Place de l’indépendance: le M5 délogé à coup de gaz

Les forces de maintien de l’ordre ont délogé, hier matin, les militants du Mouvement du 5 juin-rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP) à coup de gaz lacrymogène avant de mener une course poursuite contre des manifestants dans les rues de Bamako-Coura.

 

Lors de la manifestation du mardi à la Place de l’Indépendance, le M5 a donné le mot d’ordre de maintenir et de continuer les contestations jusqu’à la démission du président Ibrahim Boubacar Keita. Une consigne suivie à la lettre, puisqu’après le grand meeting, des militants ont élu domicile sur le site.
À 22 heures encore sur place, on pouvait apercevoir des centaines des militants et des responsables de la contestation, dont Modibo Sidibé, Mohamed Ali Bathily, Jeamille Bittar… Aussi, par petit groupe, certains formaient le grin autour du thé. Au même moment, d’autres dormaient sous des moustiquaires.
« À partir d’aujourd’hui, nous avons transformé le monument de l’indépendance en place ‘’Tahrir en Égypte’’ symbole de la résistance et de la révolte égyptienne contre le régime », déclaraient plusieurs militants très déterminés et confiants que l’objectif ultime est à portée de main.
Après une nuit passée à la belle étoile, ils ont été délogés hier matin aux environs de 8 heures par des éléments des forces de l’ordre à coup de gaz lacrymogène.
« On a passé ici la nuit pour protester contre la mauvaise gouvernance, la corruption et réclamer le départ du président IBK. On n’a rien cassé. On n’a rien détruit. Malgré tout, des policiers et gendarmes sont venus nous lancer des gaz lacrymogènes. Cette situation est la preuve que nous n’avons pas un régime qui respecte le droit des citoyens », nous a confié Mohamed Dicko joint par nos soins.
Pour lui, il n’est pas question d’abandonner le combat et s’est dit encore prêt à aller passer la nuit au monument de l’indépendance à l’appel du M5 contre le président IBK malgré une quantité importante de gaz inhalée. « On ne peut avoir gain cause souvent sans souffrir, il faut qu’on accepte de faire ce sacrifice pour mettre le pays sur les rails », a déclaré le jeune DICKO. Ce chauffeur de son état a consacré son jour de repos à ce combat, selon ses propres confidences pour le Mali.
C’était prévisible, a affirmé Kaou DIALLO, un des membres du bureau des jeunes du M5-RFP.
« On savait qu’ils allaient déployer les grands moyens pour nous disperser. Rien de tout cela ne nous fera peur ou dévier de notre objectif. Nous sommes fixés un objectif. Il est celui du départ du président IBK », a indiqué le jeune DIALLO.
Puis, il a précisé que les forces de maintien de l’ordre ont profité du moment où des gens étaient allés se laver pour revenir pour lancer l’assaut contre le peu de manifestants sur place. Aussi, il était attendu que beaucoup de personnes viennent prendre le relais. Selon notre interlocuteur, le comité stratégique s’est réuni sur la situation et devra faire un communiqué hier mercredi au plus tard aujourd’hui jeudi. En tous cas, cet usage de la force contre des manifestants n’est pas digne dans un pays dit démocratique.
Après avoir dispersé la foule, les policiers et gendarmes en lieu et place ont occupé le site. Ils ont quadrillé toute la zone pour éviter d’autres rassemblements qui, selon certains partisans du régime, perturbent la quiétude dans la ville. De même, il empêche le droit de circuler et de travail des autres citoyens.

Par Sikou BAH

Source : INFO-MATIN

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