Liberia, 28 novembre (AMAP) L’atelier régional de formation sur le journalisme d’investigation sur les crimes économiques et financiers, qui s’est ouvert, mardi dernier, à Monrovia,  à la Banque centrale du Libéria, a pris fin, mercredi, sur des recommandations que les participants ont été invités à s’approprier afin de protéger les économies contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme et garantir la stabilité politique et sociale dans la Région ouest africaine.

L’atelier visait à outiller les hommes de médias pour connaitre le circuit de blanchiment d’argent et financement du terrorisme et jouer pleinement leur rôle dans la lutte contre le phénomène dans nos pays.

Cet atelier, dans la capitale libérienne au profit de journalistes des 16 pays de la Communauté économique de développement de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a été organisé à l’initiative du Groupe inter-gouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’ouest (GIABA), basé à Lagos au Nigéria.

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le représentant du Ministre libérien des Finances et de la Planification du développement, Hon. Samora P. Z. Wolokolie qui est, aussi, en charge des affaires fiscales. C’était en présence du représentant du Ministre de l’Information, des Affaires culturelles et du Tourisme,  Attony Daniel Gayedyu, en charge de la Communication, du directeur de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) du Libéria, Edwin W. Haris, et du représentant du Directeur du GIABA, Alphousseny Diamanka, en charge des Affaires administratives et financières.

Plusieurs thématiques sur le journalisme d’investigation, notamment la nécessaire obligation de la méthode et de l’éthique qui nourrissent la profession. Avec à la clé un exemple de journaliste d’investigation, venu du Nigéria, pour illustrer la volonté du GIABA à s’investir davantage dans la promotion de ce métier dans le secteur des médias. Il s’agit de circonscrire le phénomène de blanchiment d’argent et de financement du terrorisme dans la sous-région en lutte contre des groupes terroristes qui écument le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Nigéria.

La première thématique développée a porté sur le mécanisme de fonctionnement du GIABA, notamment son rôle et sa mission dans la lutte contre le blanchiment d’argent et du financement du terrorisme. Elle a été largement expliquée par le coordinateur-gestionnaire du Centre d’information du Groupe, Timothy Melaye. Dans son exposé, il s’est beaucoup appesanti sur l’assistance technique que le GIABA apporte aux Etats, aux organisations de la société civile dont les médias, dans la lutte contre ce « phénomène de cancer » pour les économies aussi faibles que les nôtres. Il s’agit d’outiller les acteurs de la lutte, notamment les hommes de médias, pour pouvoir identifier les cas et les traiter avec la technicité qui sied « afin d’insuffler un changement de comportement dans la société ». Car, selon M.  Melaye, la lutte contre le blanchiment d’argent et du financement du terrorisme, « nécessité une forte capacité de résilience des acteurs, notamment des journalistes afin de résister à la tentation ».

Pour atteindre des résultats, le GIABA a suscité la création de réseaux de journalisme d’investigation dans les pays de la région. Au Nigéria, par exemple, d’importants résultats ont été engrangés. C’est le cas du Jaafar Jaafar, présenté par un des panélistes du Nigéria, Dr Bisi Olawuyi, de l’Université d’Ibadan. Le professeur a été séduit par le comportement de son compatriote. Qui a résisté à l’argent et à des pressions en tout genre, pour dénoncer un puissant Gouverneur de Province au Nigéria qui percevait des commissions sur chaque contrat signé.

C’est au cours d’une opération de remise d’argent, qu’il a été filmé par le journaliste et son équipe d’investigation. Lorsqu’il s’en est rendu compte, le gouverneur a proposé un demi-milliard de Naïra au journaliste pour acheter son silence. En vain, mêmes après des menaces de mort contre lui. L’intérêt politique de son geste a été immédiat. Une enquête parlementaire a abouti à la procédure de destitution du Gouverneur.

Le rédacteur en chef de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI), Lassine Fofana, aussi, complétant Dr Bisi Olawuyi du Nigéria, est revenu sur la nécessité pour les journalistes d’investigation d’être « en phase avec l’éthique et la méthode dans les enquêtes pour être sûr d’aboutir à des résultats probants dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme ».

Tous deux ont indexés des méthodes très sophistiques des blanchisseurs. Bisi Olawuyi propose une démarche qui privilégie l’observation et la méthode. Il propose, également, au journaliste, chaque fois que cela est nécessaire à la manifestation de la vérité, de revenir sur les événements, afin de recadrer ses questions et remettre en cause ses évidences et éviter, ainsi, les erreurs d’appréciation.

Pour cette raison, il conseille aux journalistes d’investigation « de la méthode, de la patience qui sont leurs meilleurs amis », à l’image des investigations sur les paradis fiscaux du Panama.

La journée de mercredi a été consacrée aux travaux en groupe pour une meilleure compréhension des notions acquises au premier jour.

A l’ouverture des travaux, les autorités libériennes présentes à la cérémonie ont salué le GIABA pour son initiative d’organiser un événement d’envergure dans leur pays.

AOD/MD (AMAP)