Ces 152 Maliens sont arrivés à Bamako dans la nuit du mercredi à jeudi, a constaté, le correspondant de VOA Afrique sur place.
Jeunes pour la plupart, les rapatriés affirment avoir été en prison, pour certains, alors que d’autres tentaient d’aller vers l’Europe.


Ils se réjouissent tous de retourner au bercail, car leur situation en Libye devenait de plus en difficile.

Tous vêtus de survêtements, les rapatriés ont été accueillis, sous vent frais, par les autorités maliennes, à l’aéroport Modibo Keita de Bamako Senou.

152 Maliens rapatriés de la Libye au pied de l’avion, à l’aéroport Modibo Keita de Bamako Senou, Bamako, Mali, 7 décembre 2017. (VOA/Kassim Traoré)
152 Maliens rapatriés de la Libye au pied de l’avion, à l’aéroport Modibo Keita de Bamako Senou, Bamako, Mali, 7 décembre 2017. (VOA/Kassim Traoré)
Certains étaient contents, d’autres avaient les visages tristes. Deux femmes étaient dans le lot.

” J’étais à Sabratha. Après la Tabaski, on a un peu duré là-bas. La police libyenne nous a attrapés comme beaucoup d’autres gens. Nous avons réussi à fuir. Donc, on est parti à Tripoli. On a essayé de se lancer là-bas. Ça n’a pas marché. On est retourné au foyer. On nous a rattrapés là-bas pour nous mettre en prison. On a beaucoup souffert parce qu’en prison, il n’y a ni à manger ni à boire “, explique l’un d’eux.

Les jeunes sont les plus nombreux parmi les revenants. La tranche d’âge varie de 20 à 25 ans.

La particularité des 152 rapatriés est le fait qu’ils sont revenus avec l’ambassadeur du Mali à Tripoli, Amadou Touré, rappelé par le gouvernement malien pour consultation.

“Tous ceux que nous sommes en train d’évacuer maintenant sur Bamako, ce sont des gens qui étaient à Sabratha. Ce sont des jeunes. Nous collaborons étroitement avec le gouvernement d’entente nationale (libyen, NDLR) qui a transféré nos compatriotes. Ils ont lancé un appel à toutes les ambassades pour qu’elles se présentent afin d’identifier leurs compatriotes. Donc, c’est ce que nous avons fait”, indique M. Touré.

L’ambassadeur du Mali a donné sa version de la vente des Noirs en Libye. Il a appelé les Maliens au calme face à la situation.

“Sachez qu’en Libye, il y a deux sortes de gestions. A côté de la gestion qui peut relever du gouvernement, nous avons la gestion des groupes armés. Là, sincèrement, l’accès aux centres de détention nous est interdit. Et puis, tout ce qu’on voit dans la presse : l’esclavage et autres, ce sont des faits isolés d’abord, il faut le dire, même s’il faut les condamner avec la dernière énergie. Et souvent, les gens pensent que vous trouverez un marché d’esclaves à chaque coin de rue, vraiment ce n’est pas le cas, il faut dire la vérité. Et surtout, c’est des faits des groupes incontrôlés”, révèle l’ambassadeur malien.

Le gouvernement ne veut pas se limiter à ces 152 maliens. D’autres rapatriements seront organisés, a laissé entendre Moussa Alou Koné, chef de cabinet du ministère des maliens de l’extérieur

Il a fallu le concours de l’OIM (Organisation internationale des migrations), du conseil de base des Maliens en Libye et du gouvernement malien pour arriver à ce rapatriement. L’OIM se charge seule des avions.

Les 152 Maliens ont été pris en charge par le gouvernement à travers la protection civile et la direction régionale du développement social avant qu’ils ne retrouvent leurs familles.

Reportage de Kassim Traoré à Bamako pour VOA Afrique.

VOA Afrique.