Point de courses en direct : Des parieurs scotchés malgré la suspension des courses hippiques françaises

Le Pari mutuel urbain (PMU-Mali) a basculé des courses françaises aux sud-africaines et anglaises. En raison de la pandémie de coronavirus, les courses de chevaux sont suspendues en France, depuis le mardi 17 mars jusqu’au 15 avril 2020. Certes, l’affluence des turfistes s’est réduite dans les Points de courses en direct (PCD), mais des indécrottables sont-là.

 

La Direction générale du (PMU-Mali) a, à cet effet, fait de telle sorte que les joueurs puissent continuer à prendre leurs paris, tous les jours, dans les PCD sur les courses sud-africaines et anglaises. Alors que les courses françaises attiraient davantage les parieurs dans les points de courses en direct à Bamako, les premières courses, après ce transfert, ont eu lieu, jeudi 19 mars 2020, dans les PCD du Mali.

Ce jour, vers 9 heures 50mn, notre équipe de reportage est arrivée au PCD, au Dibidani. La grande salle des jeux est presque vide. Les cinq personnes, quatre hommes et une dame, tiennent chacun un programme des courses de la journée. « Il n’y a pas de courses aujourd’hui ? », nous nous adressons à eux. « Evidemment ! Les courses se disputent. Le départ de la première course est prévu à 10heures 25mn », réplique la bonne dame, sans lever la tête, très concentrée sur son programme de courses et en pleines discussions avec un homme assis à côté d’elle.

Tout à coup, un monsieur faisant des va-et-vient nous indique les programmes. « Voilà les programmes déposés sur la table, vous pouvez vous servir », dit-il, en désignant du doigt les piles de documents. Au mur, sont fixés deux écrans de télévision, sur lesquels passe la retransmission de la préparation des chevaux de course.

Après des indications, nous nous dirigeons vers le bureau du chef de l’agence du point de courses en direct. Nous toquons à la porte. Sans réponse. La porte d’un autre bureau. C’est celle de la salle VIP, climatisée et  réservée aux parieurs de première classe. Trois personnes s’y trouvent. La dame qui gère les ventes de tickets et le paiement des gains, un homme et une autre dame. Nous avons décliné notre identité à la guichetière assise dans un coin aménagé. Elle nous fait savoir que le chef d’agence viendra un peu tard. De leurs côtés, les deux autres turfistes se montrent discrets. « Nous ne nous exprimons pas sur les courses. On a rien à vous dire sur la suspension des courses françaises », nous lancent-ils sur un ton de dédain. Pour sa part, la guichetière choisit, aussi, le silence radio, notamment sur l’absence d’affluence dans la salle de courses en direct. Quelques turfistes font leur arrivée à notre sortie de cette agence.

Nous coïncidons avec la première course de la journée, au PCD du siège du Pari mutuel urbain du Mali. Il y a de l’ambiance ici. Du brouhaha. Plus d’une cinquantaine de mordus de courses en direct sont dans la salle. Vieux, hommes et femmes tentent leur chance. Si certains parieurs se tiennent debout, d’autres ont pris place sur les bancs et quelques-uns se faufilent entre les allées. Au même moment, il y a des joueurs devant les guichets.

Sur cinq tableaux, les écrans plats fixés au mur pour la projection des courses en direct, deux sont fonctionnels. Un bandeau, en rouge, affiche le message de la Direction générale du PMU-Mali : « Nous sommes désolés de vous informer que, suite à l’épidémie de Coronavirus, les courses françaises ont été suspendues jusqu’à ce que la situation s’améliore. Nous espérons vous retrouver très vite ! ».

Des groupes, suivant leurs affinités, animent la salle en se taquinant. « On vous a dit que les courses en direct sont fermées non ? », s’adresse un jeune, dans la trentaine, à homme, en tendant de lui arracher le programme. La réplique de l’autre ne se fait attendre : « Comment peut-on fermer les points de courses en direct alors que notre survie en dépend ? ». Un peu plus loin, deux vieillards aux cheveux blancs, plaisantent. « Hé dogo ! », dit le premier au second, avec l’intention de tirer son boubou. Et au dernier de s’exclamer : « Qui est ton dogo ! Tu as une fuite de mémoire, je pense».

ABSENCE D’INFORMATIONS –Soudain, c’est le grand silence. Tous les regards se dirigent sur les deux écrans émetteurs de la course en direct. C’est le démarrage de la course. Suspense, qui traduit, probablement, la nouveauté avec les courses sud-africaines et anglaises.

Les numéros gagnants de cette première course de la journée à Turffontein, Afrique du Sud, sont en ordre d’arrivée : 10-7-8. Ce qui fait gagner 363 000 Fcfa. Visiblement, il n’y a pas beaucoup de gagnants dans la salle. Ça bourdonne par-ci, par-là.

« J’ai gagné au placé numéro 10, je n’ai eu que 1000 Fcfa alors que j’ai misé 1200 Fcfa », confie un parieur, à la mine moins serrée que d’autres dans la salle. Il ajoute qu’il a eu peur de jouer sinon qu’il allait gagner plus d’argent. Un autre joueur se lamente au fond de la salle. « Le problème est qu’on ne maîtrise pas les courses sud-africaines. C’est ma première  fois de jouer à ces courses. Je suis contraint de tenter ma chance », argue-t-il. Malgré le reproche de la non maitrise des méthodes de calcul des courses non françaises qui est évoqué par tous, rien ne prouvait que ces parieurs videraient la salle. Mieux, elle se remplissait au fur et à mesure.

« Les commentaires dans le programme des courses en Afrique du Sud ne contiennent pas d’informations auxquelles on peut se fier pour faire les calculs. Très généralement, aussi, ce sont de jeunes chevaux qui courent dans ce pays, contrairement en France. Moi je ne joue pas jusqu’à la reprise des courses françaises », dit un parieur.

La Direction générale du PMU-Mali estime que c’est trop tôt pour s’exprimer sur la rentabilité des courses hippiques sud-africaines et anglaises. « C’est aujourd’hui (Ndlr, jeudi) que se tiennent les premières courses hippiques dans les PCD, après la suspension de celles de France. C’est peut être après un temps qu’on pourra être édifié », dit la responsable médias à la Direction générale du PMU-Mali, Fatoumata Touré. Elle a ajouté que l’entreprise fait le maximum pour que les choses reviennent rapidement.

Elle a précisé que le PMU-Mali ne change rien concernant les potentialités des chevaux qui doivent participer à la course. « Toutes les informations dans le programme de courses viennent de l’Afrique du Sud et de l’Angleterre. Nous ne changeons rien… », assure Fatoumata Touré.

OD/MD

(AMAP)

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