Mopti : de la « ville lumière » à l’obscurité

Le problème récurrent d’électricité touche aussi nos capitales régionales. À Mopti, l’électricité est distribuée six heures par jour et par quartier. La ville lumière est plongée la nuit dans l’obscurité.

 

La ville de Mopti est plongée dans l’obscurité la nuit depuis plus d’un mois. Sur les douze groupes électrogènes que compte la société Énergie du Mali (EDM-SA) dans la ville, 6 sont en panne et 4 ont besoin d’entretiens, selon le gouverneur de la région, Général Abdoulaye Cissé.

En décembre 2019,  la ville de Mopti fêtait son centenaire. Pour l’occasion, la mairie a bien voulu montrer une autre image de la ville, à travers des jeux de lumière sur presque toutes les artères principales de la ville. Pendant un mois, Mopti a brillé de mille feux. Les « Mopticiens » ont été émerveillés. Mais cette joie n’a été que de courte durée.  En mars 2020, la ville a renoué avec les coupures d’électricité.

Abdoulaye Ouédraogo, propriétaire d’une boutique, était convaincu que le projet d’électrification des artères allait provoquer des coupures : « Depuis que la mairie a équipé les artères de lumière, j’ai commencé à m’inquiéter par rapport aux factures. Malheureusement, la société a tout simplement décidé de nous priver d’électricité pendant des mois ».

Mauvaise habitude

Même si Mopti n’est pas la seule ville du Mali touchée par les coupures d’électricité, elle vit régulièrement cette situation entre mars et juin. Chaque année, c’est le même scénario des coupures intempestives : « Je suis dans la quarantaine cette année, et je peux vous assurer que les coupures à Mopti ne datent pas d’aujourd’hui. Depuis tout petit déjà, les coupures sont récurrentes les mois de mars, avril et mai », témoigne Sory Diallo, un habitant de Mopti.

La fourniture de l’électricité se fait par rotation, chaque quartier a le courant une nuit sur deux. En tant normal, cette situation serait passée presque inaperçue. Mais, cette année, ces coupures ont coïncidé avec le mois de ramadan.

Une sortie presque ratée 

Le directeur général de l’EDM-SA,  Boubacar Keïta, s’est exprimé sur  l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (ORTM), il y a quelques semaines. Si sa sortie avait pour but d’éclairer la lanterne des Maliens, elle n’a fait qu’amplifier leur colère. Certains trouvent incompréhensible qu’aucun technicien malien ne puisse réparer les appareils.  Pour Ibrahim Maïga, président du Comité de développement du quartier Gangal, il y a des non-dits dans cette situation qui n’a que trop duré : « Le directeur a insulté l’intelligence des Maliens. Comment, dans un pays comme le Mali, on peut dire qu’il n’y aucun malien qualifié pour un travail de maintenance ? Comment une structure comme L’EDM peut exister sans ingénieurs électromécaniciens ? Je pense que le directeur n’a pas dit toute la vérité sur cette affaire ».

Vétusté des installations

Sur sa page Facebook, EDM-SA a tenté d’expliquer. Les raisons des délestages résideraient dans la vétusté des câbles : « Les perturbations actuelles dans la fourniture de l’électricité s’expliquent le plus souvent par les défaillances des câbles souterrains, soumis à de fortes tensions. Or, la desserte repose essentiellement sur ce réseau de distribution. Leur état de vétusté conduit à des défaillances toujours plus fréquentes », pouvait-on lire sur la page de la société. 

Cette publication d’EDM-SA n’a pas tardé à faire réagir certains clients, comme Defo Diakité, qui voient dans ce communiqué une simple argutie : « C’est un manque de respect aux clients. Il est inconcevable qu’une telle structure ne puisse avoir une stratégie de long terme pour la fourniture en électricité. L’électricité est un luxe au Mali. Cela fait trop pitié. Les autres pays, qui arrivent à prendre en charge les besoins en électricité des populations, ne sont pas plus riches que le Mali ».  

Une chose est sûre ici : Mopti, la « ville lumière » est dans l’obscurité. La plupart de nos éclairages publics ne marchent plus. Une situation qui vient s’ajouter au manque d’électricité dans les ménages.

Source : Benbere

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