En conférence de presse, le dimanche 16 juin 2019, le président du Haut conseil islamique du Mali (HCI), Chérif Ousmane Madane Haïdara a durci le ton face à la dégradation de la situation sécuritaire au centre de notre pays, en déclarant que le HCI allait demander des explications à la Minusma sur sa présence au Mali. Cette sortie médiatique du président du HCI met indirectement la pression sur le gouvernement, principal partenaire de la Minusma.

 

Depuis le début de l’année, la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader dans notre pays particulièrement dans la région de Mopti. La dernière illustration fut le massacre, dans la nuit du 9 au 10 juin 2019, de 35 civils par des individus armés non identifiés dans le village de Sobane Da, situé dans la Commune rurale de Sangha. Ce massacre est intervenu quelques mois après celui d’Ogossagou dont le bilan s’élevait à environ 160 victimes.

Face à ces massacres de civils à répétition au centre du Mali, le HCI a tapé du poing sur la table. Son président, Chérif Ousmane Madane Haïdara a déclaré, le dimanche 16 juin 2019, que le HCI allait demander des explications à la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) sur sa présence au Mali. “Bientôt nous allons demander des explications à la Minusma sur sa présence au Mali, sur ce qu’ils ont fait et sur ce qu’ils envisagent de faire pour mettre fin à cette situation”, a-t-il déclaré.

Cette déclaration met indirectement la pression sur le gouvernement qui est le principal partenaire de la Minusma dans notre pays. En effet, le gouvernement a toujours ménagé la force onusienne dans ces communiqués face à la dégradation de la situation sécuritaire dans notre pays malgré la présence de plus de 13 000 casques bleus sur le territoire. Il est clair que le gouvernement ne veut, en aucun cas, pointer l’incapacité de la Minusma à accomplir sa mission.

Le HCI, en prenant une telle initiative, mettra, certainement, le gouvernement dans une situation inconfortable, lui, qui, devrait être le premier à demander des comptes à la Minusma dont la mission première est la protection des civils qui, malheureusement, sont lâchement exécutés au cours des massacres à répétition, qui heurtent la conscience humaine.

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