Prêche au Mali : La grande déroute d’une profession inhérente au ministère divin

Si les pionniers du prêche musulman au Mali forçaient l’admiration et le respect, bon nombre de notre génération défigurent cette noble profession et la transforment en cirque mercantile, ajoutant ainsi le fanatisme au désœuvrement de leurs adeptes.

 

En effet, la nouvelle et malsaine direction que prend le prêche musulman au Mali est le résultat de la totale désinvolture qui s’est invitée dans toutes les sphères du pays depuis presque 20 ans. Dans le domaine particulier des prêcheurs de la religion dominante, c’est surtout les divergences de vues et les incessants tiraillements entre grands leaders religieux qui occasionnent le laxisme et débouchent sur une pernicieuse crise de croissance au sein de la profession de prêche mais également des associations religieuses. Un bien et réel triste constat qu’il faut avoir le courage de dénoncer, à l’instar de l’érudit leader religieux, Yacouba Doucouré, qui s’alarmait à l’approche des festivités de Maouloud 2020 en ces termes : «Au Mali beaucoup de prêcheurs disent des choses qui ne sont ni dans les hadiths encore moins le Coran».

D’autre part, la nouvelle dynamique qui surfe en toute béatitude dans notre pays qui n’est autre que la promiscuité nocive entre politique et religion vient sans nul doute complexifier la situation, surtout revigorer l’envie des profiteurs ou autres imposteurs de se convier dans la danse pour tirer parti de l’aubaine politique qu’apporte l’étiquette de prêcheur.

Sur tout un autre plan, l’existence de prêcheurs irréprochables ne saurait occulter l’extravagance et l’étalage ostentatoire de fortunes de certains, qui ont créé une nouvelle race de vedettes dénaturant ainsi l’esprit et le but des chants religieux en islam. Cette nouvelle tendance comporte le risque de se perpétuer au détriment des enseignements islamiques authentiques. Il appartient donc à la crème d’éminents prêcheurs maliens de sonner le tocsin en mettant le curseur sur l’impérieuse nécessité d’établir des balises à la pratique de la profession de prêche qui demeure tout de même inhérent au ministère divin.

Mais c’est encore la preuve qu’au Mali tout s’emmêle et même la quête céleste peut faire bon ménage avec l’auto-promotion, d’arnaque, la fausse profession, la vanité, etc. Toutes choses qui doivent particulièrement interpeller l’Etat qui fait face aux djihadistes dont l’ambition avérée et affichée est de faire du pays un Etat islamique. Aucune concession ne doit être faite aux demi-lettrés religieux qui s’arrogent le délicat et sensible rôle de prêcheur.

Ousmane Tiemoko Diakité

Source : Le Témoin

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