Manifestation à Bamako : Me Moctar Mariko dénonce l’ “usage excessif de la force”

Dans un communiqué de Presse N°006/AMDH sur la crise Postélectorale au Mali, Me Moctar MARIKO Président de l’AMDH a condamné avec énergie l’utilisation des balles réelles contre des populations  ayant occasionné des pertes en vies humaines- et les actes de pillages des biens publics et privés par des manifestants occasionnant des dégâts matériels. C’était dimanche 12 juillet 2020.

 

Le communiqué de presse n°006 de l’Association Malienne des Droits de l’Homme (AMDH), a rappelé que : « suite à la manifestation organisée par le M5-RFP, le 10 juillet dernier, à la Place de l’Indépendance qui a dégénérée à travers des actes de vandalisme et de pillages des propriétés publiques et privées. En réponse à ces mouvements, les forces de défense et de sécurité du Mali ont fait l’usage excessif de la force se traduisant souvent par des tirs à balles réelles qui ont occasionné des morts et plusieurs blessés parmi les manifestants. Ainsi, le vendredi soir, le Président de la République a, lors de son adresse à la nation, annoncé l’abrogation du décret portant nomination des membres de la Cour Constitutionnelle ».

Selon le communiqué, au regard de cette situation très préoccupante l’AMDH estime que, ni les actes de vandalisme ou le saccage des propriétés publiques et privées encore moins les arrestations, les emplois disproportionnés de la force dans le maintien d’ordre, ne constituent des solutions à la crise actuelle.

« Par conséquent, l’AMDH invite les forces de défense et de sécurité à observer le respect strict des droits humains dans le maintien d’ordre en s’abstenant de recourir à des balles réelles et aux forces armées dont la mission est aussi de sécuriser les populations civiles », a-t-il déclaré.

Ainsi, l’AMDH attire également l’attention des autorités sur la nécessité absolue de faire preuve de discernement dans les arrestations en cours et à observer les droits élémentaires des personnes faisant l’objet d’arrestation, notamment la présomption d’innocence, le droit d’accès des avocats à leurs clients, interdiction de la torture sous toutes ses formes.

Aussi, l’AMDH demande des enquêtes indépendantes pour faire la lumière sur des violations graves des droits de l’Homme qui ne doivent pas aussi rester impunies dans un État de droit.

Elle invite les manifestants à exercer leurs droits de manifester dans le respect strict des textes en s’abstenant de toute violence, et estime qu’à ce stade de la crise, seul le dialogue politique est porteur d’espoir.

Enfin, l’association a  présenté ses condoléances aux familles des victimes et souhaite prompt rétablissement aux blessés.

Aïssétou Cissé

Source : Le Combat

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