Nous vivons aujourd’hui dans un monde où les valeurs se dégradent et se désagrègent continuellement, ce qui entraîne comme conséquence la dépravation des mœurs, la crise de l’autorité, la perte de l’unité familiale, le développement des tendances égoïstes et de l’esprit calculateur. Il n’existe plus un code moral pour nos jeunes ; nos valeurs se transforment en antivaleurs, d’où le développement de l’immoralité, la méconnaissance de la valeur de l’homme au profit de l’argent, la primauté de la promotion de l’individu sur celle de la collectivité, etc.

La crise morale des jeunes, aujourd’hui, serait donc essentiellement liée à la crise des valeurs que connaissent nos sociétés. Cette crise qui s’accompagne de la perte des valeurs morales et des troubles de caractère aurait pour origine l’entropie culturelle, le degré de la crise socio-économique, l’importance des mass-médias, etc.

Les solutions à cette crise de la valeur devront être essentiellement d’ordre politique, économique, moral et éducationnel.

Les instances politiques devront être fidèles à leur tâche de réorganisation des structures socio-économiques appropriées de manière à placer les individus dans les conditions d’existence décentes.

Les responsables politiques devront se rendre compte que c’est l’idéologie des classes dominantes qui influe sur les masses populaires et oriente les conduites sociales.

La réglementation sociale relève sans équivoque de la responsabilité politique qui devra se porter garant des valeurs confirmées.

Du point de vue socio-économique, et surtout en ce qui concerne les pays sous-développés, il est indispensable de placer les enfants et leurs parents aussi dans les conditions d’existence indispensables à leur développement harmonieux avant de les éduquer aux valeurs. Il leur faut une bonne santé mentale et physique, des conditions matérielles adéquates, une nourriture équilibrée, etc.

Mais c’est surtout aux éducateurs (la société, la famille, l’école) qu’incombe la tâche la plus difficile d’éduquer aux valeurs et de travailler à la formation et à la consolidation des valeurs en ces moments de crise que traversent nos sociétés de l’Afrique Noire sollicitées contradictoirement par les valeurs de la modernité et celles de la tradition.

L’éducation aux valeurs doit porter non seulement sur de nouveaux contenus de connaissances ou d’enseignement, mais aussi et surtout sur des comportements et des attitudes souhaitables relevant d’une prise de conscience nette des valeurs confirmées. Parents, enseignants, adultes, etc. devront prendre conscience que les enfants les imitent et s’inspirent de leurs attitudes pour fonder leur manière d’être, de sentir et d’agir.

En conséquence, ils doivent enseigner non seulement par la parole, mais aussi par l’exemple. Car c’est l’exemple qui, en tant qu’élément dynamique et moteur du système éducatif, lie l’idéal théorique à la réalité concrète.

L’action des adultes, leurs bons exemples et leur conviction morale devront constituer la base d’un apprentissage des comportements sociaux pour notre jeunesse.

Desailly TRAORE

Source : La Priorité