Saint-Silvestre 2019 : l’insécurité et la cherté de la vie brisent l’engouement chez les jeunes

La Saint-Silvestre ? « 31 », dernier jour de l’année du calendrier grégorien, mobilise beaucoup les bamakois, surtout la jeunesse. Cette année, ils sont nombreux à ne pas y accorder une importance capitale. Pourquoi cette réticence ?

Considérée comme l’événement le plus attendu de l’année, par les uns et les autres, la Saint-Silvestre est un événement unique de par la décoration de la ville, et l’ambiance dans la capitale. En effet, les jeunes se mobilisent pour célébrer chacun de la façon la plus inoubliable : cotisation, préparatifs, petits business, sont prévus des mois à l’avance.

Cependant, cette année, à seulement quelques jours de la fête, la jeunesse bamakoise ne semble pas avoir le cœur à la fête. Manque de moyens ou de volonté, des raisons multiples sont évoquées.

« Il fut un temps, les préparatifs se faisaient dès le début de l’année. Nous les jeunes, on se réunissait au grin pour parler des projets du réveillon dès la fin du précédent. Le montant de la cotisation était fixé et chacun se mettait au boulot pour obtenir la somme convenue, même si, pour cela, il fallait passer par des moyens peu orthodoxes. Mais aujourd’hui, avec la situation sécuritaire du pays, et la cherté de la vie, nous ne fêtons plus de cette manière. Chacun préfère se débrouiller dans son coin », confie Yaya Kassoum Sogodogo, étudiant.

« Cette année, je préfère passer la soirée du réveillon devant la télé plutôt que de sortir, ou d’organiser une fête avec les amis. C’est du gaspillage financier tout simplement. Elle n’apporte aucun bénéfice. D’où ma réticence », renchérit Moussa Diabaté.

«Les hommes ne nous donnent plus l’argent comme avant. Ce qu’ils donnent est insuffisant. Et si tu vas demander auprès d’un autre c’est pour te créer des ennuis la nuit du 31 ou après. Alors je préfère rester à la maison bien au chaud», affirme Mariam Diawara.

« Si nous ne fêtons plus la Saint-Silvestre comme il se doit, c’est juste parce que les mentalités ont changé, et la plupart d’entre nous ont muri. Donc, chacun se cherche », ajoute Mamadou Thiero.

Les crises économiques et sécuritaires sont passées par là. Le constat est unanime : la Saint-Silvestre ne sera pas fêtée cette année dans les rues ou les boites de nuits. Ils seront nombreux, les jeunes qui vont la passer en famille. Certainement dans la méditation.

Soumba Diabaté (Stagiaire)

Bamako News

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