Sans Tabou: réseaux sociaux, à quand la fin du désordre ?

« Les réseaux sociaux ont donné le droit à la parole à des légions d’imbéciles qui avant ne parlaient qu’au bar et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite. Aujourd’hui, ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel », disait l’écrivain italien Umberto ECO. Cet adage cadre parfaitement avec la réalité de notre espace public et médiatique dans un contexte de crise sociopolitique où les réseaux sont devenus une tribune pour des camps rivaux de se confronter et de s’affronter. À quand la fin du désordre ?

 

Vidéos à caractère pornographique, malsaines, propos injurieux contre des personnalités, atteintes à la vie privée ; les dérives se multiplient sur les sociaux au Mali. Comment protéger les concitoyens contre ces abus ?
De nos jours, la pratique se répand et relance le débat sur la nécessité de la réglementation des réseaux sociaux.
Cette situation s’est exacerbée, ces derniers temps, par la crise sociopolitique qui a vu les partisans des deux camps se faire la ‘’guerre’’ par des vidéomens interposés. Une situation qui menace sérieusement la cohésion sociale et l’unité nationale.
Le cas le plus illustratif nous est donné par les partisans de l’imam DICKO et du Chérif Ousmane Madani HAIDARA qui se sont livrés à des attaques réciproques contre leur mentor respectifs.
Dans le contexte actuel, cette divergence entre les partisans des deux dignitaires religieux était en passe de basculer notre pays dans le pire.
D’ailleurs, c’est pour cette raison que le Chérif Ousmane Madani HAIDARA a pris le devant au lendemain de la fête de l’Aid-El-KEBIR lors de la Zyara à Tamani en appelant ses partisans à la retenue. Cet appel a été relayé par l’imam Mahmoud DICKO qui indiqué qu’il n’y a aucune divergence entre lui le guide spirituel des Ançars.
C’est dans ce contexte que nous avons appris l’arrestation, hier mardi, du vidéo-man, Djo Balla Bamana Walidjou, de son vrai nom Moussa SANOGO, par la police sénégalaise suite à la plainte des fidèles du Cherif de Nioro autrement appelé Asharafou chourafa.
Ici au Mali, nous avons été témoins de l’arrestation de Djéné Sogodogo en mai 2019, pour injures graves à l’endroit du Président de la République.
Aussi, les deux activistes Abdoul Niang et Bouba Fané ont été condamnés à deux ans de prison ferme chacun en octobre 2019. Ils avaient été poursuivis pour outrage aux magistrats en exercice dans leur fonction par les deux syndicats des magistrats (SAM et SYLMA).
Si l’essor des réseaux sociaux s’est caractérisé par un développement des libertés fondamentales, en ce sens que davantage de personnes ont, désormais, droit à la parole dans le nouvel espace public que représente Internet, force est de reconnaitre que cette possibilité offerte à tant de personnes n’est pas sans conséquence quand on sait que beaucoup n’ont pas atteint un bon niveau d’éducation et de compréhension des enjeux contemporains.
Face à cette situation, la société civile pointe du doigt l’effritement de l’éducation parentale. Certains observateurs exigent de l’État une réglementation en matière d’utilisation des réseaux sociaux.
Si la toile mondiale permet de se connecter au monde entier et offre des possibilités à l’infini, elle expose aussi aux abus et aux mauvais coups de malfaiteurs tapis derrière leur écran. Ainsi, plusieurs pays, dont le Mali, sont toujours à la recherche de solutions pour réguler Internet.

Par Abdoulaye OUATTARA

Source : INFO-MATIN

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