Après le Nord et le Centre, la digue ségovienne, jusque-là un rempart pour Bamako, va-t-elle céder ? En tout cas, la psychose entretenue dans la capitale des Balazan, la semaine dernière, lors de la célébration du Festival sur le Niger, n’a laissé aucun Malien indifférent et relèverait d’une stratégie bien planifiée des narcojihadistes : étouffer l’économie nationale avant de coloniser le reste du pays. Les autorités ont-elles réellement conscience du danger ? 

Ni les arrivages d’équipements militaires annoncés en fanfare, les enrôlements de plus en plus importants dans l’armée, encore moins les engagements des forces étrangères ne sont plus de nature à rassurer, dans un pays dont l’espace vital se rétrécit de jours en jour face à la menace terroriste. Les derniers chiffres de OCHA sur la situation humanitaire au Sahel en font foi. Après les régions du Nord et le Centre qui se désintègrent au fil du temps, Nampala, Diabali et Sokolo, dans la région de Ségou, deviennent les autres axes du mal face à un pouvoir affaibli. C’est dans ce contexte que l’attaque contre le camp de la Gendarmerie de Sokolo, ce 26 janvier 2020 a fait de plus d’une vingtaine de victimes dans les rangs de l’armée. Les terroristes ont pu prendre le contrôle de l’enclave militaire avant de quitter les lieux deux heures plus tard avec une quantité impressionnante d’armes et de munitions.

L’attaque de Sokolo au-delà du drame humain, du deuil national non assumé, est le plus grand révélateur du désastre qui plane sur le Mali, a caricaturé Souleymane KONE. En effet, il est indignant que les terroristes puissent continuer à s’attaquer à des points stratégiques à quelques encablures des camps importants de l’armée, sans riposte foudroyante.

L’enjeu actuel de la pression jihadiste semble être le contrôle de l’Office du Niger. Aujourd’hui, selon des sources sur place, le cercle central est totalement affaibli. Jusqu’à quand pourra-t-il tenir tête à ces Satans déguisés en prophètes de la religion musulmane ? En tout cas, dans de nombreux arrondissements, le personnel des administrations ne trouve son salut qu’en se réfugiant dans la ville de Ségou.

Entre-temps, Bamako continue de vivre au rythme de distribution de médailles ‘’certainement bien méritées’’.

C’est ainsi que les festivaliers sur le Niger ont vécu une bonne partie du temps du festival, la peur au ventre suite à l’annonce de la lettre du commandant de brigade d’une possible infiltration des jihadistes dans la ville de Ségou. Cette lettre destinée au Procureur de la Cité des Balanzans pour alerter de l’arrivée éventuelle des jihadistes dans la ville de Ségou afin de perturber le festival a malheureusement atterri sur les réseaux sociaux.

La poussée djihadiste dans les rizières et autres zones de productions agricoles est d’autant plus inquiétante que la zone est située à l’entrée du Delta central du Niger où les fidèles de Amadou Kouffa mènent la vie dure à la population locale. Les attaques et menaces ont contraint les ressortissants de la zone agricole de l’Office du Niger à tirer la sonnette d’alarme sur les nombreux cas d’attaques terroristes.

Le constat alarmant nous amène à interpeller les autorités sur le danger dont toute forme d’ignorance ou de minimisation est assimilable au piège mortel. Plus que jamais, le Mali a besoin d’une stratégie de riposte efficace contre l’ennemi comme celle qui a eu lieu après l’attaque terroriste ce 6 février contre Dinangourou. Selon des sources locales, les assaillants qui ont attaqué le camp avec une plus d’une cinquantaine de motos, se sont vus opposée, durant une heure, une résistance farouche des militaires maliens. Il est temps de vaincre en nous le fatalisme pour faire face à la menace qui est loin d’être une utopie.

Par Sidi DAO

Source: info-matin