou), les moutons qui inondent le marché bamakois viennent en grande partie des zones arides comme Didiéni, Diéma, Nioro, selon Modibo N’Djim, membre du Syndicat national des éleveurs et marchands de bétail (SYNEMAD) et premier responsable du parc à bétail de Sans-fil, en commune II du district de Bamako. « La cherté des moutons est due au retard de l’hivernage dans ces zones. Tous les moutons potelés que vous voyez ici ont été nourris avec du tourteau », explique-t-il.

Paraitre beau

Dans les quartiers, les ateliers de couture s’activent pour satisfaire la clientèle. Ils sont très sollicités en cette période de fête. Certains ateliers sont ouverts presque toute la journée pour tenter d’honorer leur engagement vis-à-vis des clients : « Nous travaillons nuit et jour pour respecter nos engagements », affirme Oumar Traoré, apprenti couturier à Faladié. « C’est fatigant et nos clients sont de plus en plus exigeants. Mais, au final, on y trouve notre compte », ajoute son patron Karim Sylla.

Au grand marché de Bamako, Dabanani, épicentre de l’activité économique informelle, les commerçants reprennent du service. Devant l’Assemblée nationale, en face de la grande mosquée de Bamako, si les lieux étaient moins animés à cause des manifestations, l’ambiance et le tohu-bohu sont de retour ce mercredi 29 juillet. Les vendeurs ambulants sont là, et les clients aussi. « Cette situation d’instabilité est très mauvaise pour nous commerçants, surtout à l’approche de la fête. Je salue vraiment la trêve des leaders du M-5 RFP », ajoute Sekou Tapily, revendeur de bijoux.

Si à l’accoutumée les fêtes au Mali comme la Tabaski sont accompagnées par des spectacles, à quelques heures de la fête, les amateurs de spectacles n’ont pas l’embarras du choix. Sans doute, là aussi, une des conséquences de la crise sociopolitique en cours.

 

Source: benbere

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