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Plainte de Karim Keita contre le directeur de radio KRFM : Où va-t-on au Mali ?

Jean de la Fontaine, dans sa fable intitulée «Les animaux malades de la Peste» écrivait: «Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugement de la Cour vous rendront blanc ou noir».

Sans vouloir entrer dans le fond de la question, il importe de rappeler que le fils du Président de la République en la personne de Karim Kéita a porté plainte contre le Directeur de la Radio KRFM pour diffamation dans l’affaire de la disparition du journaliste du Sphinx, Birama Touré.

En fait, le Directeur de la Radio KRFM en la personne de Mamadou Diadié Sacko dit «Saxe» a retransmis une interview que lui a accordée le Directeur de Publication du Sphinx Monsieur Adama Dramé depuis la France. Cette interview portait sur l’assassinat du journaliste du Sphinx Birama Touré, assassinat «survenu» dans des circonstances non encore élucidées.

Le fils du Président de la République du Mali serait incriminé dans cette interview retransmise par Saxe sur les antennes de la Radio KRFM. Monsieur Dramé aurait accordé auparavant une interview similaire à RFI. Il semblerait que l’honorable député de la Commune II Karim Kéita n’en a pas fait un problème. A-t-il peur de la France ? L’on ne saurait y répondre.

Certes, tout citoyen (qu’il soit député, ministre ou autre) a le droit de demander justice quand il se sent lésé et porter plainte s’il le juge utile et nécessaire. C’est dans ce contexte que nous situons la plainte de Karim Kéita contre Saxe.

Cependant, ce qu’il importe de dire au plaignant Karim Kéita c’est ceci:

– Premièrement, en sa qualité de député élu de la Commune II, il doit savoir encaisser quand bien même les accusations dans de telles situations sont graves. A ce niveau rappelons Alexandre Koyré en ces termes: «La route vers la vérité est pleine d’embûches, c’est à travers les erreurs que l’esprit progresse vers la vérité».

– Deuxièmement, en sa qualité de Président de la Commission Défense de l’Assemblée Nationale garante de la marche de la démocratie, l’honorable Karim Kéita doit se garder d’ouvrir les hostilités avec l’un des organes du 4ème pouvoir en l’occurrence la Presse Privée. On ne cherche pas à se blanchir en toutes circonstances quand bien même cela semble difficile. Humblement la vérité finit par triompher.

– Troisièmement, l’honorable député ne doit pas perdre de vue que nous sommes au Mali avec sa diversité culturelle et ses approches multiples et variées des relations avec les tenants du Pouvoir. En sa qualité de fils du Président de la République, les citoyens du bas peuple ont leurs perceptions de la Cour du chef (ici du Président de la République).

– Quatrièmement, au moment où son père Président se bat pour rassembler les maliens doit savoir se mettre aux côtés du Président IBK. Si ses amis ne peuvent lui prodiguer ces quelques conseils, l’honorable député doit interroger ses adversaires pour les obtenir.

Dans sa composition musicale intitulée «Regard sur le Passé» Aboubacar Demba Camara de la Guinée disait: «Si tu ne peux dire la vérité en tout lieu et en tout temps, fais appel aux hommes plus courageux.» Un adage malinké dira que si tes amis ne peuvent te dire la Vérité, il faut payer tes ennemis pour qu’ils te la disent crue dans les yeux.

Enfin, le Président IBK doit comprendre que son fils se doit de prôner la paix au lieu d’ouvrir les hostilités avec le monde de la presse qui pourrait agir pour la défense de la corporation, surtout à un moment où personne ne sait avec exactitude ce que l’avenir nous réserve. Savoir encaisser est une marque de grandeur d’âme à un moment où la fronde sociale se consolide.

Fodé KEITA

 

Inter De Bamako

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